Face à la montée de la Chine en Afrique, la France et les USA ont décidé de reconquérir militairement l’Afrique

U.S. President Barack Obama looks at French President Francois Hollande as they meet in the Oval Office of the White House in WashingtonTandis que la France et les Etats-Unis utilisent tous les prétextes (terrorisme, épidémie d’Ebola) pour envoyer des contingents militaires en Afrique (Mali, Niger et récemment le Nigeria pour le terrorisme ; Liberia, Sierra Leone et Guinée pour l’épidémie d’Ebola) les déboires de la Chine en Françafrique s’accumulent écrit la Lettre du Continent , cette bonne vieille feuille de chou françafricaine, tout en précisant que ces déboires pourraient profiter aux « acteurs occidentaux ».

« Prise d’otages au Cameroun (victime de la secte islamique de Boko Haram,ndlr), expulsion brutale du Tchad, remise à plat de contrats au Gabon, conflits avec des communautés locales, etc. : les déboires de la Chine en Afrique s’accumulent. Bien que ces déconvenues ne soient pas de nature à ternir le volume des investissements que Pékin – première puissance commerciale mondiale – réserve à ce continent, elles mettent néanmoins en lumière les limites et les failles de sa politique africaine, dont les acteurs occidentaux pourraient tirer profit. (…) »

Mais ces déboires ne seraient-ils pas souhaités par l’alliance atlantiste ? Un certain nombre de situations semblent montrer que face à la montée de la concurrence chinoise, la Françafrique et l’Américafrique ont décidé d’employer les grands moyens coloniaux et de reconquérir militairement des zones entières de l’Afrique ou d’y semer le chaos afin de mettre à mal la montée des BRICS notamment de la Chine en Afrique.

Centrafrique et Tchad : une guerre du pétrole

On peut à ce titre rappeler la manière dont les Chinois ont vu Bozizé se faire renverser par un coup d’Etat en Centrafrique par une alliance militaire franco-tchadienne – ayant fait ses preuves au Mali – peu après avoir signé un contrat pour l’attribution du bloc pétrolier A au Chinois. L’un des enjeux, en Centrafrique était le partage du pétrole du bloc A découvert à la frontière avec le Tchad, convoité par les Français et les Tchadiens, mais promis aux Chinois par Bozizé. Cette guerre du pétrole cachée par les médias français semblent tourner à l’avantage des Français de Total depuis le renversement de Bozizé et cela malgré les protestations d’une opposition démocratique et panafricaine exilée en Afrique du sud :

« Total après avoir rencontré la présidente lors des différents séjours en Europe, mais surtout le ministre des mines qui a été au mai invité avec sa famille aux frais de Total, pour un séjour idyllique à Paris, a pu conclure un gentleman agreement soit un accord de principe avec les autoritéscentrafricaines.Les dits accords prévoient de céder à Total l’exclusivité de l’exploitation du bloc A octroyant à la RCA 10% et 90% à la société française. De même Total rentre dans le capital de l’accord liant la Centrafrique à la Chine en s’octroyant 40% des parts revenant à la RCA ce qui donne lieu à lune répartition défavorisant la RCA 10%, et 50% à la Chine. «

Les barbares occidentaux utilisent les méthodes militaires et guerrières pour contrer l’influence des pays des BRICS dans leur pré-carré africain tout en étant capable d’instrumentaliser militairement le terrorisme et les pires épidémies pour parvenir à leur fin.

Soudan et guerre du pétrole

Au Soudan, une guerre secrète sino-étatsunienne s’est déroulée et qui a été remportée (mais à quel prix) par les USA. Au prix de la partition du pays et des pires massacres qui se poursuivent dans cette entité du Soudan du Sud crée ex-nihilo par l’alliance étatsuno-sioniste. Cette guerre secrète au Soudan va se matérialiser par le soutien de la Chine au régime de Khartoum, d’une part, et par la scission du pays et la création du Sud Soudan, orchestrée par la Etats-Unis, d’autre part.

