Gros coup de filet de la DIC : 2 600 peaux d’animaux sauvages saisies

2 600 peaux d’animaux sauvages saisies

La Division des investigations criminelles (Dic), le ministère de l’Environnement et du Développement durable et le Projet Salf (Projet Sénégal application de la loi faunique) ont saisi 2 600 peaux et parties d’animaux sauvages. Les contrebandiers supposés seront jugés ce mercredi 12 novembre.

Le trafic de peaux d’espèces protégées ressurgit. Cette fois-ci, la réaction des Forces de sécurité contre ce fléau a permis de mettre la main sur cinq trafiquants. Ces derniers ont été arrêtés à la médina, le vendredi 31 octobre dernier, en possession de nombreuses peaux d’espèces protégées.

C’est du moins ce qu’indique un communiqué parvenu au journal Le Quotidien. Cette interpellation a été opérée par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic), les services du ministère de l’Environnement et du Développement durable et le Projet Salf (Projet Sénégal application de la loi faunique).

12 peaux de lion
Dans le même document, l’Ong Wara Conservation Project informe qu’«un camion a été nécessaire pour transporter les deux mille six cents (2 600) peaux et parties d’animaux de contrebande» que les trafiquants présumés «détenaient illégalement».

Cette opération qui a permis la saisie de 12 peaux de lion montre, d’après le communiqué, l’importance du commerce illicite de lion.

«Rien que la valeur des produits de lions et panthères saisis représente plus de 6 millions de francs Cfa, sans parler des milliers d’autres peaux d’une valeur inestimable», souligne le communiqué. Qui ajoute : «Le total des peaux saisies et autres dépouilles animales est de deux mille six cents trente quatre (2 634) provenant de lions, hyènes, panthères, singes, antilopes, pythons.»

Dans un contexte de lutte contre le virus Ebola, l’on note que «des têtes de chauve-souris ont également été saisies sur place». Suffisant alors pour alerter sur «un risque évident de santé publique».

Attirant l’attention de l’opinion sur la menace d’extinction des lions en Afrique, le communiqué indique que «l’enquête suggérait même qu’il y avait davantage de peaux en route pour ces dealers à Dakar», note encore le document. «(…) Des échantillons ont été prélevés sur les peaux de lion saisies afin que les analyses Adn permettent de mieux pouvoir cartographier le trafic organisé des lions en Afrique», informe encore le document.

«Les scientifiques estiment qu’il ne reste que 250 lions vivants dans la sous-région», annonce le communiqué. Pour l’Afrique, «la population se trouve à 4% de la population des années 1940 et le taux de déclin des populations de lions ne fait que s’accélérer. De nombreux pays, comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Gabon, n’ont déjà plus de lions, et le Nigeria, le Kenya et l’Uganda prédisent des extinctions locales dans les prochains dix ans», constate-t-on.

La chasse sportive, qui pourrait plus facilement être empêchée, demeure «significative pour la mortalité des lions». La preuve avec la structure du ministère sénégalais de l’Environnement, Cites, qui «liste un total de six mille six cent cinquante deux (6 652) trophées de lions exportés entre 2000 et 2009».

Sur un autre registre, le communiqué fait remarquer que «l’explosion du trafic d’ivoire porte atteinte à la stabilité et à la sécurité des Etats africains, car les braconniers et trafiquants ont une puissance de feu de plus en plus importante et parce que ce trafic est lié au terrorisme et finance les guerres dans certaines régions».

A l’image du Kenya où ce trafic est criminalisé – ici «le juge peut ainsi infliger la prison à vie pour trafic d’ivoire. Début 2014, 2 Chinois ont pris 15 ans ferme à Nairobi. En août, un autre a pris 77 ans de prison en Afrique du Sud pour les cornes de rhinocéros» – l’Ong Wara souhaite voir Sénégal «alourdir sa législation en la matière».

3 Nigériens parmi les trafiquants présumés
Par ailleurs, placés sous mandat de dépôt, les contrebandiers supposés ont vu leur procès renvoyé à ce mercredi 12 novembre prochain, après qu’ils ont comparu devant la barre le 7 novembre dernier. Parmi ces présumés trafiquants, trois qui sont de nationalité nigérienne – Yankhouba Cissé, Eliace Noma Cissé et Zachari Yaou Kallamou – «sont fichés comme faisant partie des plus grands trafiquants du Sénégal dans ce commerce spécialisé».

«Fichés comme faisant partie des plus grands trafiquants du Sénégal dans ce commerce spécialisé et bien connectés à l’international et très professionnels, ces trafiquants appartiennent à un réseau international avec des fournisseurs dans de nombreux pays. Installés à la Médina, à côté du stade Iba Mar Diop (Dakar), ils entretiennent un centre d’approvisionnement de peaux dans le trafic international de grande échelle. La bande fait de l’importation illicite depuis le Niger, la Guinée, le Mali, le Congo, le Kenya entre autres pays africains ; puis exporte au Liban et en Europe, vend aux étrangers à Dakar et fournit aussi les revendeurs locaux (…)», souligne-t-on encore.

  • Écrit par  Mamadou T. DIATTA

mdiatta@lequotidien.sn

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