Fraîchement élu, Tsipras réclame « une solution juste et viable » à la dette grecque

4564967_3_6e6f_le-premier-ministre-de-la-grece-alexis_7bcfd42a39508978377010e89d395629L’essentiel
Alexis Tsipras est devenu premier ministre de la Grèce à la suite de la victoire, dimanche, de la Syriza, parti de la gauche radicale, aux élections législatives.
Il devrait annoncer dans la journée des mesures concrètes anti-austérité.
Il rencontrera ces prochains jours des dignitaires de l’Union européenne pour parler de la dette grecque.

Quelques jours après son triomphe aux élections législatives en Grèce, Alexis Tsipras, nouveau premier ministre, inaugurait mercredi 28 janvier son tout premier conseil des ministres. Dans son discours d’ouverture, il a officiellement réaffirmé sa volonté de « négocier un allégement de dette », souhaitant trouver « une solution juste, viable et mutuellement utile » avec les créanciers de la Grèce.

Le montant de la dette s’élève à 175 % du produit intérieur brut (PIB), soit près de 300 milliards d’euros. Les créanciers, plutôt qu’un allégement, envisagent de leur côté de discuter d’un rééchelonnement.

Appelant son gouvernement à ne pas décevoir les attentes des électeurs « qui nous ont confié un mandat », M. Tsipras a souligné que le peuple grec voulait des « changements radicaux » :

« Nous n’entrerons pas dans un affrontement mutuellement destructeur, mais nous ne poursuivrons pas une politique de soumission. »
Le premier ministre a souligné que la lutte contre le chômage, qui touche 25 % de la population active, sera la priorité de son action.

DES ANNONCES ATTENDUES

A peine constitué, le gouvernement antiaustérité doit énoncer dans la journée les premières mesures qu’il prendra, à la fois pour améliorer le quotidien des Grecs et pour renégocier la dette du pays.

Première mesure annoncée par Théodoros Dritsas, ministre adjoint de la marine marchande, au sortir du conseil des ministres : l’arrêt de « la privatisation du port du Pirée et celui de Thessalonique ». M. Tsipras pourrait annoncer une réduction d’autres privatisations en cours et des mesures concrètes pour améliorer le bien-être des Grecs, épuisés par six ans de récession et de restrictions.

Le gouvernement a par exemple l’intention de faire adopter très vite une loi rehaussant de 580 euros à 751 euros le salaire minimal.

MOMENT ESSENTIEL

Les mesures envisagées s’éloignent des préconisations des créanciers du pays. L’Europe est donc dans l’attente des premières déclarations économiques du gouvernement, avant les premières visites de dignitaires de l’Union européenne programmées à Athènes. Jeudi, le président du Parlement européen, Martin Schulz, se rendra en Grèce, avant la visite vendredi de celui de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Le ministre allemand de l’économie Sigmar Gabriel a lancé une pique mercredi après le discours d’Alexis Tsipras, demandant à la Grèce de se montrer, elle aussi, « juste » envers les Allemands et Européens, qui ont été « solidaires » des Grecs avec les aides consenties depuis 2010. La France, de son côté, a invité Alexis Tsipras à Paris avant le prochain Conseil européen, prévu le 12 février.

Les annonces du gouvernement grec sont faites à un moment essentiel, l’Union européenne ayant prévu de verser à la Grèce à la fin fr février les 7 derniers milliards prévus par son plan d’aide, mais à la condition expresse que les réformes en cours aient abouti et que la Grèce observe un strict régime budgétaire. L’indice général de la Bourse d’Athènes (Athex) a chuté de plus de 6 % alors que se déroulait ce premier conseil des ministres.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

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