Gabon: difficiles équations pour Ali Bongo face à la grogne sociale

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba

Le Président gabonais Ali Bongo n’est pas sorti de l’auberge. Acculé de partout par l’opposition et la grogne sociale, Ali Bongo est parti pour passer une année 2015 plus compliquée que prévue surtout avec les développements du dossiers qu’il est convenu d’appeler «dossier Péan». Les bras de fer entre le gouvernement gabonais et l’opposition politique du pays continuent sur plusieurs points et d’aucuns souhaitent le départ d’Ali Bongo. Même son camp est divisé sur son avenir.

Au Gabon, la richesse du son sol et du sous-sol n’est pas équitablement répartie. Tout comme dans la plupart des pays africains, une minorité s’accapare des biens du pays au détriment de la très grande majorité qui croupit dans la misère. En effet, le Gabon est un petit pays de l’Afrique centrale dont plus d’un tiers de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté.

Arrivé au pouvoir suite à la mort de son père en 2009, Ali Bongo fait face à de multiples crises. Même les grands projets comme la construction d’infrastructures à l’instar des routes et des hôpitaux qu’il a lancée sont à la traîne, faute de financement. Les dettes au sommet de l’Etat gabonais sont inestimables et rejaillissent sur le fonctionnement des entreprises du pays.

Ainsi depuis quelques temps, on assiste à la multiplication des grèves et mouvements de protestation dans les secteurs de l’éducation, dans l’administration. Les Gabonais dénoncent le non-paiement des primes et les conditions précaires de travail.

Pendant ce temps, une grève dans le secteur pétrolier paralyse le pays depuis le 2 décembre, créant d’importantes pénuries à Libreville et à Port-Gentil alors que 60% du budget de l’Etat est assuré par l’exportation du pétrole dont le Gabon est le 5e producteur en Afrique subsaharienne. Le principal syndicat des employés du pétrole reste campé sur sa position et le gouvernement qui ne compte pas négocier a préféré importer du pétrole pour approvisionner les stations-services.

Et dans tout ça, le livre de Pierre Péan vient ajouter à la dose d’insomnie dont souffrait déjà Ali Bongo Ondimba et le met en difficultés dans la course à la présidentielle de 2016. On se rappelle que le journaliste écrivain accuse dans son livre intitulé «Nouvelle affaires africaines», le Président gabonais d’avoir falsifié son acte de naissance et ses diplômes.

Dans le livre, le journaliste français indique qu’Ali Bongo serait un enfant nigérian adopté à la fin des années 60, pendant la guerre du Biafra. Alors que la constitution exige que le président gabonais soit né au Gabon. Si les révélations sont vérifiées, Ali Bongo pourrait voir ainsi prendre fin ses privilèges à la tête de l’Etat gabonais.

L’opposition a saisi l’occasion et une plainte a été déposée par des opposants dont Jean Ping et Jean Eyéghé Ndong, ancien Premier ministre d’Omar Bongo. Le parquet de Libreville a rejeté la plainte et on assiste à des affrontements dans la capitale entre pouvoir et opposition au sujet d’Ali Bongo.

© OEIL D’AFRIQUE

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