«Fœtus», «transgenre»… Donald Trump interdit à l’agence de santé d’utiliser certains mots

Le président américain Donald Trump. — SAUL LOEB

La liste est composée de sept mots. L’Agence de santé américaine qui regroupe les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a reçu jeudi une liste de mots ou expressions qu’il sera désormais interdit d’utiliser dans les documents officiels dans le cadre de l’élaboration du budget pour 2019.

« Fœtus », « transgenre », « diversité », « vulnérable », « prestation sociale », « fondé sur des données concrètes » et « fondé sur la science » sont dorénavant bannis par l’administration Trump, a révélé ce vendredi le Washington Post.Also ridiculous: banning “transgender,” “fetus,” “diversity,” etc. Anyone will tell you that banning something doesn’t negate its existence.
In fact, I am now committed to using all of these words more.

— Jess Phoenix (@jessphoenix2018) December 16, 2017

Une autre agence aurait reçu pour instruction d’écrire « Obamacare » et non pas « Affordable Care Act » pour désigner la réforme instaurée par l’ancien président Barack Obama pour généraliser l’assurance maladie.

Etats-Unis: La réforme du système de santé à nouveau torpillée par des républicains

ETATS-UNIS L’examen de cette réforme, promise depuis sept ans par les républicains et par Donald Trump durant sa campagne électorale, avait déjà été repoussé deux fois…

Une manifestation pour sauver la réforme de la santé «Obamacare», en mars 2017. — Reed Saxon/AP/SIPA

La réforme du système de santé américain ne pète décidément pas la forme. Après de multiples blocages et reports, la loi, qui devait être l’un des premiers grands textes du début du mandat de Donald Trump, a été de facto coulée lundi par des sénateurs républicains opposés au plan dans sa forme actuelle, marquant un nouvel échec pour le président américain.

L’examen de cette réforme, promise depuis sept ans par les républicains et par Donald Trump durant sa campagne électorale, avait déjà été repoussé deux fois, en juin puis cette semaine en raison de l’absence du sénateur John McCain, au repos chez lui après une intervention chirurgicale. Lundi soir, deux sénateurs ont donné le coup de grâce en annonçant qu’ils voteraient contre la énième mouture élaborée par les chefs de la majorité, qui ont tenté en vain de concilier ses factions conservatrices et modérées.

Donald Trump « très fâché »

Pour passer, le texte a besoin de 50 voix, sur 100 sénateurs. Le Sénat compte 52 républicains, mais quatre d’entre eux au total ont maintenant déclaré leur opposition. Même avec la voix de John McCain, le compte n’y est donc plus. On ignorait lundi si le chef de la majorité, Mitch McConnell, jetterait l’éponge ou s’il retenterait de sauver la réforme. Mais Donald Trump, qui n’a inscrit aucune grande loi à son bilan depuis janvier, avait prévenu : en cas d’échec, « j’en serais très fâché, et beaucoup de gens seraient en colère », avait-il averti mercredi dernier.

Les républicains avaient pourtant réduit leurs ambitions. Ils avaient abandonné tout projet d’abroger totalement « Obamacare », la loi sur la couverture-maladie emblématique de la présidence de Barack Obama, qui a permis de réduire à un niveau historiquement bas le nombre d’Américains vivant sans assurance santé.

Leur projet visait en pratique à abroger certains éléments de la loi de 2010, comme l’obligation individuelle de s’assurer, tout en conservant d’autres aspects populaires, notamment des aides individuelles, certes réduites, aux ménages les plus modestes.

« Impossible à mettre en œuvre »

Ce grand écart, in fine, n’a satisfait personne. Les conservateurs dénonçaient un « Obamacare light », tandis que les républicains modérés, inquiets de l’impact potentiel de la loi dans leurs Etats, refusaient de couper l’herbe sous le pied de leurs populations les plus vulnérables.

« Nous devons repartir à zéro avec un processus législatif ouvert », a déclaré lundi l’un des frondeurs, Jerry Moran, sénateur du Kansas. « Outre le fait qu’elle n’abroge pas la totalité des impôts d’Obamacare, (la proposition de loi) ne va pas assez loin pour baisser les prix des assurances pour la classe moyenne », a déclaré Mike Lee, ultra-conservateur de l’Utah, se joignant ainsi au conservateur libertaire Rand Paul et à la modérée Susan Collins.

