INSTITUTIONS SOCIALES Réflexions en vue d’améliorer les indicateurs de gestion : Les membres de la Cipres veulent une réforme commune

Dakar abrite depuis hier un atelier régional sur le projet de réforme des indicateurs de gestion de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres). Cette rencontre des directeurs généraux de caisse et leurs techniciens vise à rendre performants les organismes de prévention sociale.

Créée en 1993 dans le contexte de la dévaluation du francs Cfa, marquée par la crise économique, la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres) avait pour objectif majeur de rendre performants les institutions de prévention sociale. Les différents pays membres de cette institution interafricaine veulent aussi mieux consolider les systèmes de protection sociale.

Depuis hier, se tient ainsi un atelier régional sur la réforme des indicateurs de gestion, qui va prendre fin aujourd’hui. En fait, pour améliorer les conditions de gestion technique, administrative et financière, les institutions affiliées à la Cipres avaient déjà élaboré une fiche technique, appelée «Ratio économique», qui reposait sur certains normes et ratios dans les domaines de gestion de prévoyance sociale.

Mais du fait de l’évolution de l’environnement socio-économique, il a été constaté l’inadaptation des indicateurs de gestion. C’est pour cette raison que les pays membres ont décidé de se rencontrer pour échanger sur la réforme de ces indicateurs de gestion, qui permettent d’orienter la bonne gouvernance en vue de relever les défis de la prévoyance sociale. Cette rencontre sur laquelle le Sénégal fonde beaucoup d’espoir, selon le secrétaire général du ministère du Travail, a pour objectif :

«De fixer les règles communes de gestion des organismes de prévoyance sociale, d’instituer un contrôle de gestion des organismes de prévoyance sociale en vue de rationaliser leur fonctionnement, de réaliser des études et élaborer des propositions tendant à l’harmonisation des dispositions législatives applicables aux organismes de prévoyance sociale, de faciliter la mise en œuvre au niveau régional d’une politique de formation des cadres des organismes de prévoyance sociale des Etats membres.»

C’est tout le sens de cet atelier qui vise aussi à ramener «l’ensemble des institutions et leurs représentants à avoir une vision et une démarche commune dans l’intérêt supérieur d’une gestion rationnelle des institutions de prévoyance sociale». Elle participe en outre à la modernisation des outils de gestion des institutions de prévoyance africaines. Car «nous voudrions demain dans le concert des Nations à l’échelle internationale, lorsqu’on abordera les questions de sécurité sociale, que nous Africains puissions dire que nos dirigeants en 1993 ne s’étaient pas trompés et qu’on puisse définitivement parler de la performance des instituions africaines», a ajouté le secrétaire général du ministère du Travail selon qui nous sommes déjà à l’école des bonnes pratiques. Avant de préciser que «ces institutions jouent un rôle très important dans le développement économique et social de notre pays».

Pour une réforme de la Cipres

L’idée de réforme de la Cipres a été agitée par les pays membres. «Nous sommes en parfaite convergence de vue avec le secrétaire général de la Cipres. Il est clair que la Cipres en elle-même doit se reformer. C’est quelque chose d’important pour nous. La Cipres est une forme de Cedeao, d’Uemoa, d’outil d’intégration, de contrôle, de gestion d’institutions de sécurité sociale. Depuis sa création, rien n’a été fait, il faut alors revisiter ses statuts, ses outils de contrôle, reformer les ratios, moderniser les outils de gestion», a informé Racine Sy, Pca de la Caisse de sécurité sociale. Ce que confirme Innocent Makoumbou, secrétaire général de la Cipres.

«Nous avons déjà entamé ces réformes et nous sommes vers la fin. Le dossier sera présenté au Conseil des ministres à Abidjan au mois de février. Nous avons réuni tous les éléments possibles que nous allons mettre à la disposition du Sénégal demain. Au mois de décembre, nous allons nous retrouver au Cameroun pour adopter ces documents et l’environnement de la Cipres. Les documents sont déjà disponibles et c’est tout à fait normal», précise-t-il.

Vers une fusion de l’Ipres et la Caisse de sécurité sociale

Au Sénégal, «nous voulons aller vers une union faîtière des institutions de sécurité sociale, comme l’a rappelé le chef de l’Etat le 1er mai, dès sa prise de fonction», a aussi indiqué Racine Sy. Le Sénégal constitue une exception avec deux institutions, à savoir l’Ipres et la Caisse de sécurité sociale, qui ont pratiquement les mêmes missions. «Cela nous paraît être une hérésie et aujourd’hui, il faut que ces branches soient réunies dans une seule institution. Nous allons résolument dans cette voie. Nous avons discuté en Conseil d’administration de la création d’un guichet unique d’immatriculation, d’un recouvrement commun qui sont les préalables d’une fusion des institutions», a-t-il ajouté.

  • Écrit par  Justin Gomis

justin@lequotidien.sn

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