François Bugingo, journaliste canadien suspendu pour de faux reportages

Capture-d’écran-2015-05-25-à-12.09.17François Bugingo, qui aurait inventé plusieurs sujets dans des zones de conflits depuis 20 ans, a été sanctionné et interdit de toutes ses collaborations à la télévision, à la radio et dans la presse écrite, ont indiqué les médias auxquels il collaborait.

Coup dur pour la profession. Le journaliste canadien François Bugingo, qui aurait inventé plusieurs reportages dans des zones de conflits depuis 20 ans, a été suspendu samedi de toutes ses collaborations à la télévision, à la radio et dans la presse écrite, ont indiqué les médias auxquels il collaborait.

Groupe Média, filiale de Québecor et qui possède le réseau de télévision TVA, a annoncé samedi la suspension de ce journaliste âgé de 41 ans et originaire du Congo. Dans son édition samedi, le journal La Presse (groupe Gesca) a publié une enquête détaillée sur des reportages en Libye, en Somalie ou en Bosnie que «le journaliste a inventé de toutes pièces». D’autres reportages sont également mis en doute dans cette enquête, qui s’appuie sur les témoignages de journalistes que François Bugingo assurait avoir rencontrés dans le cadre de ses reportages.

Selon La Presse, le journaliste aurait reconnu, dans un entretien récent, n’être jamais allé à Misrata en Libye, un des faux reportages incriminés. Dans un communiqué, la direction de TVA déclare que «les allégations envers un de ses collaborateurs, François Bugingo, sont importantes et prises au sérieux». En conséquence, «la collaboration avec M. Bugingo est donc suspendue jusqu’à ce que des vérifications soient faites», a indiqué TVA en précisant que le journaliste «n’est pas un employé de Groupe Média» mais simplement «un collaborateur».

La crédibilité de la profession de journaliste entachée

Plus tôt, le groupe Cogeco avait également suspendu François Bugingo. Ce dernier tenait une chronique de politique internationale sur la radio 98.5 qui a le plus fort taux d’écoute au Québec. Enfin, les deux journaux du groupe Québecor pour lesquels M. Bugingo était pigiste ou tenait un blog, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, l’ont aussi suspendu.

Le rédacteur en chef Dany Doucet a également estimé qu’en raison de «l’importance des allégations», la décision de suspendre M. Bugingo avait été prise «jusqu’à ce que la lumière soit faite sur toutes ses collaborations dans tous les médias où il a travaillé».

Samedi sur sa page Facebook, François Bugingo s’est dit «sidéré» par les révélations de La Presse, en se disant «désolé que (ses) employeurs actuels y soient mêlés malgré eux». Il a assuré délivrer une information «toujours vérifiée et solide». La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), dont le journaliste est membre, a jugé que les faits reprochés à M. Bugingo sont de nature à «entacher la crédibilité de la profession de journaliste»

«Compte tenu de la gravité et du caractère systémique des fautes reprochées», le conseil d’administration l’a invité «à s’expliquer», selon un communiqué de la FPJQ.

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