France : Réponse à Nadine Morano sur la Gare du Nord en version africaine

Gare-du_Nord-AfricainLa gare du Nord, c’est l’Afrique !”. Nadine Morano n’en est pas revenue. Comme l’auteur de cet article, elle a passé une partie de son enfance dans le 10ème arrondissement de Paris. Revenue faire un tour du côté des deux gares et du pont de l’Aqueduc, elle s’est rendue compte du changement sociologique de la population locale, autrefois très provinciale, aujourd’hui ouverte sur la planète entière.

Il est vrai que le quidam qui débarque d’un train en provenance de Londres ou des Flandres sera très surpris par l’environnement de la plus grande gare parisienne par le trafic. Saleté, promiscuité, trafics de drogue devant la station RER Magenta, marginaux en tous genres démontrent une réalité digne d’un film d’anticipation des années 1970, du style 2019 après la chute de New York. On est loin de la capitale des arts, de la culture et de la musette.

N’en déplaise aux belles âmes et aux professionnels de l’indignation, Nadine Morano a raison sur un point ultra-connu. Les quartiers populaires se communautarisent et se ghettoisent. Cependant, il convient d’en rappeler les raisons…

La gare du Nord a bien changé en trente ans. Elle s’est agrandie, avec sa partie souterraine et son annexe Magenta (la ligne E du RER). La banlieue accède désormais très facilement à Paris. Une nouvelle station, dénommée Rosa Parks, dessert le quartier “difficile ” de la porte d’Aubervilliers et permet aux jeunes revendeurs de stupéfiants de faire des aller-retour avec le 10è arrondissement, d’où les problèmes à l’entrée du pont de l’Acqueduc…

Pour ce qui est des brasseries du quartier, il est devenu rare d’y croiser des cols blancs. Récemment, j’accompagnais un ami pour boire un café dans un troquet du coin, où effectivement les propos de Mme Morano se confirmaient. Simplement parce que l’endroit est le point de chute des jeunes désoeuvrés des cités de la proche couronne, qui descendent sur Panam pour tuer le temps.

Les classes moyennes ont quitté ce secteur du 10ème depuis quelques années. Flambée des prix de l’immobilier où “investisseurs” chinois, russes ou autres blanchissent leur argent, logements sociaux qui se dégradent avec l’islamisme radical en toile de fond (cité de la Grange aux belles…), bandes de jeunes qui se disputent les places et en prime, des clandestins afghans qui squattent les jardins publics, l’impossibilité de dormir la nuit vu le tapage permanent dans la rue etc. Tout cela explique la fuite des français moyens vers la grande couronne, voire la province. Des villes comme Château-Thierry (90 kms à l’est de Paris) et la Ferté Milon comptent un nombre conséquent d’ex-parisiens du quartier d’enfance de Nadine Morano.

Dans un contexte où les pouvoirs publics ne peuvent, ou ne veulent pas, faire respecter les lois de la république, alors seuls les plus pauvres, les plus fragiles et bien sûr les voyous fréquentent les lieux. Pas de secret. Le côté “africain” de la gare du nord, c’est son abandon et son décrochage, à l’image de nombreux quartiers de banlieue et de grandes villes de province.

Et les africains dans tout cela ? Comme les migrants afghans, beaucoup aspiraient à autre chose en arrivant en France, où on leur a fait miroiter une prospérité qui ne profite qu’à une minorité de la population. Nadine Morano ne tiendrait pas ses propos si, comme l’auteur, elle s’était promenée dimanche dernier place Maubert, dans le 5ème arrondissement, où aucune diversité n’était présente à la braderie de bouquins comme aux alentours. On ne cotoyait pas de dealers, et on pouvait y voir un Laurent Fabius acheter ses lectures, sa baguette de pain sous le bras. Tiers-mondisation des quartiers pauvres, élitisme des autres, toute la logique du tiers-monde dont nos décideurs sont responsables. Les riches ne s’occupent pas des affaires des gueux…

Donc, que voulait nous dire au juste Nadine Morano ? Qu’elle et ses amis se sont trompés ? Qu’ils s’excusent pour le triste état des quartiers populaires quarante ans après la mort du général de Gaulle ? Elle qui ne vit plus dans le 10ème, que propose-t-elle pour résoudre le problème du communautarisme ? A priori, pas grand-chose…

par Europa Terra Nostrum

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