HENRY SAIVET, ATTAQUANT DES LIONS «Marquer notre empreinte»

Henry Saivet n’a pas mis du temps pour intégrer la tanière. Ces quelques minutes sur la pelouse face à la Zambie, le 14 août dernier, en match amical (1-1) ,à Paris, lui ont suffi, pour être dans le bain. Désormais, il dit n’avoir qu’une seule ambition : «marquer son empreinte» dans la sélection sénégalaise de football en imitant la génération de 2002. Ce qui passe d’abord par une qualification à la prochaine coupe du monde en 2014 au Brésil. Saivet et sa bande de copains disposent de 270 minutes pour atteindre le nirvana. Il s’est confié à l’Envoyé Spécial de Sud Quotidien hier, jeudi 5 septembre, au complexe Inès de Marrakech qui fait office de tanière.henri_salvet

Qu’est ce qui a été déterminant dans votre choix de jouer pour le Sénégal après une longue hésitation ?

Personnellement, j’avais envie de jouer pour le Sénégal. Mais il fallait vraiment prendre le temps de bien réfléchir parce que c’est un choix de carrière. On ne peut le faire à la légère. Donc, j’avais envie de réfléchir à tout ça avant de prendre la décision. Il fallait en parler aussi un peu à ma famille pour savoir ce qu’ils en passent.
Maintenant, ce qui a été déterminant, forcément, il y a le discours de l’entraîneur (Alain Giresse, Ndlr). Sans occulter celui de Lamine Sané avec qui je joue à Bordeaux. Il n’arrêtait pas de m’en parler. Mais j’avais envie de prendre mon temps pour mieux réfléchir.

Lamine Sané fait partie de ceux qui vous ont convaincu ?

Oui ! Il m’en a parlé depuis longtemps. Souleymane Diawara aussi a eu à m’approcher et à me parler de la sélection du Sénégal quand il était à Bordeaux. Le reste c’était juste une question de temps parce que je savais qu’un jour ou l’autre, j’irai jouer pour le Sénégal. Il fallait aussi régler quelques détails pour les papiers et tout, pour être opérationnel. Après, cela s’est fait naturellement.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre choix est plus dicté par une probable qualification du Sénégal à la coupe du monde qu’autre chose ?

(Il esquive la question). Ce n’est vraiment pas gagné d’avance. Mais nous allons faire le maximum possible pour y être. Il faut d’abord gagner ce match contre l’Ouganda. Ce qui va donner le ton sur la suite. A nous de faire ce qu’il faut pour nous mettre en confiance pour gagner ce match contre l’Ouganda. Ensuite, il y aura les barrages. Ça va vite. Il faut à ce niveau être costaud parce que c’est une qualification pour la coupe du monde.

Votre intégration, elle se passe comment ?

Elle se passe super bien. J’ai été vraiment bien accueilli par le reste du groupe. C’était aussi facile parce que nous étions cinq nouveaux joueurs. L’intégration se passe vraiment bien. Nous avons un groupe de qualité. Tout le monde est concerné par l’objectif.

Vous évoluez à un poste où le Sénégal est assez bien fourni. C’est-à-dire en attaque. Cette concurrence augmente-t-elle la pression ou c’est un avantage ?

Non, non, ce n’est pas une pression. C’est un cadeau. On est en train de vivre des choses que nous n’allons jamais revivre de notre vie peut-être. C’est une chance d’aller à la coupe du monde. Tout le monde a vu ce qui c’était passé en 2002. Nous avons tous envie de le revivre et de marquer notre empreinte avec l’équipe du Sénégal. Nous allons tout faire pour nous qualifier. Nous sommes tous concentrés, tous concernés. On ne se pose même pas de question. C’est une bonne pression que d’être déterminé pour aller à une coupe du monde.

Qu’est ce qui vous a le plus marqué lors de votre sélection face à la Zambie le 14 août dernier ?

Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’ambiance qui régnait au sein du groupe. Tout le monde s’entendait plus ou moins bien. Il y en a qui sont vraiment drôles. Je viens d’arriver. J’observe un peu.

La méthode d’intégration dans la tanière, c’est la danse ou le chant. Qu’avez-vous fait ?

Moi, j’ai dansé. Vous pouvez demander aux autres, ce qu’ils pensent de ma danse mais, j’ai quand même dansé. Je pense que je les ai convaincus (rires).

Vous avez dansé quelle danse ? Sénégalaise ou bien ?

J’ai dansé une danse sénégalaise. Bien sûr ! Mais j’ai mélangé avec un peu de tout. Je pense que je les ai convaincus. Il faut demander aux autres (éclats de rire). Sur les cinq nouveaux, je crois que je faisais partie des meilleurs.

Vous avez quitté le pays très jeune, à l’âge de trois ans. Vous revenez souvent au pays ?

