Hausse sur les prix des denrées:Les ménagères grincent les dents

marché dakaroisLe mois béni du Ramadan est aussi celui pendant lequel les habitudes changent, tant sur le plan du port vestimentaire que sur le plan de l’alimentation. Seulement, si les jeûneurs jettent leur dévolu sur la victuaille pour mieux se nourrir après la rupture, il n’en demeure pas moins qu’ils rencontrent bien des difficultés dans leur acquisition. Les commerçants ont augmentés les prix des denrées et les ménagères grincent les dents.

Si le mois de Ramadan est un mois béni qui demande aux fidèles musulmans de faire du bien, cette recommandation ne semble pas faire changer certains commerçants qui, bien au contraire, espèrent y faire fortune. Pour eux donc tous les moyens sont bons.

Contrairement aux jeûneurs qui ne lésinent pas sur la dépense, dans le but de s’approvisionner convenablement en poulet de chair, en passant par le poisson et les légumes, pour faire face a ce long mois d’abstinence. Dommage pour eux, car bon nombre d’entres ces croyants trouveront sur leur chemin des commerçants «véreux ou sans scrupule» qui ont placé la barre très haut. Un petit tour au marché «Castor» nous a permis d’en savoir un peu plus.

Il est 15h. À peine arrivés sur les lieux qu’un groupe de jeunes se jette sur nous, avec force «Madame, portée, Mme portée on vous aide pour vos achats». Nous déclinons leur offre et poursuivons notre chemin à l’intérieur de ce marché très exigu. Ce qui rend d’ailleurs difficile notre progression.

Chose inhabituelle à pareille heure de la journée, mais qui se comprend aisément : nous sommes au 1er jour du mois de ramadan. Entre marchandages et autres, on ne s’entend presque pas. Heureusement que nous sommes parvenus à détourner une vendeuse de poissons du nom de Maïmouna qui affirme qu’il y a bel et bien augmentation des prix du poisson.

«Avant le mois de ramadan nous vendions nos poissons à 1500 franc le lot. Ce matin nous en somme à 2000 francs», dit-elle. Propos confirmés par sa voisine de table qui ajoute que si «la hausse est pratiquée, c’est parce que nous achetons le poisson très cher».

Même son de cloche chez ce vendeur de légumes. «Ici la hausse se fait beaucoup ressentir. Le kilo de la carotte est passé de 800 Fr à 1500 Fr, celui du navet de 500 à 700 Fr.

Le poivron également a subi la même hausse», renseigne notre interlocuteur. Fallou est un charcutier, mais ne tient pas le même discours. Devant son étal, il jure que le kilogramme de viande n’a pas été augmenté. «Pour le riz, l’huile et le sucre, les prix de ces produits sont homologués par l’Etat et ne doivent, en aucune manière, subir une hausse de la part des commerçants !» Indique-t-il.

Néanmoins, c’est le désarroi chez les ménagères qui se disent surprises de ces hausses. La dame Fama semble plus touchée. L’air grave, elle crie presque pour dire que «tout est cher dans ce marché ; on n’arrive même pas à avoir ce que l’on avait avant le ramadan. C’est très dur pour nous les pauvres. Et on ne sait vraiment plus à quel saint se vouer».

Ndèye Amama SY (stagiaire) http://www.lesoleil.sn

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