EUMEU SUR MODOU LO : Est-ce qu’il a prouvé sa bravoure à Balla Gaye ?

Euneu Sene LutteurComme ce fut le cas pour Modou Lo, lundi dernier, c’est sur un terrain vague, le terrain de football de Pikine Guinaw Rail, qu’Eumeu Sène a effectué sa séance d’entraînement d’hier. Avec le même dispositif pour les besoins de l’Open presse. Et c’est dans une ambiance plus surchauffée, ponctuée par la présence sur les lieux de Boy Niang 2, que Pikine a communié avec son champion. D’une grande confiance, le chef de file de Tay Shinger a décrété la victoire. Il part de son riche palmarès pour rassurer son monde.

Que ressentez-vous après cette mobilisation de tout Pikine autour de vous ? 
Je rends d’abord grâce à Dieu. Revenant sur la question, je dirai tout simplement que cette grande mobilisation est un réconfort moral. Ça me pousse à redoubler d’efforts dans le travail en me dédoublant même en dix. C’est la preuve que Pikine est un et indivisible. Nous sommes tous de même père et de même mère, des inséparables. Je ne fais que les remercier pour ceux qu’ils font, à l’occasion de tous mes combats. C’est donc une grande fierté pour moi. Ils ne font que m’encourager pour montrer que j’ai une base. Et que Pikine ne doit pas être en reste pour me pousser vers la victoire.

C’est la dernière ligne droite de la préparation, est-ce qu’Eumeu est prêt pour ce combat ? 

Bien sûr et Dieu m’est témoin. Actuellement, on fait du maintien. On s’affaire autour de quelques petits réglages. Mais à dire vrai, le gros du travail est déjà fait. Tout ce qui devait être fait est fait. C’est un combat que nous préparons depuis sept mois. Nous sommes fin prêts, c’est certain.

Qu’est-ce qu’on peut attendre de vous pour ce combat ? 

Franchement, je ne vise que la victoire.

Et pourtant votre adversaire dit que ça ne sera pas facile pour vous et qu’il va vous cogner et gagner ? 

Ce ne sera pas possible, il ne le pourra pas. Je sais sur quoi se base-t-il pour faire une telle affirmation. Comme il s’est bien préparé en conséquence, nous l’attendons de pied ferme.

Est-ce que les déclarations de l’autre camp peuvent perturber votre préparation ? 

Rien ne peut constituer une équation pour moi. Je dis bien rien. Je ne sais par où va-t-il passer pour m’inquiéter. C’est même impensable. Je ne me fais pas d’illusions par rapport à ça.

N’y a-t-il pas une sorte d’excès de confiance qui pourrait vous être préjudiciable ? 

Je précise que je ne le sous-estime pas. C’est juste que j’ai confiance en moi. Une confiance que je tiens de mes entraînements et de mon encadrement. Des gens sérieux et je suis convaincu de leur expertise. Je répète que j’ai une confiance certaine. C’est important à souligner.

L’adversaire dit qu’il vous connaît bien. Et de votre côté, détenez-vous des secrets de lui ? 

J’ai fait le tour du pays pour des tournois de lutte simple. J’ai remporté le drapeau du Sénégal à l’âge de 17 ans. Je ne me suis pas donc limité chez moi. J’ai participé à des tournois organisés par des Diolas et par des Sérères. Donc, il ne peut pas prétendre me connaître. Je n’ai pas encore montré certaines facettes de mon talent.

Mais on brandit de nouvelles clés qui pourront vous mettre à terre si l’adversaire vous cogne ? 

Une fois encore, ça c’est exclu. Ce n’est pas possible. Mais il n’y a pas lieu de rougir. C’est déjà arrivé. Comme il s’est préparé à la bagarre, je l’invite à ne pas changer d’option.

Etes-vous bien préparé pour affronter la bagarre ? 

C’est un combat de lutte avec frappe. Je viendrai pour lutter et pour me bagarrer. Nous sommes prêts à faire face à tous les défis.

Votre adversaire est réputé être un lutteur très mystique. Comment l’appréhendez-vous ? 

Tout le monde sait qu’Eumeu ne s’encombre pas de beaucoup de bouteilles. On se suffit aux bénédictions de ceux qui prient pour nous. On rend aussi grâce à Dieu qui donne la victoire.

Combien de séances faites-vous par jour ? 

Seulement deux séances quotidiennes. Si j’ai une bonne récupération, j’en fais trois. Mais normalement, je me limite à deux séances par jour. Le matin, je m’exerce à l’endurance. Et les après-midi sont consacrés à des contacts ou à des exercices de boxe.

