FOUNDIOUGNE-ABDOU LATIF COULIBALY SUR LES DEGATS CAUSES PAR LES INONDATIONS « La situation est très grave »

Le Ministre de la bonne gouvernance, chargé des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, en visite dans les zones sinistrés du département de Foundiougne, a qualifié la «situation causée par les pluies diluviennes très grave au regard de l’ampleur du sinistre et des dégâts enregistrés». Des averses se sont abattues le 30 août dernier dans le département et ont causé de nombreux dégâts.ministre_abl_coulibaly

Le Ministre de la Bonne gouvernance, chargé des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, s’est rendu les jeudi, vendredi et samedi derniers, dans les zones sinistrées du département de Foundiougne. Il a visité plusieurs localités, parfois sous la pluie : «Partout, c’est la désolation. Le spectacle est parfois incroyable», confie le Ministre Abdou Latif Coulibaly.

A Mbam, le ministre a constaté de visu l’ampleur du désastre : «Dans ce village (Ndlr, situé dans la communauté rural de Djilor Saloum) les eaux ceinturent totalement cette localité où 85 concessions et cases se sont écroulées», a-t-il révélé, au terme de sa tournée dans le département, le vendredi 6 septembre.

Les populations à Mbam dénoncent la non construction du pont d’évacuation des eaux de pluie, situé à l’entrée du village. Un vieil homme de 72 ans déclare que depuis 56 ans, il n’y a jamais eu autant de précipitations enregistrées dans toute cette partie du pays. Plus d’un millier de cases sont aujourd’hui endommagées dans tout le département de Foundiougne.

Des ponts ont cédé

La situation de ce village a été aggravée  par la suppression du pont enjambant la route de Passy-Foundiougne : «Conséquence, les eaux qui s’écoulaient par devers ce pont viennent ceinturer le village de tous les côtés, les champs aux alentours sont également inondés», explique-t-il. Ces producteurs constatent que depuis les précipitations du Vendredi 30 Août dernier, les surfaces qu’ils viennent d’emblaver, il y a seulement quelques semaines, sont aujourd’hui remplies par le ruissellement ou les fortes précipitations qui se sont abattues dans la zone. Les populations signalent que l’eau reste sur les surfaces emblavées pendant plusieurs heures sans couler. Une situation qui, selon les paysans, risque de pourrir l’arachide ou les racines des végétaux. Les habitants craignent la rupture incessante des deux ponts situés à l’entrée des villages de Bandanare et Guaguey Cherif. Ici, on parle d’erreur d’ingénierie qui complique davantage le cas de ces villages, notamment celui de Mbam.

200 ha de riz et  mil menacés

Dans le « NDiombatto », cette partie de la région de Fatick ceinturant Toubacouta et ses environs, c’est la même situation qui s’est déclarée. Là aussi, les cultivateurs nous signalent l’engloutissement d’une superficie de 200 ha de riz et de Mil dans les eaux. Pour dire simplement que la pluie, qui s’est abattue il y a 72 h dans le département de Foundiougne, a accentué le nombre de dégâts enregistrés. «A Djilor Saloum, chef-lieu de communauté rurale et dans la commune de Passy, la situation est incroyable avec beaucoup de sinistrés.

A Toubacouta, c’est la désolation totale», confie M.Coulibaly, qui ajoute : «Dans le Niombato, un président de communauté rurale m’a raconté que le jeudi 5 septembre, à l’heure où ils ont fait les décomptes après de fortes pluies, pratiquement 200 hectares de terres cultivées sont sous les eaux, et ce, sans compter, les barrages hydro-agricoles qui ont cédé», explique l’émissaire du Premier ministre. De même qu’«A Touba Mouride (Sokone), les populations ne peuvent plus enterrer leurs morts dans leur cimetière. Une situation tragique».

Ces hydro-cureurs  qui risquent…

Dans les maisons comme dans les champs, on patauge, et il faut souvent un long détour pour se frayer un passage. A Passy, la présence d’une dizaine de camions hydro-cureurs risque de ne plus servir à grand- chose dans les heures qui viennent. Ces gros engins qui ont été convoyés pour pomper l’eau et ensuite la déverser dans un lieu ouvert à la sortie Est de la ville, sont bloqués, faute d’un autre lieu pour recueillir les eaux. Le bassin où les eaux sont déversées est rempli à ras bord.
A Nioro Alassane Tall, ce sont 178 cases qui sont tombées en ruine contre 968 cases  détruites par la pluie dans le village de Keur Samba Guèye.

A Toubacouta aussi…

A Toubacouta où l’émissaire du Premier ministre s’est rendu, le samedi 7 septembre, avec sa délégation, une réunion d’évaluation a été organisée, regroupant le Président de la Communauté rurale et une cinquantaine de chefs de village. Le bilan se passe de commentaire : des cases et des concessions sont englouties par les eaux dans les villages de Soukouta, Saroudia, Néma Nding, Néma Ba. Le recensement fait en présence du sous-préfet, montre que les champs ne sont pas tellement touchés ; ceux (champs) qui sont sous les eaux, sont en train progressivement d’être libérés.

69 villages menacés à Nioro Alassane Tall

Dans la communauté rurale de Nioro Alassane Tall, où 69 villages sont touchés, c’est le Président de la Communauté rurale qui accueille le Ministre et le sous-préfet. Ici, plus 300 ha de terres emblavées sont sous les eaux. Les débordements de la vallée de Diabang ont quasiment englouti toutes les cultures sur les rives, créant ainsi une sorte de mer intérieure entre les villages de Keur Malick Fady, Keur Mama Lamine, et Pakala. Pour relier ces trois villages à pieds (les véhicules ne pouvant y circuler), distants seulement de 2 km, il faut un détour de 10 km.
La piste de production qui relie Toubacouta à cette localité est dans un état désastreux.

Un poste de santé envahi par les eaux…

Même situation dans la communauté rurale de Keur Saloum Diané, où le poste de santé vient à peine d’être libéré des eaux. Des centaines de concessions et de terres de cultures sont inondées. A keur Samba Guèye, c’est le barrage hydraulique de Passy Ndinderlin, d’une valeur de 400 millions F Cfa qui a été détruit. Les mêmes eaux de pluies ont englouti 600 ha de riz ; 2678 cases écroulées. Les populations ont fait comprendre au ministre que c’est « un miracle qu’il n’y ait pas de mort », mais juste quelques blessés.

Le soutien du gouvernement

Quant au barrage de Madina Djicoye, il a cédé sous la pression des eaux. Un garçon d’une vingtaine d’années a été emporté, un autre s’est noyé à Keur Seyni Guèye. En guise de soutien, 10 tonnes de riz, 200 matelas, 2 tonnes de sucre ont été distribuées par le ministre aux populations les plus sinistrées.

Les enseignements

Prenant la mesure de l’ampleur de la situation, le ministre Abdou Latif Coulibaly de tirer cette conclusion : «Compte tenu de tous ces facteurs, nous estimons que la situation est assez grave dans cette partie du pays. Nous estimons que le  fonds de calamités nationales doit être activé pour venir en aide aux paysans qui ont perdu leurs récoltes», dit-il, ajoutant qu’il faut «mettre en place des mécanismes d’assurance, parce que ce qui se passe ici est extraordinaire. Et il faut le voir pour saisir la gravité du problème».
Toutefois, l’émissaire du Premier ministre soutient que la résolution des problèmes des inondations, dans le moyen et long terme, «doit être globale.»

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