Je suis revenu au Sénégal au mois de juin dernier avec des amis de la région parisienne. On était à Saly Portudal. On s’est bien amusé.

Qu’est ce qui vous plait le plus dans votre pays d’origine ?

C’est surtout la chaleur humaine. Les gens sont hyper gentils. Il y a certains qui me reconnaissent et qui savent que je joue à Bordeaux. Ils m’encouragent avec des mots cool.
Je n’ai pas gardé un souvenir du pays parce que comme vous le savez, je suis parti très tôt. J’ai quand même une famille qui est restée au Sénégal. A chaque fois que je reviens, je pars visiter l’île de Gorée. Ça m’a permis de savoir qu’il y a eu beaucoup de choses qui se sont passés ici avec la traite des noirs. Ça nous émeut pas mal. Quand on y pense, c’est vraiment quelque chose de particulier. La visite de cette île m’a aussi permis de connaitre mon pays.

Quelle est votre couleur préférée?

Ouf ! Je ne sais pas. Le bleu marine. C’est la couleur de Bordeaux. Je suis habitué à cette couleur là.

Meilleur souvenir ?

C’est encore tout frais. C’est quand nous avons remporté la coupe de France avec Bordeaux l’année dernière. En plus, j’ai marqué en finale. C’était vraiment un bon souvenir. Ça nous permis de nous qualifier pour l’Europa League. C’est vraiment un très bon souvenir. Mais j’en ai d’autres. Puisque nous avons été champions de France. Nous avons gagné la coupe de la Ligue. Sans occulter le trophée des champions. J’ai pratiquement tout gagné en France. Mais, le souvenir qui m’a le plus marqué, c’était le 31 mai 2012 avec la victoire de Bordeaux en coupe de France.

Votre plus mauvais souvenir ?

C’est le fait d’avoir perdu la finale de la Gambardella. C’est mon plus mauvais souvenir. Nous sommes vraiment passés à côté de notre match.

Votre plat préféré ?

Mon plat préféré ? C’est le yassa (éclats de rire). J’aime bien le Thiébou Diène, mais je préfère le yassa.

Parlons des femmes. Avez-vous un choix entre une noire, une blanche, une blonde ou une brune ?
(Eclats de rire appuyés). Vous direz quoi vous ? Personnellement, je ne sais pas trop parce que je n’ai pas de préférence. C’est plus l’attitude, le comportement qui fera la différence puisque je ne suis pas encore marié. Qu’elle soit blonde, métisse, noire peu importe.

Votre film préféré ?

C’est celui de Denzel Washington. Il s’appelle Man on fire.

Votre idole ?

Si c’est par rapport au sport, je dirai que c’était Ronaldo, le Brésilien. C’est lui qui m’a vraiment fait aimer le football. Sinon, à la base, ce n’était pas mon ambition.

REACTIONS… REACTIONS… REACTIONS…
Alfred Ndiaye (milieu)
«C’est dommage que nous ne sommes pas à la maison. Nous jouons au Maroc. Maintenant, j’espère que nous allons gagner et nous qualifier pour les barrages. J’ai intégré la sélection au mois d’août dernier. Ça c’est bien passé. Je trouve qu’il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. J’espère que ça va nous aider à gagner. Ce qui nous reste à faire, c’est d’être sérieux afin qu’on puisse décrocher la qualification».

Dame Ndoye (attaquant)
«Ce que je puis dire maintenant c’est qu’il faut aborder cette rencontre avec le maximum de possible. Ça ne sera pas facile. C’est un match capital qu’il faut impérativement gagner avant d’accéder au dernier tour. Les autres matches ont été capitaux, mais celui là l’est encore davantage. Il est décisif. Par conséquent, il faut que nous soyons sérieux et qu’on redouble d’efforts. Nous avons fait tout ce chemin pour arriver là. Il ne faut pas laisser passer cette opportunité. Il faut juste rester prudent et calme. Une fois que nous serons dans les barrages, on pourra jouer contre n’importe quelle équipe. Nous avons une sélection qui sait s’adapter».

Stephen Badji (milieu)
«Ce ne sera pas un match facile parce que les Ougandais seront aussi motivés que nous. Mais, nous avons quand même l’avantage d’être devant (le Sénégal compte 9 points derrière l’Ouganda 8 points, Ndlr). Par conséquent, nous n’avons le droit de les laisser une petite chance d’espérer une qualification. Je pense même que ce serait une erreur de notre part de nous mettre en tête qu’avec un point on va se qualifier donc cherchons un match nul. Non ! Nous devons gagner ce match.
Il y a un bon état d’esprit dans le groupe. Tout le monde est motivé et concentré. Nous savons ce qui nous attend samedi. Il nous reste à faire notre boulot pour ne pas avoir de regrets à la fin du match».
Recueillis par Abdoulaye THIAM
(Envoyé Spécial à Marrakech)

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