EDUCATION – Évaluation de l’opération «Ubbi tey jang tey» : La Cosydep satisfaite à 90%

Il n’y a pas eu de miracle avec l’opération «Ubbi tey jang tey». Plusieurs établissements scolaires n’ont pas démarré les cours comme souhaité par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’école publique (Cosydep).

Mais elle a permis tout de même aux acteurs de l’école de poser le débat autour du temps d’apprentissage et de la nécessité de faire mieux pour les années à venir afin que cette opération soit une réalité au Sénégal.

Les initiateurs de l’opération «Ubbi tey jang tey» (Ndlr : Ouverture aujourd’hui, démarrage des cours maintenant) sont satisfaits du déroulement de la rentrée des classes.

Après une tournée dans quelques établissements de la capitale hier, Cheikh Mbow, coordonnateur de la Cosydep, a pu constater l’effectivité de cette opération dans certaines écoles.

«Une grande satisfaction parce que, dit-il, l’école publique nous avait habitués à autre chose.» Souvent, déplore-t-il, les cours démarrent un mois après la rentrée. «C’est un manque à gagner», explique Cheikh Mbow «puisque cela grignote sur le temps d’apprentissage qui de plus en plus est court dans notre pays».

La Cosydep a toutefois reconnu qu’il y a eu également des difficultés qui ont empêché l’effectivité de cette opération «puisque dans certains établissements, ‘’Ubbi tey jang tey’’ n’a pas été possible». «Nous avons constaté beaucoup d’absences surtout du côté des élèves. Vous savez que la rentrée a plus ou moins coïncidé avec la Tabaski.

Beaucoup de parents n’ont pas encore inscrit leurs enfants. L’inscription a été toujours une contrainte pour ‘’Ubbi tey jang tey’’», se désole le coordonnateur de la Cosydep. Pour­tant, le ministre de l’Education nationale avait sorti une circulaire «pour inviter les chefs d’établissement à faire admettre tous les élèves en classe, y compris ceux qui ne sont pas encore en règle le jour de la rentrée pour rendre effective cette opération».

En cette période hivernale, le désherbage, qui ne s’est pas fait dans certaines écoles, empêche les potaches à démarrer les cours. Mais pour ces cas, Cheikh Mbow minimise. «Ce sont des choses gérables, note-t-il, même la communauté peut se charger de ces difficultés.»

«Ubbi tey jang tey est un processus qui doit aboutir d’ici deux ans»
En revanche, la Cosydep a mis le doigt sur d’autres difficultés «beaucoup moins gérables». Il s’agit des abris provisoires dans certaines localités. Pour ces écoles, il faudrait attendre encore la fin de l’hivernage pour débroussailler et mettre le matériel qu’il faut avant le démarrage des cours. Par conséquent, il invite le gouvernement à mettre un terme à ces abris en procédant à des constructions d’écoles pouvant accueillir les élèves dans des conditions acceptables.

Le coordonnateur, loin de se décourager, est plus que jamais déterminé à pérenniser cette initiative. Il se dit satisfait à presque 90 % du déroulement de cette opération. Puisque, pour lui, l’esprit d’«Ubbi tey jang tey», «ce n’est pas d’amener toutes les écoles à démarrer les cours le jour de la rentrée, ce qui n’est pas possible compte tenu de plusieurs facteurs, mais que celui-ci s’inscrit dans un processus».

«D’ici un ou deux ans au plus, les Sénégalais vont se départir de cette pratique qui consiste à démarrer les cours un mois après la rentrée des classes. Nous n’avons pas eu une application générale de cette opération cette année, mais nous avons réussi à mobiliser les élèves, l’Etat qui a déployé d’énormes moyens, mais aussi les enseignants qui ont répondu présent à plus de 90% pour faire de cette initiative une réalité», se réjouit-il. Pour Cheikh Mbow, il y a eu un élan, un véritable débat autour du temps d’apprentissage écourté d’année en année.

«Nous pensons qu’avec ce débat, nous allons évaluer ensemble les goulots d’étranglement et essayer de résoudre les difficultés au fur et à mesure parce que tout le monde est d’avis que le principal mal de l’école sénégalaise reste pour le moment le temps d’apprentissage relativement court», note-t-il.

  • Écrit par  Ngoundji DIENG

ndieng@lequotidien.sn

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