FRAUDE AU PORT : Cinq Camions De Sucre Saisis

Alors qu’aucun n’importateur n’amène du sucre, le marché est inondé et la Css est incapable d’écouler sa production.

Une anomalie que justifiait une mafia bien organisée au port de Dakar. Laquelle usait de subterfuges, avec les importations destinées au Mali, pour envahir le marché, priver le Trésor public de recettes et mettre la sucrerie de Richard Toll mal en point, elle qui dit ne plus vendre 1 kg depuis bientôt six mois. Mais, la douane a découvert, samedi, 5 camions remplis de sucre sous douane, déjà vendus à des commerçants.

Le sucre attire les mouches, c’est connu. Mais au Sénégal, des «insectes» aussi ravageurs que cet animal sont en train de menacer sérieusement les recettes de l’Etat et de saler le miel de Jean Claude Mimran, propriétaire de la Compagnie sucrière du Sénégal (Css), seule industrie du pays dans ce secteur.

De sources dignes de foi, un sale trafic impliquant des chasseurs de trafiquants a été démantelé samedi dernier par la brigade des Douanes «Dakar extérieur». Et ce sont 5 camions remplis de sucre sous douane que les gabelous ont saisi à la sortie d’un entrepôt.

Le butin, ajoutent les sources de WalfQuotidien, était officiellement destiné au Mali. Mais, par des subterfuges, avec la complicité de la subdivision de la douane, ces «délinquants» s’étaient arrangés pour le déverser sur le Sénégal, en alimentant les importateurs qui n’ont pu passer commande depuis un certain temps.

Selon une source douanière, cette mafia a pu faire écouler, par ce trafic, «plus de 100 mille tonnes de sucre sur le marché local dans des conditions extrêmement ténébreuses». Elle renseigne, en outre, qu’un commerçant qui a passé une commande auprès d’un importateur de la place a été livré au niveau de la plateforme de stockage de la Sntt.

Ayant envoyé un camion sur place, indique notre source, ces agents ont constaté qu’au niveau de celle-ci, il n’y avait aucune forme de surveillance alors que ces magasins ne devraient être ouverts qu’entre l’entreprise et la douane, chacun détenant une clé pour que les gabelous soient au courant de tous les mouvements.

«On sortait un sucre sous douane, sans rien payer. Et personne n’y voyait quoique ce soit. La douane n’a vu que du feu», indique notre source. Qui annonce qu’alertée, la nouvelle administration de la Douane a fouillé, samedi, et a découvert le pot aux roses. Et selon des sources douanières, si on en est arrivé à démanteler ce «scandale du siècle à la douane», c’est parce que le nouveau directeur de la douane a osé mettre les pieds dans le plat pour mettre fin à ce trafic, «jadis connu de tous».

«Ce sont des choses pareilles qui ont valu à l’autre son limogeage. J’espère que le nouveau aura les coudées franches pour mettre un terme à ce business organisé», renchérit cette source.

Et d’ajouter : «Tout le monde sait que c’est le sucre malien qui est en train d’inonder le marché. A travers une société de transit, capable de commander des bateaux, ils importent du sucre en déclarant que c’est pour le Mali. Pour ce faire, ils n’ont pas besoin de Déclaration d’importation de produits alimentaire (Dipa).

Dès que ce sucre arrive, ils bénéficient de largesses au niveau du Port autonome de Dakar qui fait qu’on leur permet de l’enlever sans payer aucun droit et de le transférer dans leurs magasins extérieurs au port, une sorte d’entreprise fictive réputée être la continuation du port.

Tout le monde le savait mais personne ne dit rien parce que tout le monde y trouve son beurre». Ce, au détriment de l’Etat du Sénégal, puisque le Trésor public perd dans cette fraude plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa dans cette fraude. En effet, pendant que la Douane peine à atteindre ses objectifs de recettes, ce gros paquet d’argent va vers d’autres poches.

Joint par WalfQuotidien, Louis Lamotte, conseiller du Groupe Mimran, soutient que la sucrerie de Richard-Toll ne vend plus, si ce n’est à perte lors des grands évènements religieux.

«Depuis mi-juillet, la Css ne parvient pas à vendre sa production. On n’a vendu que lors du Grand Magal de Touba et lors du Gamou, avec des opérations promotions où on a cassé les prix de 20 mille francs. Nous l’avons juste fait pour ces grands évènements mais nous ne pouvons pas continuer à le faire. On ne vend plus un sac et le marché est toujours ravitaillé», dit-il.

Seyni DIOP

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