Indonésie : un musée fait scandale en proposant des selfies avec un Hitler de cire pour «s’amuser»

Un musée en Indonésie a décidé de retirer sa statue de cire d’Adolf Hitler, avec laquelle les visiteurs pouvaient prendre des selfies, après le tollé suscité par l’exposition d’une telle personnalité.

Le musée De Mata de la ville de Yogyakarta en Indonésie, consacré au travail de la cire, a su surfer sur la tendance des selfies en invitant ses visiteurs à poser aux côtés des statues des différentes personnalités qui y sont exposées.

L’une d’elles revêtait toutefois un caractère extrêmement polémique : il s’agissait d’une représentation d’Adolf Hitler en habits militaires, avec en arrière plan une photo du camp de concentration d’Auschwitz et la tristement célèbre inscription «Arbeit macht frei» («Le travail rend libre»). Un certain nombre d’internautes ont publié des photos d’eux-mêmes aux côtés de cette représentation du Führer, effectuant même parfois des saluts nazis, jusqu’à ce que le musée annonce son retrait, face a l’ampleur de la controverse.

Il est difficile de trouver les mots pour dire à quel point c’est méprisable. Le fond est dégoûtant.

Le centre américain Simon-Wiesenthal, qui lutte contre l’antisémitisme et la remise en cause de l’Holocauste, avait en effet demandé le retrait de l’exposition après avoir pris connaissance de la présence de la statue. «Il est difficile de trouver les mots pour dire à quel point c’est méprisable. Le fond est dégoûtant. Il tourne en ridicule les victimes qui sont allées à Auschwitz et n’en sont jamais revenues», s’était insurgé le doyen du centre, Rabbi Abraham Cooper, dans des propos rapportés par l’agence AP.

Par la voix de l’un de ses chercheurs basé en Indonésie, Andreas Harsono, cité par le New York Times du 10 novembre, l’ONG Human Rights Watch avait pour sa part jugé «écœurant» le fait de pouvoir prendre des selfie avec une statue de cire à l’effigie d’Adolf Hitler. Un dispositif démontrant en outre l’antisémitisme latent qui a cours dans ce pays à majorité musulmane, aux yeux du chercheur.

Dans un premier temps, le musée n’a pas semblé s’émouvoir outre mesure de la polémique, défendant «l’une des statues préférées des visiteurs», qui est en place depuis 2014. «Aucun visiteur ne s’en est plaint. La plupart s’amusent juste et savent que ce n’est qu’un musée de divertissement», avait affirmé avec une légèreté déconcertante le responsable marketing de l’établissement dans les colonnes du New York Times. 

Selon des informations rapportées le 11 novembre par la BBC, la direction du musée semble avoir accepté de retirer la sulfureuse statue. «Nous ne voulons pas susciter l’indignation», a fait valoir un responsable de l’établissement à l’AFP.

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