FILIGRANE – Un boulet pour Condé

Président Alpha Condé
Président Alpha Condé
Président Alpha Condé

L’apprentissage de la démocratie par la Guinée est loin d’être une mince affaire. En témoignent les accusations et contre-accusations de fraude entre le camp du pouvoir et l’Opposition. Et hier, le constat fait par la communauté internationale a fini d’illustrer que le pouvoir du Président Alpha Condé devra encore attendre pour être à la page des démocraties modernes.

Rien ne pressait en Guinée pour que ces élections législatives soient organisées coûte que coûte quelques semaines après leur report. Le constat fait par la communauté internationale remet en cause la crédibilité et la sincérité des Législatives en Guinée.

Ce qui risque d’être un boulet que va traîner le Président Alpha Condé et qui pourrait desservir la Guinée dans ses rapports avec ses partenaires économiques, qui sont très regardants sur les questions de transparence des élections et autres critères relatifs à la bonne gouvernance, au respect des droits de l’Homme, etc. Tout comme son opposition en fera une arme de lutte pour de futures conquêtes démocratiques.

Toute la classe politique guinéenne doit être condamnée pour ce choix précipité aux conséquences qui pourraient être fâcheuses demain, vu la tournure prise par le processus électoral qui en serait presqu’à sa fin avec la publication des résultats dont la longue attente et les soupçons de fraudes qui l’ont accompagnée ont fini de pousser l’opposition à bouder la table de décompte. Et menacer de manifester dans la rue.

Le Président Alpha Condé doit apprendre à cultiver le dialogue avec son opposition, au lieu de lui opposer la froideur ou le mépris devant certaines situations de tension qui ne mènent pas le pays vers des lendemains enchanteurs.

«Je ne suis ni impressionné, ni gêné. Je ne fais pas attention à toutes ces histoires-là. Ceux qui pensent déstabiliser la Guinée se trompent. La Guinée ne sera pas déstabilisée.» Une telle posture n’est pas la meilleure à adopter par un chef d’Etat face à des accusations de fraude provenant d’acteurs du jeu politique appartenant au camp d’en face. Alpha Condé devait plutôt inviter ses adversaires à faire confiance aux arbitres des élections – Ceni en amont et Cour suprême en aval – dès l’instant qu’ils avaient accepté les règles du jeu.

mdiatta@lequotidien.sn

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