Femme et nationalité, le comble d’un sexisme politique absurde! Par Helene Della CHAUPIN

Photo-Accents-Rebelles Helene della ChaupinNous les avons tous vu s’égosiller et s’émoustiller, nos hommes politiques, sous prétexte qu’ils viennent de nous accorder une faveur céleste, celle consistant pour la femme sénégalaise à pouvoir désormais transmettre la nationalité à ses enfants et à son conjoint.

Soyons, nous femmes, très fières. Point besoin d’applaudissement ni d’esquisse de pas de danse. Point besoin de xawaaré ni de sargaal de qui que ce soit pour célébrer cette loi qui, en définitif, reste un dû qui nous revient de plein droit.

Qu’ils laissent donc la nature nous rendre un droit inaliénable et nous restaurer dans le digne rôle qu’elle nous confère à travers ce pouvoir magique dont nous sommes les seules détentrices, celui de porter la vie, de la sentir s’éclore en nous, pour ensuite la donner sans que nous ayons besoin d’assister à une quelconque démonstration de force politique misogyne destinée à nous rétablir dans la transmission de la filiation identité-papier .

N’est-ce pas que porter la vie et la donner sont pour nous des fonctions naturelles, et que nous n’y cherchons aucun motif hautain pour affirmer notre existence. Dame nature ne nous a-t-elle pas suffisamment et clairement choisies.

Voyez-vous comment nos hommes politiques tentent de nous manipuler et de nous utiliser éhontément, encore une fois de plus, même dans la réparation d’une absurde iniquité qu’ils nous ont imposée, nous femmes, qui rendons la vie possible et la respectons tant ?

Macky SALL avait-il besoin de tout ce rituel folklorique pour aliéner davantage de femmes dans un système patriarcal primitif qui pourrait alourdir encore plus la dimension de leur dette à son égard ?

? Femmes ! Savez-vous que nous avons longtemps été confinées dans notre unique rôle de reproductrices qu’ils nous ont extirpé de la société et dont ils s’arrogent paradoxalement le fruit pour ensuite faire semblant de nous le rendre ?

Du droit de sol assimilé à la terre nourricière, la Grande Muette soumise, docile, silencieuse et fertile, qui porte en elle la semence des hommes tout comme nous portons en nous des enfants, découle aussi le droit à la nationalité, celui d’être reconnu et rattaché à un pays, pour nous et nos enfants, un droit jusque-là fondé sur un sexisme ridicule et purement absurde.

Comble du paroxysme de l’oppression féminine, Macky SALL vient de nous montrer, à travers le mode de célébration de cette loi, que la procréation reste du domaine privé exclusif mâle, une véritable chasse gardée de la phallocratie institutionnelle, devenue le dernier rempart de la virilité des hommes politiques qui nous gouvernent. Une véritable gifle magistrale cinglante à toute la gente féminine.

Savent-ils qu’ils transmettent la vie, mais qu’ils ne la portent pas, et que pendant qu’ils se bombent le torse pour se nourrir d’un pouvoir illusoire en tentant de nous restaurer dans nos droits et que nous restons silencieuses, nous restons, nous, femmes, génitrices et mères en même temps tandis qu’il faut cependant tout un rituel pour qu’un homme devienne père, un rôle social dont ils se vantent très souvent et qu’ils sont parfois incapables d’accomplir dans ses moindres tâches ?

Savez-vous que leurs qualités à eux s’illustrent à travers le courage, la force, l’indépendance, le droit de choisir, et de…nous choisir et que même quand ils s’effondrent, ils doivent couvrir leurs faiblesses et leur affectivité d’une croute d’endurance et de raison pour rester de soient disant grands hommes ?

Savez-vous que nous avons longtemps été rejetées de tout rôle et de toute responsabilité extérieurs et jusque-là jugées uniquement sur nos rondeurs, nos maigreurs, nos aigreurs, notre soumission, notre docilité, notre affectivité et notre disponibilité à leur égard ?

Savez-vous que si nous sommes aussi excisées et mutilées à travers le monde à cet endroit précis, lieu de la conception et de la reproduction où ils ont sciemment choisi de transférer et de marquer la domination des rapport sociaux, c’est parce qu’ils ont réussi à légitimer leur projet politique mâle, destiné uniquement à nous contrôler et à nous contenir, et que ce qu’on nous ampute de l’intérieur, la circoncision l’extériorise et le valorise encore plus chez eux, même si notre corps, longtemps incompris, restera toujours un mystère pour eux ?

Femmes ! Avez-vous vu comment Macky SALL a osé se servir des nôtres et organiser son xawaaré dans notre Palais, transformé, le temps d’un après midi, en un terrain propice à l’éclosion de l’infériorité féminine, de la frustration, et de l’impuissance des larmes de braves dames qui se sont tant battues pour défendre et rétablir les droits de la femme sénégalaise, alors que Marème FAYE-SALL porte la culotte au Palais, et règne impérialement sur Macky et le reste Sénégal ?

Macky SALL avait-il besoin de toute cette séduction médiatique surhumaine pour s’adapter à une situation politique chaotique, pour « Service rendu aux Femmes », alors que nous rions sous cape, conscientes que la supposée infériorité féminine est un état d’esprit ridicule même si elle est fortement ancrée dans les têtes?

Savez-vous que nous venons toutes d’assister là à une attaque politique mâle à la dignité et à la vitalité féminine et qu’avec de telles manipulations politiques, notre culture sociale et politique va continuer à récolter et à nourrir, encore et encore, ce sentiment de surpuissance des hommes politiques qui nous gouvernent ?

N’est-ce pas que quand nos hommes politiques deviennent petits, tout petits, nous restons, nous Femmes, Grandes, toutes Grandes… ?

Madame Helene Della CHAUPIN

djiwoba@yahoo.fr

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