Football – Bénin: derrière la qualification, les scandales financiers et une gestion calamiteuse

Élu le 25 Août 2018 président de la fédération béninoise de football, Mathurin de Chacus a longtemps incarné l’espoir d’un renouveau du football béninois. Mais près de 10 mois après son élection, le bureau exécutif a lancé les différents championnats nationaux et a décroché une qualification pour la CAN2019. 

L’arbre qui cache la forêt

En réalité la reprise du championnat, la qualification de l’équipe nationale A pour la CAN2019 masquent les lacunes et la gestion catastrophique de cette fédération qui se réduit aujourd’hui à un trio sur 19 membres: le président de la FBF, son cousin secrétaire général, M. Paqui et M. Wahab, patron des finances de la fédération. Plusieurs aspects irritent les 16 autres membres de la fédération béninoise de football: la gestion financière opaque, les querelles publiques et humiliations récurrentes, sans oublier les recrutements intempestifs au sein de la fédération et une absence totale de gouvernance.

Les failles du système

Depuis son élection les divisions les plus importantes à la fédération se prennent à son domicile privé uniquement avec Messieurs Wahab et Paqui au grand dam des 16 autres membres de l’institution fédérale. Ces derniers ne sont jamais consultés pour les grandes décisions et n’apprennent que dans les médias sociaux les prises de décision du Trio infernal. 

Les 95 millions de la discorde

Dans la série de la dilapidation des ressources financières figure en bonne place l’achat pour 95 millions de Francs CFA d’équipements sportifs auprès de la marque MACRON. Une initiative strictement personnelle du fameux trio. Comment comprendre que malgré la mise sur pied d’une commission marketing ce dossier n’ait fait l’objet d’aucune discussion au préalable entre les membres du bureau exécutif. Selon nos sources crédibles, cet achat aurait été facilité par des proches et parents du premier responsable du football béninois. 95 millions pour acheter du matériel sportif alors que le pays s’est qualifié pour la CAN et pouvait trouver un sponsor est digne d’un amateurisme inqualifiable.

Le paiement des salaires et des prestataires

Dans la série de l’incompréhension et de la marque de fabrique de cette équipe fédérale se trouve le non paiement des salaires. A ce jour le cas le plus surréaliste et le plus édifiant reste le non-paiement des salaires des agents de la ligue professionnelle de football. Aucun agent travaillant dans cette ligue n’est payé depuis plusieurs mois. Idem pour les arbitres qui souffrent le martyr avant de toucher leurs primes. Le président de la ligue professionnelle, le Colonel Zomahoun, face au refus incompréhensible de la fédération de lui mettre à disposition le budget nécessaire pour son fonctionnement a dû avancer plus de 20millions de francs CFA de sa propre poche pour payer du matériel et équiper le siège de cette ligue professionnelle qui pourtant pour ce championnat a bénéficié de plus 700 millions de FCFA en subventions de tout genre. 

Plus incroyable, le siège de la fédération béninoise de football n’est même pas équipé en wifi à ce jour, le trio qui gère cette instance jugeant futile toute action de ce genre et pourtant il figure en bonne place dans la ligne budgétaire fixée par la FIFA. 

A cela il faudra ajouter des dossiers brûlants toujours en instance, le flou autour du contrat du sélectionneur adjoint des Ecureuils du Bénin, Moussa Latoundji, toujours sans contrat, 

l’amende de 20 millions de francs CFA infligés à Stephane Sessegnon par son club du fait de l’amateurisme des membres de la fédération, et les conditions catastrophiques dans lesquelles travaille le sélectionneur des béninois, Michel Dussuyer. 

Gestion hasardeuse et sans boussole

Le football béninois est très mal géré. Les promesses annoncées à grands coups d’actions médiatiques par Monsieur de Chacus n’ont pas porté leurs fruits. Le centre de missérété est toujours abandonné dans un état végétatif, il est devenu un champ de manioc aux dernières nouvelles, le championnat des jeunes, les formations des encadreurs et des arbitres, l’équipement des ligues régionales, la communication, la politique des centres de formation de jeunes talents, les infrastructures…bref rien jusque là n’a été fait en dehors des championnats et de la qualification à la CAN qui en réalité sont les résultats évidents de l’implication du ministre des sports dans la gestion de ces dossiers. Sans le ministre Oswald Homeky il n’y aurait certainement jamais eu de qualification ni de reprise du championnat. 

Du haut de sa richesse et son tempérament colérique, Mathurin de Chacus est peut-être l’homme de la situation mais sans une administration professionnelle et des cadres au sein de l’administration fédérale avec un cahier des charges clair, le championnat et les qualifications à la CAN ne seront que l’arbre qui cache la forêt. Le football béninois est malade, encore plus malade de ces dirigeants aujourd’hui. La crise latente pourrait exploser à tout moment tant les les frustrations et les humiliations récurrentes sont devenues la norme. Mais en filigrane certains membres se préparent déjà à une prochaine élection à la tête de la FBF en 2022… Wait and see !

Alexandre Houssinou

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