France : Le curieux financement de l’orchestre de Madame Valls..

Valls-et-anne-gravoinTout le monde sait qu’un orchestre, à de rares exceptions, est déficitaire, surtout quand il veut se donner des airs de philanthropie universaliste.

Alors, QUI finance ?

La vraie question concernant l’orchestre appelé “Alma Chamber Orchestra” qui s’est déjà produit au Maghreb, en Afrique du Sud, au Moyen-Orient, à la Philarmonie de Paris et dont Anne Gravoin ‘Madame Valls) est premier violon et directrice artistique, c’est “qui paie” ?

Plusieurs possibilités apparaissent au résultat de toutes les enquêtes qui ont été (gentiment) menées (Le Point, L’obs, Mediapart, VA…).

 •Soit Manuel Valls se sert de sa position et de son carnet d’adresse pour remplir les salles et trouver de “gentils organisateurs de spectacle”, ce qui serait péché véniel,

•Soit Manuel Valls
ferait bénéficier de fonds public l’orchestre “Alma”, ce qui ne nous étonnerait pas outre mesure lorsqu’on se remémore l’affaire de l’avion utilisé pour aller voir un match de foot

•Soit de “méchants trafiquants”
paieraient pour le fonctionnement de l’orchestre de Madame afin d’obtenir des faveurs de Monsieur, pratique courante en ces milieux.

•Soit…. un peu des trois !

Manu pistonne-t-il l’orchestre de sa femme ?

La présence d’Anne Gravoin semble être une réelle opportunité de remplir les salles. « Quand l’épouse du Premier ministre se produit à l’étranger, même à titre privé, les ambassadeurs ne restent pas les bras croisés » affirme l’Obs. Ainsi, la femme du Premier ministre est accueillie directement par la ministre de la Culture locale pour son concert à Alger ; au Qatar le ministre de la Culture est également présent au premier rang lors du concert ; à Tunis « c’est à elle que l’on remet un bouquet de fleurs, hommage d’ordinaire réservé au soliste ».

L’hebdomadaire sous-entend même que Manuel Valls serait parfois directement aux manettes. En 2014 il aurait ainsi convié tous les ministres à un concert Salle Pleyel. « Trois semaines avant, les réservations étaient à moitié vides et, après le remaniement, c’était complet » a confié un ancien ministre

Les activités d’Anne Gravoin jusqu’en 2014 étaient réalisées sous statut associatif. Son association a réalisé un transfert d’activité au profit de sa société anonyme créée un mois après l’installation de Manuel Valls à Matignon. Elle peut désormais faire des bénéfices et en profiter personnellement. Grâce aux subventions perçues du ministère de la Culture – Anne Gravoin emploie des intermittents du spectacle –, ou du ministère des Affaires Etrangères – AG Production, la sté de Anne Gravoin, a touché 140 000€ pour le concert de Durban – le premier exercice comptable devrait atteindre entre 500 000 et un million d’euros de chiffre d’affaires.

Une manne bienvenue, car le couple Valls-Gravoin vit grâce aux activités de la violoniste, le traitement du Premier ministre étant largement consacré à son ex-épouse et ses quatre enfants issus de cette première union. Notons tout de même que les comptes de cette société ne sont pas communiqués au greffe du Tribunal de Commerce (Quel manque de transparence !).

De “vilains trafiquants” se serviraient ils de l’ambitieuse Madame Valls ?

L’Obs, qui ne semble pas beaucoup l’aimer, dépeint Anne Gravoin comme une musicienne frustrée de n’être, à 50 ans, “que” la violoniste de Johnny Hallyday. Depuis 2013 et l’accession de son mari à Matignon, la voici à la tête d’un orchestre, l’Alma Chamber Orchestra, qui dit vouloir “diffuser un message de paix et de fraternité”.