Ne pensez-vous pas, vu ce que Modou Lo a montré lors de son galop, qu’il y aura une chute après un corps-à-corps ? 

C’est possible que ce soit un corps-à-corps. Mais je n’exclus pas un KO. Nous sommes prêts pour tout. Mais cela ne veut pas dire que nous privilégions la bagarre.

On vous a aperçu en Gambie et en Casamance. Est-ce pour des raisons mystiques ? 

Moi, j’ai de la famille. Donc, aller en Gambie ne suppose pas que c’est pour un renforcement mystique. Ma mère vit en Casamance, où je lui rends visite, chaque fois que j’ai un combat. J’ai également une tante, à Satokoye, en Gambie. Il est de mon devoir de leur rendre visite. Et je suis passé leur rendre visite et discuter avec elles.

Mais l’adversaire soutient que vous n’y avez ramené que de la poussière ? 

(Rires). Qu’il prenne tout. Moi, je n’y ai que de la famille à qui j’ai rendu visite. Donc c’est lui qui avale la poussière. Parce que moi je suis allé rencontrer des parents. Je peux communier avec eux sans que personne d’autre ne soit au courant.

On a l’impression que vous êtes sous forte pression ? 

Jamais ! Pas du tout, je n’ai aucune pression. On m’a trimballé partout. J’ai connu la victoire et j’ai goûté aussi la défaite. Je sais ce que ça fait pour un athlète. J’ai perdu des combats de haute facture comme j’en ai gagné avec la manière. Je ne vois pas pourquoi je dois me mettre la pression tout seul.

On voit que vous n’arrêtez pas de vous plaindre après que Modou Lo vous a versé les potions mystiques et promet de le refaire. N’allez-vous pas être déstabilisé en fin de compte ? 

Si j’ai tenu à le souligner, c’est dans le cadre de la lutte contre la non-violence. Parce qu’il appartient à nous les ténors de l’arène de donner le bon exemple en portant ce combat. Ce qu’il a fait pouvait provoquer une bagarre aux conséquences imprévisibles. Nous sommes tous de gros gaillards et si on se fait face, ce serait très difficile de nous séparer. Ce n’est vraiment pas élégant de sa part de me verser ce liquide. Car, j’ai senti la mauvaise odeur pendant deux jours. Il part dans les écoles pour faire des messages. Et aujourd’hui, c’est le même gars qui s’adonne à des pratiques contraires au civisme. Le sport est une école de la vie, et l’éducation doit être fondamentale. On doit se respecter mutuellement et éviter de créer des conflits qui vont dépasser le simple cadre du sport. Si je ne m’étais pas préparé en conséquence, j’allais être un cadavre ambulant.

Vous revendiquez le titre d’«Empereur des arènes». Une défaite ne serait pas une régression ? 

C’est pourquoi je dis que ce combat est d’une importance capitale pour moi. Je revendique toujours ce titre dont vous faites allusion. Et j’y tiens beaucoup. C’est moi qui ai battu celui qui a détrôné Yékini. J’ai régné en affrontant des gladiateurs. Comment on peut dire que j’ai encaissé huit défaites. Vous êtes des journalistes et vous êtes témoins de ce que j’ai fait dans l’arène. C’est de la pure invention et c’est très loin de mon palmarès. C’est Boy Kaïré, au sommet de son art, qui m’a battu. J’ai accepté de lutter le premier combat alors que je n’avais que 18 ans. Ensuite, j’ai perdu contre Gris Bordeaux. J’ai débuté par un revers face à Matar Sèye. Et pourquoi on parle de huit défaites ? Ce n’est pas du tout vrai.
D’ailleurs, nous n’avons pas le même palmarès. Il n’a pas affronté les lutteurs que j’ai rencontrés. Moi j’ai eu des combats chocs. J’ai été le seul jeune lutteur à défier et battre des ténors. C’étaient vraiment des adversaires de taille. Les autres n’ont terrassé que des lutteurs de génération différente. Donc, nous ne sommes pas pareils, et le titre que je réclame me colle bien. Je le préfère au titre de «Roi des arènes».

On fait de vous le favori et Mbaye Guèye dit même que c’est du 70% pour vous. Allez-vous débarquer au stade avec cette position de favori ? 