« Ce second échec de Trumpcare est la preuve que le cœur de cette loi est impossible à mettre en œuvre », a déclaré Chuck Schumer, chef de file des sénateurs démocrates. « Au lieu de reprendre le même processus partisan, les républicains doivent repartir à zéro et s’entendre avec les démocrates ». L’opinion américaine, de son côté, a changé sur la loi démocrate depuis 2010 : selon un sondage du Washington Post, la moitié des Américains préfèrent Obamacare au projet républicain, qui n’a les faveurs que de 24 % des personnes interrogées.

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Après sa «parenthèse enchantée» à Paris, Trump replonge dans les difficultés à Washington

ETATS-UNIS Entre l’épineux dossier russe et la réforme ardue du système de santé, le président américain préfère s’attarder à l’US Open de golf…

Donald Trump et Emmanuel Macron lors de la parade militaire sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 2017. — PDN/SIPA

  • Trump, invité d’honneur du défilé du 14 juillet, n’a pas boudé son plaisir à Paris
  • A Washington en revanche, le gendre du milliardaire est dans la tourmente des collusions supposées avec la Russie
  • La cote de popularité du président américain stagne à 39 %

Adieu flonflons, « bromance » avec Macron et dîner à la Tour Eiffel. Après deux jours de pompe et de faste à Paris, le président américain Donald Trump replonge ce week-end dans la réalité du tourbillon de l’affaire de l’ingérence russe qui empoisonne son mandat. Reçu jeudi et vendredi par son homologue français, invité d’honneur du défilé du 14 juillet, le président des Etats-Unis n’a pas boudé son plaisir en s’offrant trente heures de répit dans la « Ville Lumière », loin du « marais » de Washington.

« THANK YOU FRANCE », a tweeté le milliardaire, avec une vidéo un rien kitsch des meilleurs moments de sa visite en compagnie de son épouse Melania. « Ce fut un grand honneur de représenter les Etats-Unis à ce magnifique défilé (du 14 juillet). Félicitations au président @EmmanuelMacron ! », a écrit sur Twitter le locataire de la Maison Blanche, visiblement séduit par la solennité de la fête nationale française.

Le gendre du président dans la tourmente

Le Washington Post et le New York Times ont affiché en une de larges photos du défilé militaire sur les Champs-Elysées et de MM. Macron et Trump aux Invalides à Paris… Loin de la tempête qui souffle à Washington. Toute la semaine, c’est le fils aîné Trump, Donald Jr., qui a été propulsé en premier ligne du scandale des collusions supposées entre Moscou et l’équipe de son père. L’affaire, explosive, menace de happer à son tour le gendre du président, Jared Kushner, confident et conseiller de l’ombre à la Maison Blanche.

Dernier rebondissement en date, un lobbyiste russo-américain a confirmé vendredi à des médias américains avoir participé à une rencontre en juin 2016 entre Donald Trump Jr. et Jared Kushner avec une avocate russe qu’ils croyaient en possession d’informations compromettantes sur Hillary Clinton.

A la veille des grandes émissions du dimanche matin sur les télévisions américaines, où doit s’exprimer un avocat de Donald Trump, Jay Sekulow, le président a encore tweeté samedi que « la Bourse avait atteint un nouveau sommet hier (vendredi) malgré le canular russe ». Il a dans la foulée annoncé la nomination d’un ancien procureur fédéral au poste de conseiller juridique spécial à la Maison Blanche.

Escapade au golf et réforme de la santé dans le rough

L’homme d’affaires s’est offert aussi un bol d’air vendredi et samedi sur l’un de ses parcours de golf dans le New Jersey, coiffé de sa casquette rouge frappée de son slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique », pour assister, avec Melania Trump, à l’US Open de golf féminin.

En dépit de voix d’élus républicains inquiètes et critiques de l’impact politique potentiellement dévastateur de l’affaire russe, l’occupant de la Maison Blanche garde le soutien du gros des parlementaires majoritaires au Congrès.

L’une des priorités de Donald Trump est l’adoption d’une réforme du système de santé pour remplacer Obamacare. Dans son message hebdomadaire samedi, le président a réaffirmé que le Sénat « allait voter la semaine prochaine une législation pour sauver les Américains de la catastrophe Obamacare ». Mais ce projet républicain d’abrogation partielle de la loi démocrate de 2010 ne tient qu’à un fil au Sénat, où deux républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient non.

Quant à la popularité du président, elle stagne autour de 39 % d’opinions favorables. « Environ quatre Américains sur dix approuvent le travail de Donald Trump comme président », estiment des analyses de Gallup, relevant que « les chiffres n’ont pas évolué en quatre mois. »

20minutes.fr/monde

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