Incendie dévastateur hier nuit : Sandaga frôle le désastre

Hier dans la soirée, un incendie d’une rare violence s’est déclaré au marché Sandaga. Le feu qui s’est déclaré au bâtiment central a tenu tête aux sapeurs-pompiers. Alors que l’origine de l’incendie reste jusque-là inconnue, les commerçants, larmes aux yeux, parlent de sabotage et indexent l’Etat.

Les premiers témoignages recueillis, hier, sur place et à chaud situent le déclenchement de l’incendie aux environs de 20 heures. Le bâtiment central avec sa terrasse, ses hauts murs crénelés ainsi que ses annexes, s’est subitement vu dévoré par les flammes. En l’espace de quelques minutes, l’enceinte se mue en un magma incandescent à l’intérieur des murs du bâtiment qui résistent toujours à l’assaut des flammes. Cependant, les nuages de fumée, qui se dégagent de l’intérieur ainsi que les étincelles qui crépitent renseignent sur la violence du feu complètement déchaîné.

L’incendie a touché le triangle établi entre le Rond-point Sandaga, l’Avenue Lamine Guèye et la Rue du Liban. Les sapeurs-pompiers ont déjà bloqué l’accès et luttaient contre les flammes jusque tard dans la soirée d’hier. Cependant malgré l’ardeur déployée ainsi que les puissants jets d’eau projetés sur les flammes, celles-ci semblent narguer joyeusement et redoublent de vigueur.

Sur les origines de l’incendie, les bouches sont d’abord diablement muettes, préférant donner leur langue au chat : «On ne sait pas ce qui a causé l’incendie. Tout ce que l’on sait c’est qu’on avait fermé les lieux et dedans toutes nos marchandises», chiale un commerçant.  Chez les badauds, marchands ambulants et autres victimes déclarées, on se perd tout d’abord en suppositions sur les causes de l’incendie.

Puis les supputations se font plus audacieuses mettant en cause les autorités. L’un des jeunes gens présents devant la ligne de forces de Police accuse :  «Pourquoi ne nous ont-ils pas laissé prendre nos bagages quand nous l’avons réclamé. Nous avions tellement insisté pour cela. Mais les autorités n’ont rien voulu savoir. Elles nous ont opposé un niet catégorique.»

Une jeune dame, les yeux pissant des flammes torves, déclare : «Mon papa est littéralement anéanti depuis qu’il a appris l’incendie. Chaque minute qui passe ses millions qu’il a investis dans ses quatre magasins sont en train de brûler. Cela faisait plusieurs jours qu’il venait ici pour prendre possession de ses biens, mais jamais on ne l’a laissé prendre ses marchandises. Il y avait plusieurs sacs de lait entreposés dedans.»

Les spectateurs tassés derrière les policiers vitupèrent pour la plupart. Les plus hardis trouvent un coupable tout fait : «C’est un sabotage. C’est évident. Ils ont brûlé le bâtiment pour nous obliger à partir. Comment un bâtiment tout en dur, où il n’y avait pas l’ombre d’une baraque peut-il brûler de la sorte ?

Pourquoi les sapeurs ont-ils mis du temps à arriver ? Comment se fait-il qu’ils ne soient parvenus à rien sauver ?» Les questions insidieuses fusent, cherchant et trouvant leurs réponses dans le désespoir des victimes. Elles accusent : «La vérité est qu’on ne nous respecte pas. On nous traite comme de la vermine. C’est ignoble. Depuis lors, nous faisons le dos rond devant les agissements des autorités, mais il faut qu’elles sachent que nous avons une capacité pour réagir. Et ce jour-là ça va barder.»

abasse@lequotidien.sn

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