GO- On a coupé le crack, comme on a pu

Dans cette triste affaire de flics mêlés à un trafic de drogue, ça sent le cafouillage à mille lieues. Surtout au sommet de l’Etat. Un Etat qui doit être fort embarrassé par la tournure des événements et la pression populaire. macky

D’une part, on nous fait savoir que par le biais des conclusions du rapport sur le trafic de drogue remis au président de la République, le commissaire Cheikh Sadibou Keïta a tout faux et qu’il va être poursuivi pour «insubordination, violation de l’obligation de réserve, offense au chef de l’Etat, insulte à des institutions de la République» et tutti quanti.

De l’autre, on fait vite de se débarrasser de son pote Abdoulaye Niang, à qui on ne reprocherait rien, mais à qui également, on permet de se «retirer en douceur» pour laver un honneur, qui ne serait pas sali.

Franchement, c’est à n’y rien comprendre, pour des esprits moyens comme les nôtres. Dans ce scandale qui n’a pour égale que la radiation précipitée des policiers en 1987 et ses fâcheuses conséquences. Soit, l’actuel patron de la police est blanc comme neige, et on lui permet de garder son poste et de vaquer tranquillement à ses occupations, même fumigènes.

Soit alors, il est complètement mouillé, comme l’en accuse son collègue Chico Takeï, et il doit répondre à la justice, au même titre que l’accusateur. C’est aussi simple que ça. Elémentaire même, aurait dit Wadson, notre ancien président spécialiste des aventures ambigües, qui aurait vite fait de solutionner un cas du genre.

Mais, vouloir ménager la chèvre et le chou, tout en se précipitant de répondre à une «demande sociale» trop médiatisée par la presse, comme viendrait de le faire le Président Macky Sall, conduit toujours à l’impasse. Un Etat doit être froid et capable de refuser de céder à la passion populaire. Actuellement traversée par une crise sans précédent, la police nationale a surtout besoin de réconciliation dans ses rangs pour démarrer une nouvelle campagne de regain de confiance.

Quand on sait qu’en grade, presque tous les commissaires ont le même, avec une fournée de divisionnaires prêts à tout pour une promotion, il semble que la présente affaire aurait pu être menée avec plus de circonspection et plus de doigté. Ne l’ayant pas compris, nos autorités ont fait dans la précipitation et risquent de le payer, dans les prochains jours.

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