Frappes contre une base syrienne?: la Russie et la Syrie accusent Israël

La Russie et le régime syrien estiment que l’armée israélienne est responsable des frappes menées contre une base militaire tôt ce lundi matin. Elle affirme avoir identifié deux avions F-15 de l’armée israélienne. Cette dernière, contactée par l’AFP, a indiqué « décliner tout commentaire ».

Le bombardement de la base militaire du régime syrien T-4 entre Homs et Palmyre, perpétré tôt ce lundi, a été mené par des avions israéliens depuis l’espace aérien libanais, a affirmé l’armée russe.

« Deux avions F-15 de l’armée israélienne ont frappé l’aérodrome entre 03 h 25 et 03 h 53 heure de Moscou (01 h 25 et 01 h 53 heure française) à l’aide de huit missiles téléguidés depuis le territoire libanais, sans pénétrer dans l’espace aérien syrien », a affirmé le ministère russe de la Défense, cité par les agences russes.

Selon le ministère, cinq des huit missiles téléguidés ont été détruits par la défense antiaérienne syrienne, tandis que les trois restants ont frappé « la partie occidentale de l’aérodrome ». « Aucun conseiller russe présent en Syrie n’a été blessé » lors de cette attaque, précise-t-il.

Le régime syrien a accusé lui aussi Israël d’avoir mené cette frappe. « L’agression israélienne sur l’aéroport du T-4 a été menée par des avions F-15 qui ont lancé plusieurs missiles », selon une source militaire citée par l’agence officielle SANA. L’agence avait initialement pointée du doigt les États-Unis, avant de se rétracter.

L’armée israélienne « décline tout commentaire »
Au moins 14 combattants, dont des Iraniens, ont été tués dans cette frappe qui a visé tôt lundi l’aéroport militaire T-4, également connu sous le nom de Tiyas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Des forces russes, iraniennes, et du mouvement libanais du Hezbollah », alliés du régime de Bachar Al-Assad, sont stationnées sur la base T-4, située entre les villes de Homs et Palmyre, selon l’Observatoire qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie.

Alors qu’Israël a mené ces derniers mois plusieurs raids en Syrie contre les bases du régime et de ses alliés, l’armée israélienne contactée par l’AFP a « décliné tout commentaire » lundi.

Après le raid, la confusion a régné, alors que les États-Unis, mais aussi la France, avaient brandi la menace de frappes en Syrie après une attaque chimique présumée du régime samedi contre la ville rebelle de Douma près de Damas. Selon des secouristes, cette attaque aux « gaz toxiques » a fait des dizaines de morts.

Elle en outre provoqué un tollé international.

Après la frappe de lundi, le Pentagone a rapidement réagi en assurant que ses forces armées « ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie ». « Ce n’est pas nous », a de son côté déclaré le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.

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