C’est toujours avec un esprit de gagneur que je débarque dans l’arène. Il en sera ainsi jusqu’au jour où je vais perdre. Je reste dans ça. Je suis né à Pikine où j’ai aussi grandi. Nous ne connaissons que la victoire. Je me suis fait tout seul. Je n’ai pas été fabriqué par la presse. J’ai osé prendre des combats chocs que personne ne pouvait imaginer. Quand je défiais Simel Faye, Simel Faye ou Gris Bordeaux, les gens n’en revenaient pas. J’ai travaillé durement pour réussir ma vie. Je suis différent des lutteurs fabriqués par Malick Thiandoum ou Bécaye Mbaye.

Mais Modou Lo a aussi enduré pour atteindre son niveau ? 

Où est-ce qu’il s’est battu ? Est-ce qu’il a prouvé sa bravoure à Balla Gaye ? Même Baye Mandione l’a battu et la chute est claire et nette. Je ne vois qui il a battu. C’est un champion qu’on a fabriqué. On lui a frayé un passage alors que moi je me suis battu pour mériter une telle carrière.

La diminution de votre poids est-elle stratégique ? 

Non, pas du tout. Je suis un athlète, et mon poids dépend du volume de mes entraînements. Je tiens beaucoup aux entraînements parce que je crois que c’est un élément déterminant.

Votre adversaire explique avoir travaillé la vivacité et la rapidité ? 

Il parle et on verra. Je vous assure que j’ai hâte de finir avec ce combat. Je suis pressé de retrouver l’enceinte.

Un message à l’endroit des Pikinois ? 

Je leur demande de se tenir prêts. Qu’ils prient pour leur lutteur. Je les invite à se présenter tôt au stade pour marquer leur territoire. Il n’y aura pas de place pour les retardataires. Qu’ils viennent supporter leur lutteur pour qu’il gagne sans bavure.

Que pensez-vous, en tant que fervent supporter, de la crise à l’As Pikine avec la démission du président ? 

Je ne vais pas y épiloguer. Je me focalise sur le combat que je prépare activement. Je suis entouré de mes parents pour les préparatifs. Je ne pense qu’à mon combat avec le soutien de ceux qui m’aident et m’appuient.

Peut-on s’attendre à une chute rapide ? 

C’est possible que ce soit un combat très rapide. Tout dépend du comportement de l’un ou de l’autre. Et ça peut être très rapide.
Allez-vous attaquer votre adversaire ? 
Moi, je ne suis pas Kharagne. Je ne suis pas Modou Lo. C’est Modou Lo le champion des matches nuls.

Pourtant il promet d’attaquer, de cogner et de gagner ? 

S’il pense qu’il peut attaquer et cogner, qu’il se donne les moyens de trouver une faille pour attaquer, cogner et gagner.

On parle de non-violence et Boy Niang, ambassadeur de non-violence, était présent aux entraînements. Quel appel lancez-vous dans ce sens ?
Comme je l’ai expliqué tantôt, Boy Niang est un frère cadet. Nous entretenons des relations spéciales. On se fréquente. Je m’investis à fond pour ses combats. Et il en de même pour lui, chaque fois que j’ai un combat. Nous adhérons parfaitement à la lutte contre la non-violence. Les Pikinois sont pour la non-violence. Ils sont disciplinés. Et pourtant, on parle toujours des lutteurs pikinois qu’on sanctionne. Pour mon cas, on m’a sanctionné parce qu’Ama Baldé est venu danser à côté de moi et j’ai réagi pour l’encourager. Alors que j’étais venu accompagner un coéquipier. Je n’ai fait aucun mal et je n’ai agressé personne. Et pourtant, on m’a sanctionné et je l’accepte.

Mais le Cng interdit de soutenir un lutteur d’une écurie différente ? 

Désolé, je ne me suis pas présenté dans son «cumukaay». Il faut qu’on revoit le règlement. Je ne dois pas fuir quelqu’un qui me tend la main, comme si nous avons un contentieux.

Est-ce que vous vous préparez à une éventuelle provocation de Modou Lo, tel qu’on le connaît ? 

Rassurez-vous, je ne m’énerve pas pour un rien. Il est libre de faire tout ce qu’il veut. Je resterai sur mes gardes. Qu’il se tienne prêt, je vais marcher sur lui, le battre et rentrer. S’il plaît à Dieu, je vais gagner. Je l’ai dit, je suis un cadre ambulant. Et je n’ai pas de problème par rapport aux provocations et tentatives de déstabilisation. Je suis de nature calme. Je suis resté quatre ans sans lutter. Personne ne m’a entendu me plaindre. Alors que chaque fois qu’on démarche mon combat, ça finit par foirer. Je prends les choses avec philosophie et ce n’est facile de m’ébranler.b[

Propos recueillis par Yousouph BADJI
source Le Populaire

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