Gestion des biens de Houphouët-Boigny : Georges Ouégnin entendu en mars par la police française

Georges OuégninLes limiers de la Brigade financière de Paris vont entendre en mars prochain l’ancien directeur du protocole de la Présidence ivoirienne, selon un site d’information ivoirien.
L’audition de l’ambassadeur Georges Ouegnin fait suite à une plainte contre X de Mme Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, veuve du défunt Président ivoirien. Réclamant ainsi sa part de l’héritage de son défunt époux, la veuve Boigny dit avoir été spoliée de sa part de l’héritage de son défunt époux par des personnes mandatées par les quatre enfants du «Vieux» issus de son premier mariage.

L’ambassadeur Georges Ouegnin, «inamovible et emblématique» directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny, premier Prési­dent de la Côte d’Ivoire, a été convoqué et sera entendu en mars prochain par la Brigade financière française dans le cadre de l’affaire de l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, d’après un site d’information ivoirien.

Le haut fonctionnaire ivoirien qui a servi successivement les quatre Présidents de la Côte d’Ivoire – Feu Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara – devait être entendu hier par les limiers de la Brigade financière de Paris, d’après La Lettre du Continent. 

Cette publication dans son édition de ce mercredi 11 février indique que Georges Ouegnin «devait en particulier s’expliquer sur les conditions l’ayant amené à entrer en possession d’œuvres d’art ayant jadis fait partie du patrimoine mobilier de l’hôtel Masseran». 

Cette convocation, annonce-t-on, ferait suite à une plainte contre X de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny. Cette dernière, qui est la veuve de feu Président Hou­phouët-Boigny, réclame ainsi sa part de l’héritage de son défunt époux. La veuve, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny a porté plainte contre X pour avoir été spoliée de sa part de l’héritage de son défunt époux par des personnes mandatées par les quatre enfants du «Vieux» issus de son premier mariage, informe-t-on encore.

Plusieurs soupçons pèsent sur l’ambassadeur Ouegnin
L’ambassadeur Georges Ouegnin est soupçonné d’avoir accaparé des biens de Félix Houphouët-Boigny après sa mort le 7 décembre 1993, note-t-on. L’ancien directeur du protocole de la Présidence ivoirienne «aurait usé de son influence pour prendre le contrôle de la Sci et de l’immeuble Aniaman».

Ladite société dont la création par le premier chef de l’Etat ivoirien remonte en 1978, lors de la création de la Banque africaine de développement (Bad), avait comme mission de construire de nouveaux immeubles. Ainsi, le père de l’indépendance ivoirienne, souligne-t-on, avait mandaté «son homme de confiance, Elias Charbine, pour mener à bien la construction et l’aménagement de bureaux et d’appartements pour les fonctionnaires de cette nouvelle organisation.

Le tout pour un montant de 1,3 milliard de francs Cfa». Autre suspicion qui frappe l’ambassadeur Ouegnin : avoir mis la main «de manière illégale sur l’immeuble Aniaman qu’il a loué, entre autres à la Bad avec qui il a eu un litige portant sur des travaux en 2010, ainsi que la société Sci».

En outre, Georges Ouegnin est aussi suspecté «d’avoir gardé des œuvres d’art ayant orné les murs de l’hôtel Masseran ainsi que sur les conditions de succession de cette propriété parisienne de son ex-patron».

Par ailleurs, La Lettre du Continent renseigne que Masseran, qui est un «hôtel particulier construit en 1787 par l’archi­tecte Alexandre-Théodore Bron­gniart» a fait l’objet d’une vente «dans les années 70 par son propriétaire de l’époque, le baron Elie de Rothschild», à Félix Houphouët-Boigny père de l’indépendance ivoirienne. Qui «en fera sa résidence dans la capitale française jusqu’à sa mort (le 7 décembre 1993)». 

Mamadou T. DIATTA

mdiatta@lequotidien.sn

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