Erdogan appelle à reconnaître Jérusalem-Est comme « capitale » de la Palestine

Ouest-France, avec AFP.

 Le président turc Recep Tayyip Erdogan a apporté son soutien à la Palestine et de nouveau attaqué Israël lors du discours d’ouverture d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de coopération islamique (OCI), ce mercredi 13 décembre, à Istanbul. Un rendez-vous axé sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu par Washington.

« J’invite les pays qui défendent le droit international et la justice à reconnaître Jérusalem occupée comme capitale de la Palestine ». C’est ce qu’a déclaré le chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de l’ouverture d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul. « Israël est un État d’occupation. De plus, c’est un État terroriste », a-t-il ajouté.

Il avait déjà qualifié Israël de la sorte, dimanche 10 décembre, en soulignant qu’il « lutterait par tous les moyens » contre la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu.

« Un brasier sans fin »

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l’année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d’une ONG en direction de la bande de Gaza, qui a fait dix morts parmi les activistes turcs.

Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l’énergie, mais Recep Tayyip Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue à critiquer régulièrement la politique israélienne.

La Turquie, en tant que présidente en exercice de l’OCI, a justement convoqué ce sommet à Istanbul pour définir une réponse commune à la décision de Donald Trump. L’initiative américaine a indigné nombre de pays musulmans, mais peu de gouvernements sont allés aussi loin que la Turquie qui a averti que cette décision allait plonger le monde « dans un brasier sans fin ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a aussi pris la parole en ouverture de ce sommet, qui réunit une cinquantaine de pays. Il a accusé Donald Trump d’avoir « offert Jérusalem en cadeau au mouvement sioniste » et estimé que les États-Unis n’avaient plus de rôle à jouer dans le processus de paix. « Jérusalem est et restera éternellement la capitale de l’État de Palestine […] Et il n’y aura ni paix, ni stabilité sans cela », a-t-il insisté.

Malgré ces paroles, les observateurs estiment peu probable l’annonce de mesures fortes ou de sanctions à l’issue du sommet de mercredi. Le monde musulman étant profondément divisé. « Plusieurs pays majeurs du ‘monde musulman’ ne veulent pas entrer en confrontation avec les États-Unis, ni même avec Israël, dans un contexte de tensions confessionnelles croissantes avec l’Iran », explique Sinan Ülgen, président du Center for Economics and Foreign Policy (Edam), basé à Istanbul. Pour les dirigeants de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe, contrer l’influence de l’Iran « est plus important que de prendre des mesures offensives qui pourraient mettre en péril les relations avec Washington », poursuit-il.

La Ligue arabe s’était d’ailleurs contentée, lors d’une réunion le week-end dernier, d’émettre une condamnation verbale, appelant les États-Unis à « annuler leur décision sur Jérusalem ».

Parmi la vingtaine de chefs d’État ayant répondu, mercredi, à l’appel de Recep Tayyip Erdogan figurent le président iranien Hassan Rohani, le roi de Jordanie Abdallah II, l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani ou encore le Libanais Michel Aoun.

Le président du Soudan Omar el-Béchir, poursuivi pour génocide au Darfour, était également présent au sommet.En froid avec la Turquie, mais ne pouvant esquiver un sommet consacré à Jérusalem, l’Egypte a envoyé à Istanbul son ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukry. L’Arabie saoudite était, elle, représentée à la réunion des chefs de la diplomatie par son ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, Nizar Madani.

Même s’il ne provoque pas de bouleversement, le sommet d’Istanbul devrait permettre à Recep Tayyip Erdogan de soigner son image de défenseur des musulmans dans le monde, des Palestiniens aux Rohingyas fuyant la Birmanie.

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