IDIOVISUEL, LA CHRONIQUE MEDIA DE NETTALI Grand Théâtre..

Grand Théâtre
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Il est souvent drôle de vérifier la relativité cocasse du théorème d”Archimède qui nous enseigne toujours que dès qu’un corps est plongé dans l’eau… le téléphone sonne. Mais, on ne sait trop bien pourquoi quand le Général Macky Sall en chef des armées, s’est lui mis à plonger dans une absence d’eau, vêtu en militaire, tenue de commando, tout le pays que l’on sait assoiffé et courroucé, s’est mis à pouffer de rire. Il est vrai que les Sénégalais ont grand besoin de détente, alors on leur a offert du Grand Théâtre, en superproduction de la RTS.

Avec des acteurs dans leur vrai rôle, même les figurants étaient vrais. Tous les ingrédients du film de guerre y étaient. D’abord les populations assoiffées qui font monter la tension, ensuite les fautifs, plutôt les coupables, si possible étrangers, blancs et très riches, enfin le grand chef fier et altier dans son rôle de Batman qui vole au secours de ses concitoyens. Mais aussi la communication, pardon, la manipulation des masses sans laquelle, il n’y a plus de guerre salvatrice et justifiable.

Mais c’est là que le bât blesse justement. Imaginez un général des armées en treillis militaire, qui débarque de son hélico, accompagné de sa Mimi Aline Sitoé Diatta, en demi-treillis elle aussi, avec tout le gouvernement, les suiveurs politiques de tout crin, les forcenés du “m’as-tu-vu”, en tenue de “supergnangal”, c’est qu’il vient pour au moins gagner la bataille, la guerre contre ce tuyau insolent qui refuse de lui obéir, au point de lui pourrir son état de grâce et de faire passer Wade pour Haussman et Jean Jacques Rousseau réunis.

Macky en Rambo, se doit alors d’être sans pitié, âpre au combat et surtout stratège éclairé, mais aussi nous annoncer de vraies et durables solutions, en guise de victoire. Au lieu de cela, il repart sans rien régler, sous le sourire narquois des méchants de la SDE, qui nie l’évidence de la désinvolture de notre Sones nationale, quoiqu’en dise sa nouvelle directrice et aphone Anta Seck, qui n’est soit dit en passant, que la cinquième Dg en 13 ans.

Pire, il laisse ses armes à l’ennemi et s’en remet à l’expertise et au sérieux de Paris, et de Pékin. Canossa au pied d’un tuyau crevé, usé par notre insouciance et notre déni de la maintenance, abdication, reddition, bref, dans l’armée, la vraie, pas celle de la communication, cela vaut d’être passible de la Cour Martiale. On rigole, D’ailleurs c’était fait pour ça. Non ?

Mais quelle déconvenue de la communication de guerre !!! Ils nous changent des pros américains, la communication de crise n’est ni affaire d’opérette encore moins d’improvisation. Les premiers aigus, à la limite de la fausse note, ont eu lieu à New-York, en marge de la Session Extraordinaire des Nations-Unies, à laquelle le chef de l’état participait, sans rôle majeur qui aurait pu expliquer une nécessaire présence. Son séjour officiel était programmé pour deux jours et consacré ensuite aux “urgentes rencontres” avec les apéristes new-yorkais. Les grandes questions ont un temps et la politique en ont un autre.

Alors, voir notre président d’un pays assoiffé et énervé, faire le chef de son clan, distribuer des dollars à des chefs de section apéristes, attendant, mauvaise habitude wadiste, ce genre d’agapes avec impatience et gourmandise, pendant que la moitié de Dakar traîne seaux d’eau sur la tête, avec rien dedans, à la recherche de flotte, ça fait plutôt désordre. Y avait-il urgence à aller se faire “doctorhonoriscausaiser” à l’Université de Columbia, plutôt que de venir dare-dare réapprendre à Pape Diouf que la meilleure communication commence par comprendre les enjeux liés à la vérité des faits et à leur implacabilité. Une balle dans le pied.

Autres propos stridents et sidérants qui vont exploser ce qui restait de crédibilité à leur “gestion de crise”, ce sont les sorties approximatives de Pape Diouf qui va caresser les populations dans le sens des urnes prochaines et non dans le bon sens d’une vérité vraie à dire aux Sénégalais, celle qu’il faut apprendre à maintenir des ouvrages, avec rigueur et sérieux, sans aucune faiblesse face à l’amateurisme et au dilettantisme. Pape Diouf pouvait, devait, faire savoir aux populations que cette panne avait été détectée, il y a bien du temps, et que nous avions manqué de discernement face à une question vitale.

Et puisqu’on n’a pas les réponses idoines qui doivent nous être données par le ministre de la flotte qui bafouille son sujet, et bien, pour que la comédie soit complète, la presse s’est invitée au Grand Théâtre, dans un indescriptible tohu-bohu, donnant des scoops exclusifs et tout de suite démentis par un autre article, ou à la faveur de l’invasion sur nos plateaux et nos radios, de tous les spécialistes et experts, qui à la question de savoir “quand l’eau reviendra-t-elle ?”, se mouillent le majeur et l’exposent au sens du vent.

Et puis pour faire dans l’apocalypse, silence radio, sur les douteuses citernes qui deux semaines avant étaient mobilisées à pomper les eaux fétides des inondations. On connaît le rapport des Sénégalais avec les règles à suivre en matière d’hygiène et leur intrépide mauvaise foi à la vue d’un marché juteux, alors on doit s’inquiéter et vérifier que ces bombes bactériologiques ont été nettoyées dans l’absolu respect des règles en la matière. Dans la course à la montre contre la colère populaire, on a simplement pas communiquer sur la qualité de ces eaux distribuées et sur son caractère non potable.

Mais ça s’arrange un peu quand même, la Sones a ravalé son honneur, le boss de la Sde fait le fier et boude les techniciens envoyés par la France, et cette paix des braves nous a fait oublier de déposer la sortie d’Imam Sarr de Guédiawaye au Panthéon de l’Ineptie, lui qui a déclaré sans frémir, que je cite : ” le Prophète Mohamed, PSL, a interdit aux femmes de diriger. Tout le monde connaît le sort de l’Angleterre sous Thatcher, le naufrage du Joola a eu lieu sous la Primature de Mame Madior Boye, et maintenant c’est sous celle de Mimi Touré que cette catastrophe nous tombe sur le râble“. Il a qu’à aller voir à Berlin ce qui s’y passe. C’est Merkel, avec un prénom d’ange en plus qui propulse ce pays au sommet de l’Europe.

Heureusement, pour nous sortir de cette catastrophe et nous dérider, nous faire rêver, il nous reste notre Viviane Nationale qui nous avait promis Beyonce, à grands coups de pub sur la chaîne de son ex, et qui pour nous faire dévier de ce foutage de gueule, nous refait le coup de Waly.

Elle s’est fait cambrioler deux jours avant son show, ça a fait le buzz, mais c’était certainement vrai, car elle avait du mal à remplir le Grand Théâtre, non pas de monde, il y en eut, mais de son talent, de son charisme, de cette charge que Dieu n’accorde qu’à des êtres singuliers et rares qu’on nomme justement des Stars. On a vu avec Viviane la difficulté à “faire” le “Grand Théâtre”. Avec Beyonce dedans, c’était la toiture qui sautait et les murs qui explosaient. Elle aura peut-être voulu nous éviter ça.

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