EXPROPRIATION FONCIERE A TIVAOUANE PEULH Le collectif des propriétaires et attributaires prêt au sacrifice suprême

L’institut El Mozdahir,  la  Sipres et Bara Tall,  sont   dans le viseur des habitants de Tivaouane  Peulh. Dénonçant les tentatives d’accaparement perpétrées par ceux-ci, ils ont organisé une manifestation, dimanche dernier, et menacent  de tout faire pour conserver leurs biens, même au prix de leurs vies.

Si on n’y prend  garde, le pire  pourrait  se produire à Tivaouane  Peulh, du fait que c’est le ras-le-bol total du côté des propriétaires et attributaires de parcelles, de la localité. Ils menacent de se dresser  sur le chemin des grosses pointures et des promoteurs privés qu’ils accusent  de vouloir  faire main basse sur leurs terres. Habitants de la zone et détenteurs de cession de peines ont battu le macadam, dimanche dernier,  pour déverser leur bile sur l’institut  Mozdahir  et la Sipres et un troisième larron qui seraient un grand  propriètaire  d’une entreprise de Btp et proche  des sphères du nouveau pouvoir.  Ils étaient plus d’un millier  de personnes, membres de coopératives, des propriétaires  individuels et des jeunes du villages, à manifester leur colère, afin de se faire mieux entendre.

Après leur  marche, les membres de ce collectif  ont organisé un sit-in pour dénoncer ce qu’ils appellent une spoliation et une expropriation forcées. Revenant  sur la genèse du problème, le porte-parole  du collectif et chargé  des affaires extérieures, Yankhoba né Jean Louis Roger, explique leur  surprise,  estimant   que les documents brandis par les personnes à l’origine du litige ne reposent  que sur du faux alors que tous les membres du collectif ont des documents en bonne due forme. «La plupart d’entre nous ont des actes. Soit des actes de session, des délibérations ou encore des baux. A notre grande surprise, nous avons trouvé sur le terrain depuis le mois de mai, un institut dénommé Mozdahir qui se dit propriétaire de 50 hectares et  dit  posséder un bail grâce à la commission de contrôle des opérations domaniales», explique-t-il. Une telle attribution, à ses yeux, est une hérésie car la structure susmentionnée n’a pas de pouvoir d’attribution de terres,  puisque, souligne-t-il, «cette commission n’a aucun pouvoir de donner. Son pouvoir c’est de contrôler. Il a une voix prépondérante. Sans son avis favorable, on ne peut pas attribuer».

Pis, le chargé des affaires juridiques souligne que l’institut Mozdaïr nage sur du faux dans la mesure où «leur bail n’a pas respecté les normes parce qu’avant de donner un bail, il faut s’adresser au préfet pour voir qu’est-ce qu’on a pu faire sur le terrain et si les terrains ont été mis en valeur. Nous avons commencé à valoriser la terre depuis 2005, 2006. expropriation_fonciere

Dans pareil cas, le domaine national, c’est celui qui le met en valeur qui en est propriétaire. Ils ne l’ont pas fait, ils ont suivi un circuit administratif normal tout en délaissant qui était de venir sur le terrain et voir». Pour  lui les papiers dont l’institut se dit en possession est plutôt un bail flottant, «l’institut a eu un bail flottant sur Tivaouane Peulh, sur le projet Global village qui n’a jamais vu le jour». Mieux, Jean Louis Roger fait remarquer qu’en expropriant  et en  donnant un bail, l’Etat le fait pour des projets d’utilité publique alors que dans le cas de Mozdaïr, les populations elles mêmes ne s’y retrouvent pas, parce qu’en réalité, c’est une société immobilière.

Des papiers  délivrés entre les deux tours de la présidentielle  de 2012
De l’avis du président du collectif des attributaires et propriétaires de Tivaouane Peulh, ses camarades sont en train de subir un forcing. Cheikhna Harris fait noter que «ce sont des terrains qui nous été légalement attribués par la communauté rurale sur la base de délibération avec l’aval du sous préfet. Certains ont acheté leur terrain depuis 98 et d’autres en 96. Nous avons un bail qui nous a été délivré par les autorités compétentes. Depuis quelques temps, certains soi-disant attributaires de baux qui ne sont en réalité que des baux flottants. Ce sont des baux qui existent sur les documents, mais ne trouvent pas de surfaces réelles sur le terrain».

Monsieur Harris de confier en outre que le plus grave, c’est que «les baux qui créent tous ces problèmes, ont été établis entre les deux tours de la dernière élection présidentielle. C’est sur la base de cela que les gens ont commencé à venir petit à petit. Ils ont lancé un ballon de sonde avec l’institut Mozdaïr et la Sipres  et sur  leur bail, l’on note qu’il n’y a aucun occupant dans la zone. Ce qui est archifaux».

Mieux, Cheikhna Harris fait noter que les baux en question, dont celui de l’institut Mozdaïr, n’ont pas été approuvés par la collectivité locale. Mais, « ils essaient d’appliquer un forcing sur l’assiette de Tivaouane Peulh alors qu’ils ont déjà trouvé des personnes sur place. Ils sont en train d’occuper des terrains appartenant à autrui et l’Etat doit  se lever par le biais du procureur ou d’autres agents de l’Etat parce que l’institut occupe illégalement nos terres. Pis des habitations ont été démolies sur le site ».

Face à  la gravité de la situation, les membres du collectif des attributaires et propriétaires de parcelles à Tivaouane Peulh sollicitent  l’arbitrage du chef de l’Etat après avoir épuisé toutes les voies de recours avec les autorités locales  compétentes.

Outre l’institut Mozdaïr et la Sipres, la gendarmerie nationale, Bara Tall sont annoncés dans la zone. Quoi qu’il en soit, les jeunes de la localité ainsi que les autochtones de Tivaouane Peulh exigent la libération des 51 hectares dévolus à l’extension de leur village dont les réserves foncières sont en train d’être épuisées.

Cette extension leur a été accordée depuis 2007,  mais depuis lors ils  courent derrière et se disent  désormais prêts à tout pour empêcher tout accaparement  de terres sur la zone qui leur a été donnée. De guerre lasse, ces jeunes ont décidé de se faire entendre. Ainsi, leur porte-parole de marteler: «Nous avons toujours respecté les consignes du commandant de la gendarmerie  qui nous a toujours demandé de surseoir  à nos actions en attendant que le dossier soit vidé. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus rester les bras croisés pendant que d’autres sont entrain de terrasser notre domaine».

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