Foto:GROSSE MOBILISATION CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le collectif ’’Dafadoy’’ (ça suffit) contre les violences faites aux femmes et aux enfants exige « l’application ferme et rigoureuse de la loi pénale avec le maximum de la peine prévue contre les viols. En termes plus clairs, « que le viol, simple délit au Sénégal, soit criminalisé ». Le mémorandum dudit collectif signé par une quarantaine d’organisations dont l’Association des juristes du Sénégal (AJS), l’association des femmes syndicalistes, le collectif pour la protection de l’enfance, Hom Dedff (Homme pour la défense des droits des femmes et des filles), le réseau SiggilJiggen, Caucus des femmes leaders, etc.) a été remis à la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Awa Gueye, à la tête d’une délégation de femmes parlementaires, lors du sit-in tenu ce samedi, 25 mai, sur la place de la Nation (ex-Obélisque).

Jeunes activistes de la société civile, politiques, artistes, membres de la protection des droits humains, entre autres acteurs, se mobilisent pour alerter, en exprimant leur indignation et leur colère face à la série de violences qui frappe les femmes. Le mode fast-track (voie accélérée) est sollicité.

Appel à la dénonciation

Après la série de rapts d’enfants, place aux meurtres des femmes. Les acteurs ont répertoriés 14 cas en 1 an et 4 dernièrement dont les actes barbares perpétrés sur Coumba Yade à Thiès et Bineta Camara à Tambacounda. « Ça suffit », décrètent les femmes.

La toute nouvelle présidente de l’AJS, depuis samedi dernier, l’ex-commissaire Abby Diallo, qui exprime son « désarroi » et sa « désapprobation », appelle à « renforcer la lutte contre ces actes. « L’AJS, martèle-t-elle, avec elle toutes les organisations de femmes qui luttent contre les violences basées sur le genre, ne se démobilise pas. Elle a toujours lutté, et aujourd’hui, je voudrais lancer un message court. Au-delà de cette mobilisation ponctuelle liée au décès tragique de Bineta Camara, il y en a eu d’autres. Hier, j’ai lu un autre viol dans la région de Louga, une fillette de 8 ans violée par un gaillard de 30 ans. Il faut que la vigilance demeure, que les populations apprennent la dénonciation.

C’est l’autoprotection. Le cas de Bineta Camara est assez évocateur, un élément de l’entourage immédiat de la famille qui peut commettre cet acte horrible. Il faut que les voisins et les familles acceptent d’être vigilants et de dénoncer les faits suspects. La prévention d’abord, c’est la sensibilisation à travers toutes les couches, l’école, les sociétés, les associations. Ne jamais baisser la garde pour la mise en garde. Il vaut mieux prévenir que guérir. Maintenir la vigilance auprès de toutes les personnes vulnérables, nos petites-filles, nos filles, les femmes. Les femmes sont violées de 7 à 77 ans. »

Retour de la peine de mort

Dépitée, Soham El Wardini, le maire de Dakar, se désole que « des femmes soient brutalisées et tuées, tous les jours » pour on ne sait quelle raison. « Nous devons vraiment être debout pour arrêter ce phénomène. Ces gens qui font ces horreurs doivent être punis et sévèrement punis. Il n’est pas question qu’on les laisse faire des choses comme ça et ne pas les punir sévèrement. » Poursuivant, elle ajoute que « même la peine de mort ne saurait corriger ces horreurs. Ce sont des jeunes filles, des femmes et des pères de famille qui sont tués à longueur de journée dans notre pays. Qu’est-ce qui nous arrive ? Nous devons nous poser des questions. »

A la place du retour agité de la peine capitale, Fatoumata Gueye Ndiaye, la présidente sortante de l’AJS, prône la mise en place de police communale. « Nous ne sommes pas pour la peine de mort, nous croyons que ce n’est pas la solution. Il y a d’autres solutions. Il faut mettre l’accent sur la sécurité de proximité. L’Etat avait déjà engagé une réforme avec des polices qui sont à l’intérieur des localités, des quartiers. Je crois qu’il faut continuer cela, il faut revoir comment faire de sorte qu’on fasse revenir la police municipale qui sera le bras armé des communes avec le maire à la tête de cette police. »

Au-delà, la juriste espère « un déclic pour que les autorités soient beaucoup plus attentives à la protection des filles et des femmes, pour voir d’autres mesures nouvelles, innovantes qui puissent quand même permettre aux femmes et aux filles d’être en sécurité partout où elles sont. »

Dénonçant « une atteinte aux droits les plus élémentaires de la femme », Amsatou Sow Sidibé, ancienne candidate à l’élection présidentielle, interpelle « l’Etat » garant « de la protection des personnes » et la société, en insistant sur l’éducation « dans le sens du respect d’autrui, spécialement du respect vis-à-vis des filles et des femmes. C’est important. » Elle déplore également « la déperdition des valeurs » qui, selon elle, « doit être réglée. »

« Le but, ce n’est pas de faire la guerre aux hommes », précise l’artiste-chanteuse, Aby Ndour. Mais, explique-t-elle, « de trouver des solutions. »

La famille de feue Bineta Camara était représentée à la manifestation. Au nom de celle-ci, Samba Kandji, beau-frère de la victime, remercie l’assistance pour leur « mobilisation ». Avant d’appeler à la « mutualisation » des forces autour des autorités publiques pour « combattre cette violence. »

La vice-présidente de la représentation nationale, Awa Gueye, s’engage auprès de ses autres collègues députées : « Dès lundi, vous allez entendre la voix des femmes parlementaires pour que le viol soit criminalisé une bonne fois pour toute. A l’Assemblée nationale, nous allons porter le combat pour qu’on aille vers la criminalisation du viol parce que ça suffit, nous disons plus jamais ça. »

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