Gaz sarin en Syrie : Washington a des preuves

secrétaire d'État américain John Kerry“Des échantillons de cheveux et sanguins se sont révélés positifs à des traces de gaz sarin”, a déclaré sur NBC News le secrétaire d’État américain John Kerry.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a assuré dimanche que les États-Unis avaient reçu et analysé, indépendamment de l’ONU, des échantillons prouvant l’utilisation de gaz sarin dans l’attaque chimique du 21 août attribuée par Washington au régime Assad.

“Des échantillons de cheveux et sanguins se sont révélés positifs à des traces de gaz sarin”, a déclaré sur NBC News le secrétaire d’État, évoquant “un développement très important dont (ils ont) pris connaissance dans les dernières vingt-quatre heures, grâce à des échantillons des premiers secours dans l’est de Damas fournis aux États-Unis et qui ont désormais été testés”.

Ces échantillons proviennent du personnel des premiers secours sur le terrain, a précisé le département d’État. Évoquant la décision de Barack Obama de demander au Congrès son autorisation pour lancer des frappes sur la Syrie, le secrétaire d’État a assuré être confiant : “Je pense que le Congrès la votera.” Interrogé sur l’éventualité de voir Barack Obama passer outre si le vote du Congrès était négatif, John Kerry a déclaré : “Le président a l’autorité d’agir, mais le Congrès fera ce qu’il faut ici.”

“Nous savons d’où est venue cette attaque. Nous savons exactement où elle s’est produite. Nous savons exactement ce qui s’est passé après”, a-t-il également répété, autant d’éléments qui étaient déjà dans le rapport du renseignement américain rendu public jeudi. Le président américain Barack Obama a pris le monde par surprise samedi en annonçant sa décision de principe de frappes contre la Syrie, mais pas avant un feu vert du Congrès, écartant ainsi une action militaire à court terme.

“Le Congrès finira par se montrer à la hauteur”

“Je ne pense pas que mes anciens collègues du Sénat et de la Chambre refuseront de défendre nos intérêts, la crédibilité de notre pays, les normes relatives à l’application de l’interdiction de l’usage des armes chimiques, qui sont en place depuis 1925”, a dans la foulée assuré sur NBC dimanche John Kerry, qui a passé vingt-huit années au Sénat avant de prendre la tête de la diplomatie américaine.

“Puisqu’il ne s’agit pas d’une urgence (…), comme en Libye où les gens étaient sur le point d’être massacrés, puisque nous avons le droit de frapper à tout moment, si Assad était assez idiot pour lancer une nouvelle attaque, nous estimons qu’il est important d’obtenir l’engagement complet du peuple américain et du Congrès”, a-t-il aussi assuré sur la chaîne CNN.

Les élus eux-mêmes commençaient de leur côté à se positionner, alors que les débats débuteront mardi, avec une première audition au Sénat. “Je pense que le Congrès finira par se montrer à la hauteur”, a assuré sur CNN dimanche Mike Rogers, le républicain qui préside la commission du Renseignement de la Chambre des représentants. “C’est une question de sécurité nationale, ce n’est pas Barack Obama contre le Congrès.”

Les républicains partagés

Ses collègues sont loin d’être aussi catégoriques et demandent à être persuadés que le déclenchement de frappes permettra effectivement d’empêcher de futures utilisations d’armes chimiques, tout en évitant un embourbement américain. Dimanche après-midi, de hauts responsables devaient présenter les dernières informations sur la Syrie aux membres de la Chambre des représentants lors d’une réunion à huis clos au Capitole.

Le groupe républicain, qui est majoritaire à la Chambre des représentants, est partagé entre les interventionnistes, partisans d’une forte implication militaire américaine, et les conservateurs, réticents à une intervention où ils ne décèlent pas d’intérêt national vital.

La Chambre est habituellement hostile au président et hautement imprévisible, les dirigeants républicains ayant déjà subi dans le passé des rébellions internes de la part d’un groupe d’élus ultraconservateurs du Tea Party. Peter King, un républicain pourtant partisan d’une intervention, a prédit dimanche que le vote, s’il avait lieu aujourd’hui, serait probablement négatif à cause de l’opposition des “isolationnistes”, a-t-il dit sur Fox News.

C’est du “50/50”

Interrogé sur NBC, le sénateur républicain Rand Paul estimait quant à lui dimanche à “50/50” les chances de succès de la résolution à la Chambre, tandis qu’il prédisait un passage haut la main au Sénat.

Les démocrates ont la majorité dans la chambre haute, mais peu ont déjà officialisé leurs intentions. Dans tous les cas, ils auront besoin de l’appui de plusieurs républicains pour atteindre la majorité qualifiée requise (60 voix sur 100).

“Le président doit travailler avec assiduité, ainsi que son gouvernement, pour convaincre le Congrès mais aussi les Américains que c’est dans l’intérêt des États-Unis et pas seulement dans l’intérêt d’un autre pays”, a dit le sénateur démocrate Jack Reed sur Fox News.

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