GAMBIE- INVESTIGATIONS SUR LES MEURTRES ET LA TORTURE L’EQUIPE D’EXPERTS DE L’ONU ECOURTE SA MISSION

jammeh_gambieL’équipe d’experts des droits de l’homme de l’Onu a décidé de mettre fin à sa mission d’investigation sur les meurtres et la torture en Gambie. Christof Heyns et Juan Méndez, rapporteurs spéciaux des Nations Unies en mission d’enquête indépendante dans le pays du président Yahya AJJ Jammeh, ont été obligés de rebrousser chemin, empêchés de terminer leur travail. C’est ce qu’a annoncé un communiqué reçu hier, vendredi, à notre rédaction.

Les rapporteurs spéciaux des Nations Unies récemment envoyés en Gambie ont été obligés de faire demi-tour. Christof Heyns et Juan Méndez ont simplement été empêchés de terminer la mission qui leur a été assignée d’enquêter sur les cas de meurtres et de tortures en Gambie où ils s’étaient rendus en première visite pour faire l’état des lieux sur les droits de l’homme.
En effet, la source a signalé que quand le cas de la Gambie a été relaté dans la revue universelle périodique du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, il était question d’aider le pays du Président Jammeh à renouer le dialogue avec la communauté internationale. Un climat de confiance était donc nécessaire pour instaurer un dialogue fructueux sur les droits de l’homme. C’est ainsi que le gouvernement gambien lui-même avait autorisé cette mission en invitant les deux experts de l’Onu à venir y effectuer une visite conjointe (avec des mandataires du gouvernement) du 3 au 7 novembre 2014.
Malheureusement, « et en dépit d’un accord écrit acceptant les termes de référence des deux mandants, le gouvernement leur a refusé l’accès à certaines sections de la prison Mile 2 de Banjul par où ils ont commencé leur mission ». Selon la source, la partie gouvernementale a « offert à la place une visite guidée à des parties de la prison, leur faisant comprendre qu’ils ne seront en aucun cas autorisés à visiter l’aile secrète de la prison » où seraient détenus les prisonniers politiques ou militaires condamnés à mort.
« En raison du refus d’accès à l’aile de sécurité de la prison Mile 2 pour visiter les personnes condamnées à de longues peines, y compris à la peine de mort, nous avons conclu qu’il y a bien quelque chose d’important qu’on nous a caché. Cet incident nous a obligé à suspendre cette partie intégrante de la visite », a signalé Christof Heyns, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.
Obligés ainsi de suspendre les visites de tous les lieux de détention, « les deux experts ne sont pas en mesure d’évaluer de façon indépendante les conditions dans l’une des prisons ou commissariats de police, mais ils ont quand même réussi à rencontrer des gens qui ont été arrêtés ou qui ont eu à purger leur peine dans ces prisons», a ajouté la source.
«Tout au long de la visite, nous avons reçu de nombreux témoignages de gens qui ne veulent pas être identifiés par peur, soit pour leur propre sécurité ou celle de leurs familles, et nous avons donc demandé au gouvernement de réaffirmer son engagement à ne pas se livrer à des représailles», ont déclaré les experts qui ont tout de même tenu à signaler qu’ils vont continuer à collaborer avec le Gouvernement gambien et toutes les parties prenantes afin de recevoir plus d’informations et d’éclaircissements avant de présenter leurs rapports finaux respectifs au Conseil des droits de l’homme prévu en mars et juin 2015.

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