Il égorge son voisin et prend 10 ans

Cheikh Mawlany Sané mort en Prison

Il n’a fallu que de quelques bouteilles dérobées, et des propos aigres doux pour ôter à Souleymane Sow toutes les leçons de non-violence enseignées par son modèle Mahatma Gandhi, et commettre l’irréparable. Et cela lui vaut 10 ans de travaux forcés. C’est en effet, la peine retenue par le juge. Mais ayant déjà passé sept ans et demi en prison, il ne lui reste que deux ans à purger. L’avocat général qui avait requis 15 ans  de travaux forcés établit que le lien rattachant le crime à Souleymane Sow ne fait aucun doute. «Puisque le seul témoin oculaire a clairement identifié Souleymane Sow comme étant la personne qui a porté le coup de couteau mortel à Modou Diop», dit-il. Devant le refus catégorique de l’accusé de reconnaître les faits, alors qu’au tout début de l’enquête, il les avait pourtant reconnus, Alioune Ndao dira de Souleymane Sow que c’est une personne peu fiable.

 

Aujourd’hui âgé de 68 ans, ce dernier a commis, au courant de l’année 2008, un meurtre sur la personne Modou Diop avec qui il partageait le même espace en exploitant des jardins, aux abords du camp militaire de Thiaroye. Devant le juge, le jardinier qui est également gardien la nuit dans le marché de Thiaroye nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Il est comme dans un déni total. «Il n’y a pas eu mort d’homme», lance-t-il catégorique à l’avocat général qui lui a posé la question de savoir s’il a bien porté le coup mortel à Modou Diop. Il argue le fait qu’il ne peut pas parler de mort puisqu’il n’a jamais porté de coup à la victime. Ainsi, pour se dédouaner, l’accusé jure la main sur le cœur : «Je ne suis pas violent, je suis un disciple de Gandhi ; de toute ma vie, je ne me suis jamais bagarré.»

A la question de savoir d’où venait alors le sang qui maculait le couteau qu’il avait en main, Souleymane Sow trouve la parade : «Il s’agit d’une composition faite à base de fruit de cactus pour fortifier mes plantes.» Selon lui, c’est cette composition de couleur rouge que les gendarmes auraient confondue avec du sang. Pour mieux étayer ses propos, il affirme que, au moment des faits, en l’espace d’un mois, il a assisté à la mort de ses trois enfants, et divorcé de sa femme. Une épreuve douloureuse qui, selon lui, ne lui a pas pour autant fait perdre la tête.

Me Christian Faye dénonce la vacuité du dossier

Allant à l’encontre des propos de l’avocat général, Me Christian Faye, l’avocat de la défense, pointe plutôt du doigt la vacuité du dossier. Il y relève des incohérences qui, selon lui, prouvent que son client dit la vérité. En effet, selon l’avocat de la défense, dans le dossier fourni par la gendarmerie, il est noté que l’accusé ne sait ni lire ni écrire. «Alors que ce n’est pas le cas, mon client parle un français soutenu», dit-il. Toujours selon lui, si une telle erreur a été notée sur le dossier inculpant son client, comment peut-on prendre pour argent comptant tout ce qui a été dit par la suite ? De ce fait, il demande l’acquittement pur et simple de Souleymane Sow, tout en dénonçant la longue détention préventive dont fut victime Souleymane Sow.

Retour sur les lieux du crime 7 ans après

Les faits se déroulent en avril 2007. Au cours d’une journée, les éléments de la brigade de gendarmerie de Thiaroye voient débarquer dans leurs locaux après avoir escaladé le mur, Souleymane Sow. Il tenait un couteau tacheté de sang. Il dira aux hommes en bleu, être victime d’agression d’individus se trouvant dans les jardins du camp militaire. C’est sur ces entrefaites qu’arrivent trois personnes, pour dire aux gendarmes que, en réalité, il vient de poignarder une personne qui est en train d’agoniser sur place. Le transport sur les lieux permet de découvrir le corps sans vie de Modou Diop, avec une hémorragie au niveau du cou, le bâton qu’il détenait, ainsi que des traces de lutte au sol.

Diomma DRAME

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