Insécurité dans le Vélingara : L’Etat sème la peur à Wassadou…

commune de Wassadou Velingara14 attaques à main armée dans la seule commune de Wassadou. Et cela de février 2014 au 16 novembre de la même année, date de la dernière attaque dans le village de Saré Sadio.

Soit une moyenne d’un peu plus d’une attaque par mois. C’est le triste bilan de l’année 2014 en matière de sécurité. Et les décisions politiques, ou du moins la (dé)raison d’Etat, sont passés par-là. Car en fin janvier 2014, l’Etat-major général de l’Armée sénégalaise décide de délocaliser la garnison militaire de Nianao dans ladite commune, située à 3 km de la frontière avec la Guinée Bissao. 

Une zone réputée, pourtant, être criminogène du fait de sa porosité de sa frontière avec le voisin du sud. 2 mois après, ont commencé les attaques de voleurs armés. 

C’est d’abord le village de Kouthioye qui a reçu la visite d’une bande venue soutirer à un paysan l’argent reçu de la vente de son coton. Et la série lugubre de se poursuivre chez les Maures de la commune de Wassadou qui ont perdu plusieurs millions de francs Cfa, dont certains ont délocalisé leur business vers des lieux plus sécurisés.

D’ailleurs dans le chef-lieu de commune, les voleurs vont y laisser, au mois de ramadan dernier, des grenades non utilisées. La série noire n’a pas épargnée l’autorité administrative de la localité, le sous-préfet de Pakour, Médoune Mboup, victime de braquage d’une bande armée, le 9 nvembre2014.

Des bandits qui lui auraient soutiré de l’argent, des téléphones portables en même temps que des centaines de passagers et d’élèves du collège de Wassadou, rentrant dans leurs villages respectifs. Mais la dernière attaque en date, perpétrée le 16 novembre dans le village de Saré Sadio, a permis de démasquer un des cerveaux de ces bandes armées. Il s’agirait d’un certain Arfang Baldé, ancien commando de l’Armée bissau-guinéenne. 

En tout cas, l’attaque contre le sous-préfet Mboup, coïncidence du calendrier de l’Etat-major ou pas, a eu le bonheur de ramener le cantonnement militaire dans la commune du maire Barsa Soum­boundou.

Entre-temps, que de têtes de bœufs, de marchandises et d’argent emportés ! Les manifestations pacifiques des populations (marches, menaces de boycott des élections locales, port de brassards rouges à l’occasion d’une visite du ministre Mbagnick Ndiaye) n’ont pas pu ramener les hommes en kaki. Mais «mieux vaut tard que jamais», se réjouit-on à Wassadou.

Abdoulaye KAMARA

akamara@lequotidien.sn

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