« Les attentats du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis, la diminution des réserves nationales de pétrole et la dépendance qu’elle génère vis-à-vis des fournisseurs étrangers, combinés à la nationalisation du pétrole par Hugo Chavez, défunt-président de la République bolivarienne du Venezuela, ont poussé l’ensemble de la classe politique américaine à redéfinir de nouvelles zones d’intérêt stratégique pour ses approvisionnements en énergie. C’est dire que pareillement aux autres puissances industrielles, les ressources africaines, soudanaises notamment, intéressent grandement les Etats-Unis (Fogue Tedom : 2010). En effet, le soutien des États-Unis au gouvernement du Sud-Soudan vise, depuis la proclamation de l’indépendance du Sud le 9 juillet 2011, à priver la Chine d’accès aux champs pétroliers appartenant désormais au 193e État de la planète : quelque 80 % des réserves de l’ex-Soudan (Raphael Rossignol : 2011). Pour s’octroyer ces importantes ressources pétrolières, endiguer la pénétration chinoise dans le pays et neutraliser le régime islamiste de Khartoum, les Etats-Unis mettent à contribution l’ensemble de leur dispositif de puissance. »

Le gouvernement US apporte, tout d’abord, un soutien multiforme au SPLA de John Garang. A cet effet, le colonel américain Richard Orth joua un rôle clé dans l’approvisionnement en armes du SPLA. Dans cette bataille stratégique, Washington associe, dans une logique néoréaliste, sa société civile. C’est dans ce cadre que des actions des personnages tels que Roger Winter ont grandement contribué à l’affaiblissement, voire à la dislocation du Soudan. « En effet, pour ce dernier, la meilleure solution pour arrêter la guerre entre le Nord et le Sud du Soudan est que : « le Sud auquel s’adjoindraient peut-être quelques petites zones de conflit, soit dissocié du Nord-Soudan et constitue, en fait, un pays indépendant et souverain » (Pierre Péan ; 2011 : 436). Il a assisté à toutes les réunions du bureau politique du SPLA. Lors d’une conférence de presse donnée à l’Institut de la paix (US Institute for Peace) à Washington le 17 septembre 1997, Roger Winter demande « le soutien total du gouvernement américain à une guerre destinée à abattre le gouvernement de Khartoum, même si (il sait) qu’elle entrainera une catastrophe humanitaire (…). Ce serait une guerre par proxies interposés, utilisant les troupes ougandaises et érythréennes, avec les armes, la logistique et l’entrainement américains » (Pierre Péan ; 2011 : 443). »

Cette posture a permis à Washington d’affaiblir le Soudan, un des plus importants partenaires africains de la Chine, en suscitant sa dislocation. La Chine est entrée dans une certaine dépendance à l’égard des forces atlantistes qui ont participé à la création du Sud Soudan qui détient 75% du pétrole. J’écrivais en octobre 2013 : « La déstabilisation du Soudan organisée dans les coulisses par les grandes puissances n’est sans doute pas terminée tant les enjeux énergétiques et géopolitiques sont majeurs. »
On connaît la suite, éclatement du Soudan et guerre civile terrible dans l’Etat du Soudan du Sud, un Etat créé de toute pièce par l’entité étatsuno-sioniste. A ce sujet lire un extrait de l’article de Black Agenda Report ci-dessous :

« Pendant des décennies, les Etats-Unis et Israël ont cherché à provoquer la partition du Soudan, pays qui avait été, sur le plan géographique, la plus grande nation d’Afrique. La sécession du Sud était un projet spécial d’Israël, dont la politique étrangère la plus durable et fondamentale est de semer le chaos et la discorde dans les mondes musulmans et arabes. Le Soudan, sous le contrôle politique du Nord à majorité musulmane, a rejoint la Ligue arabe dès l’indépendance, en 1956. Depuis, Israël a cherché à déstabiliser le Soudan, à la fois pour porter un coup aux Africains « arabisés » et afin de s’attirer les faveurs des chrétiens sur le continent. »

On reviendra plus tard sur le cas de la Libye. Mais comme l’écrivait très bien Peter Van Buren : « Encore une « stabilisation » US (et française) de plus et l’Afrique va s’effondrer. » Lire également : Reprise de la guerre en RDC. Israël et les USA arment les deux camps et participent à la balkanisation du pays.

Source : Le-Blog-Sam-La-Touch

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