Etats-Unis : Un autre Noir tué par un policier à Phoenix, nombreuses manifestations

Police_nbc-phoenix_meutreUn policier blanc a de nouveau tué une personne noire, jeudi, aux Etats-Unis. Le drame s’est produit à Phoenix (Arizona). Dans le même temps, et pour le deuxième jour d’affilée, des manifestations ont eu lieu dans différentes villes du pays pour protester après la mort de plusieurs personnes noires, ces derniers mois, lors d’incidents avec des policiers blancs.

Un homme désarmé tué à Phoenix. La police de Phoenix a indiqué jeudi dans un communiqué qu’un homme noir de 34 ans, Rumain Brisbon, avait été interpellé alors qu’il était soupçonné de vendre de la drogue. Il aurait tenté de s’échapper et aurait refusé d’obéir «à plusieurs ordres» d’un policier blanc de 30 ans, dont le nom n’a pas été révélé, mais qui avait 7 ans d’expérience.

Alors qu’une «lutte» s’engageait entre les deux hommes, Ruamain Brisbon a mis une main dans sa poche. Le policier la tenait. Il a «cru sentir la crosse d’un revolver» et «a tiré deux fois dans le torse de Brisbon». Ce dernier a rapidement été déclaré mort par les pompiers. La poche de la victime contenait en réalité une boîte de pilule d’oxycodone, un analgésique (anti-douleur) puissant et addictif, parfois consommé comme drogue récréative.

Marci Kratter, une avocate de Phoenix représentant la famille, a déclaré qu’il y avait «plusieurs témoins qui contestent la version des policiers». «C’est une tragédie. Il n’avait pas d’arme et ne menaçait personne. Nous envisageons toutes les suites possibles au regard de la loi», a-t-elle ajouté.

NBC a rapporté qu’un rassemblement a été organisé devant les locaux de la police pour demander que le nom de l’officier responsable de la mort de Rumain Brisbon soit divulgué. Une journaliste de la chaîne de télévision a mis en ligne, sur son compte Twitter, des photos de ce rassemblement.

Un porte-parole de la police a estimé que «l’officier a agi exactement comme nous voulons qu’il le fasse, même si cela s’est mal terminé», selon NBC. La responsable d’un conseil sur les relations entre Afro-Américains et police a déclaré que «cela donne l’impression que c’est l’ouverture de la saison pour tuer des hommes noirs».

Nombreuses manifestations aux Etats-Unis. Des milliers d’Américains sont descendus jeudi dans les rues de plusieurs villes pour dénoncer les violences impunies de la police à New York, Clevelan et Ferguson. Un jury populaire a décidé mercredi de ne pas poursuivre le policier blanc impliqué dans le décès d’Eric Garner, un Noir de 43 ans, mort après une interpellation musclée le 17 juillet à Staten Island, à New York. A Cleveland (Ohio), un garçon noir de 12 ans, Tamir Rice, a été tué alors qu’il manipulait une arme factice.

Dans cette affaire, le ministre de la Justice, Eric Holder, a reconnu jeudi que la police avait fait un usage «excessif» de la force. Enfin, à Ferguson (Missouri), un grand jury a refusé le 24 novembre d’inculper un autre policier blanc, responsable de la mort début août de Michael Brown. Dans cette affaire, le policier Darren Wilson avait tiré douze fois sur ce Noir de 18 ans qui n’était pas armé.

Jeudi, à New York, on pouvait lire sur des pancartes «La vie des Noirs compte», «Le racisme tue», ou encore «Ferguson est partout». Plusieurs hélicoptères survolaient la foule qui scandait «Pas de justice, pas de paix». Des manifestants se sont également allongés sur le sol, reprenant les derniers mots d’Eric Garner, tué à Staten Island : «Je ne peux pas respirer». Alors que le cortège grossissait, la police a fermé le principal tunnel reliant Manhattan au New Jersey. Aucun incident majeur n’est à déplorer, mais plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées.

«Nous ne pouvons tolérer l’impunité de la police. Le gouvernement doit réagir. Il dispose d’une vidéo montrant ce qu’il s’est passé, de quoi d’autre a-t-il besoin ?», a lancé Jonathan, un manifestant de 40 ans. Margarita Rosario, dont le fils de 18 ans et le neveu ont été tués par la police en 1995, a indiqué que rien ne changerait tant que la plus grosse ville des Etats-Unis, forte de huit millions d’habitants, ne s’élèverait pas contre l’impunité policière.

«Ce type (Garner) les a suppliés (les policiers) de rester en vie et ils n’ont rien fait. Ce fut la même chose avec mon fils il y a vingt ans. Ici, vous pouvez supplier pour qu’on vous laisse la vie sauve, mais la police s’en fiche», a-t-elle dénoncé.

Des rassemblements ont également eu lieu à Chicago (Illinois), Boston (Massachusetts), Baltimore (Maryland) et Washington. A Chicago, un moment de tension a éclaté avec les forces de l’ordre lorsque celles-ci ont voulu débloquer une route occupée par les manifestants.

La démocrate Hillary Clinton, probable candidate à l’élection présidentielle de 2016, a appelé jeudi à une réforme du système pénal et des méthodes policières, déplorant que les Noirs aient «plus de chances d’être interpellés et fouillés par la police, inculpés et condamnés à des peines plus longues» que les Blancs. Le secrétaire général de l’Onu (Organisation des Nations unies) a lui-même appelé jeudi les Etats-Unis à s’assurer que leurs policiers répondent davantage de leurs actes.

Afrique Monde avec agences

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