France : Standard and Poor's donne un avertissement à la France

Standard_poor s01L’agence de notation a maintenu la note AA du pays mais a revu sa perspective de stable à négative.
L’agence de notation Standard and Poor’s a lancé un avertissement vendredi à la France, qui pourrait voir sa note baisser si elle ne lançait pas des réformes vigoureuses, ou si elle était prise dans la nasse de la déflation. S&P a révisé la perspective de la note de solvabilité à long terme de la France, «AA», à «négative» contre «stable».

L’agence est traditionnellement la plus sévère à l’égard de la France. Elle avait été la première à lui retirer la meilleure note, le fameux «triple A», en janvier 2012. Ses concurrentes Moody’s et Fitch accordent jusqu’ici encore la deuxième meilleure note possible à la qualité de la dette française, alors que S&P est déjà descendue au troisième cran. La «perspective négative» de S&P signifie que le pays a au moins une chance sur trois de voir sa note baisser au cours des 24 prochains mois.

Marie-France Raynaud, analyste principale de l’agence de notation pour la France, a détaillé à l’AFP les trois raisons ayant motivé cette décision. Elle a jugé «le déficit budgétaire plus dégradé» que prévu et estimé qu’il pourrait «se dégrader davantage», en raison de «marges de manoeuvre réduites sur les recettes».Raynaud a par ailleurs souligné que l’objectif de «stabilisation de la dette (était) repoussé».

Enfin, l’analyste a jugé qu’il y avait un «risque concernant la mise en oeuvre des réformes structurelles annoncées» par le gouvernement, censées relancer la croissance et assainir les finances publiques. «On manque d’antécédents solides en termes de mise en place de réformes en France», a-t-elle souligné, évoquant aussi de possibles résistances sociales. Raynaud a souligné que la faible inflation, un phénomène d’envergure européenne, était un «élément très important» dans la décision concernant la France, en raison de son rôle nocif pour les finances publiques.

S&P estime que les déficits budgétaire moyens pour la période 2014/2017 vont atteindre 4,1% du PIB, au lieu de 3,2% selon l’estimation fournie par l’agence en avril.

Le ministre des Finances Michel Sapin a relativisé, répétant dans un communiqué que la dette française restait «l’une des plus sûres du monde» et l’une de plus «liquides», c’est-à-dire offrant un marché vaste aux investisseurs, qui ne risquent pas de devoir conserver leurs titres faute de vendeurs, ou de ne pas pouvoir acheter quand ils le veulent. «La situation économique pèse sur nos équilibres budgétaires, mais le gouvernement a fait le choix de maintenir le cap. (…)

Nous poursuivrons les réformes nécessaires pour soutenir la croissance à moyen terme», a assuré Sapin, qui a toutefois aussi évoqué la dimension européenne du problème. «Dans une situation de reprise encore trop faible et d’inflation anormalement basse en zone euro, il convient que chaque pays prenne ses responsabilités et qu’une politique économique européenne coordonnée soit menée au service de la croissance», a-t-il dit.

Plusieurs mauvais indicateurs en zone euro

Depuis plusieurs semaines, l’accumulation de mauvais indicateurs a fait de la zone euro le principal point noir de l’économie mondiale. Ses piètres performances économiques occupent le devant de la scène actuellement lors des réunions des leaders économiques de la planète autour du FMI et de la Banque mondiale à Washington, avec une tension qui monte autour de l’Allemagne.

Le moteur économique de la zone euro a connu plusieurs ratés ces derniers jours, donnant des arguments à tous ceux qui estiment que Berlin devrait «prendre ses responsabilités» pour reprendre les termes de Sapin, c’est-à-dire en faire plus pour la croissance en zone euro, y compris pour son propre bien.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dû monter au créneau pour défendre l’intransigeance de Berlin: la croissance ne peut s’obtenir «en signant des chèques» et «il n’y a de toute façon pas grand-chose à tirer» en termes de croissance d’une hausse des dépenses publiques, a-t-il dit à Washington.

S&P pour sa part a aussi mis en avant le rôle de la Banque centrale européenne, en annonçant dans son communiqué sur la France que la note de cette dernière pourrait baisser si «les actions de politique monétaire au noveau de la zone euro échouaient à prévenir le risque d’une déflation».
AFP

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