Mais, comme nous l’avons déjà évoqué, un orchestre coûte cher, très cher. il suffit de voir la situation financière de la plupart d’entre eux, qu’il s’agisse de ceux de Radio France, dont un va bientôt disparaître ou de ceux de province… Les gentilles subventions et les coups de fil de Manu ne peuvent pas suffire. C’est ainsi qu’apparaissent, les uns après les autres, au fil des mois, de gentils mécènes qui prennent à leur charge les coûts de fonctionnement de l’Alma Chamber Orchestra.

Ces personnages se situent tous au carrefour de la politique, des affaires, de la diplomatie parallèle. On y trouve : un marchand d’armes proche du président congolais Denis Sassou-Nguesso ; un vieux routier de la Françafrique décoré en juin dernier des insignes d’officier de la Légion d’honneur par Manuel Valls en personne ; un raider boursier reconverti dans la vente de tenues militaires, plusieurs fois épinglé par la justice et l’Autorité des Marchés financiers, qui héberge les bureaux d’Anne Gravoin…

•Zouhir Boudemagh : il est le mécène à l’origine de l’Alma Chamber Orchestra, et aussi son président. Un mystérieux homme d’affaires d’origine algérienne, représentant en France du groupe Al Sayer, un conglomérat koweïtien. La légende veut que, dévasté par la mort de sa femme, il ait voulu créer un orchestre classique afin de lui rendre hommage. C’est par l’entremise de Mohamed Mestar, le producteur de Faudel et de Rachid Taha, qu’il fait la connaissance d’Anne Gravoin, à l’automne 2012.

•Jean-Yves Ollivier : Figure de la Françafrique, il est l’homme de confiance du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso. Sollicité par Zouhir Boudemagh, Jean-Yves Ollivier a aidé à l’organisation de la tournée de l’Alma Chamber Orchestra en Afrique du Sud, en avril 2015. Avec la Fondation Brazzaville, qu’il préside, il a aussi parrainé le concert de l’orchestre à la Philarmonie de Paris. Il a reçu les insignes d’officier de la Légion d’honneur des mains de Manuel Valls.

•Ivor Ichikowitz : président de Paramount, le plus important groupe d’armement en Afrique, ce richissime Sud-Africain est le principal fournisseur d’armes (blindés, avions de combat) de Denis Sassou-Nguesso. Sa Fondation Ichikowitz, partenaire de l’Alma Chamber Orchestra, a pris en charge la logistique et la promotion des concerts donnés à Johannesburg, à Durban et à Soweto.

•François Gontier :
PDG du conglomérat Eaux et Electricité de Madagascar (EEM), il sous-loue des bureaux, avenue Victor-Hugo à Paris, à la société d’Anne Gravoin, AG Productions. Président d’une entreprise qui fournit des tenues militaires aux armées africaines, il a été deux fois condamné par la justice et plusieurs fois poursuivi par l’Autorité des Marchés financiers. Il est aujourd’hui mis en examen pour “exercice illégal de la profession de banquier”.

Si tous ces personnages affirment ne s’intéresser à rien d’autre qu’à la musique et à sa diffusion, nous remarquerons que les orchestres symphoniques en difficulté financière en France sont nombreux (et certains d’une autre réputation et d’une autre qualité que celui de Madame Valls…) et qu’ils ont, comme par le plus grand des hasards, choisi d’aider…. l’Alma Chamber Orchestra !!!

Alors, qu’en conclure ?

Rien pour l’instant, si ce n’est que, comme toujours en France, l’opacité entretenue par le pouvoir politique et la complaisance de la justice (l’ouverture éventuelle d’une enquête étant, en droit français, du ressort d’un magistrat du parquet aux ordres de la Chancellerie) font que, probablement, nous ne saurons jamais l’exacte vérité de cette affaire.

Quelques “don Quichotte” ont lancé une pétition afin d’obtenir de la transparence dans cette affaire, voici leur lien, pour ceux qui croient encore à la force de la mobilisation….

Que cache l’entreprise de l’épouse du Premier ministre ?

Article paru sur “Tous Pourris ?”

: Afrique Monde

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