France : Primaire à gauche. Yannick Jadot menace Hollande d'un 21 avril bis

France_Les-ecolos01Yannick Jadot, invité ce jeudi matin sur France Info, a de nouveau défendu l’idée d’une primaire à gauche. Et de lancer cet avertissement à François Hollande : s’il n’y participe pas, les écologistes aligneront un candidat contre lui.

Retour à l’envoyeur. Depuis que Thomas Piketty, Yannick Jadot ou encore Daniel Cohn-Bendit ont signé l’appel dans Libération “Pour une primaire à gauche”, les différents courants de la gauche se sont lancés dans un grand jeu de la bombe. Le but : tout faire pour ne pas avoir le sujet dans les mains quand il explosera.

Car celui qui aura fait échouer la grande primaire sera accusé de la dispersion de la gauche au premier tour de la présidentielle. Ce jeudi c’est Yannick Jadot, député européen EELV, qui a renvoyé la balle dans les jardins de l’Elysée. Au micro de France Info, lui qui défend corps et âme cette primaire est passé à la menace : “Si elle ne marche pas (…) il y aura un candidat écologiste”. Autrement dit : si François Hollande ne s’y soumet pas, il sera responsable de sa propre chute en cas de 21 avril bis.

Et de marteler, afin que le message soit bien clair : “Ce ne sera pas de la responsablilité des écologistes si Hollande ne veut pas bouger”. Ou comment rebraquer les projecteurs sur le chef de l’Etat, qui tente lui-même de piéger la gauche de la gauche à son propre jeu. Flairant le mauvais plan de la primaire, il a en effet fait savoir par son entourage qu’il n’était pas contre l’idée… à condition que tout le monde s’y soumette.

Tout en sachant pertinemment que Jean-Luc Mélenchon se refusera totalement de se ranger derrière le candidat socialiste à la présidentielle si, comme c’est probable, il l’emporte Un argument que répète à qui veut l’entendre le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, devenu le porte-voix de l’Elysée : oui à une primaire des gauches mais de “Macron à Mélenchon”.

Mais est-il vraiment raisonnable d’imaginer un Hollande descendrant in fine dans l’arène ? Yannick Jadot retourne la question, faussement naïf : “On aurait un président de la République qui refuserait de débattre à quelques mois d’une élection qui l’obsède matin, midi et soir ?” Selon lui, impossible d’y échapper dans le mesure où “la moitié du PS a appelé à une primaire, le Parti communiste est d’accord, les écologistes sont d’accord”. Et pour le député européen, l’équation est très simple : si la gauche ne passe pas par la primaire, “aujourd’hui, en l’état, il n’y a pas la gauche au second tour à la présidentielle”.

Bruno Rieth

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*