INTERDICTION DE LA MANIFESTATION DE L’OPPOSITION MAMADOU DIOUF «DEMONTE» LES ARGUMENTS DE L’ETAT

Pr Mamadou Diouf, actuellement enseignant à l’université Columbia de New York
Pr Mamadou Diouf, actuellement enseignant à l’université Columbia de New York
Pr Mamadou Diouf, actuellement enseignant à l’université Columbia de New York

Les arguments avancés par les autorités pour interdire les manifestations de l’opposition, à savoir l’organisation du 15ème Sommet de la Francophonie à Dakar, sont «fallacieux». C’est l’avis du Pr Mamadou Diouf, actuellement enseignant à l’université Columbia de New York, invité d’Objection du dimanche 9 novembre. Il s’est par ailleurs exprimé sur la crise au Burkina Fasso et les transitions démocratiques en cours en Afrique, sans occulter la traditionnelle déclaration de politique générale devant se tenir demain.

«La décision du gouverneur de Dakar d’interdire la marche du Pds ne repose pas sur le respect des principes qui gouvernent la vie politique sénégalaise (…). Les raisons qui sont invoquées ne tiennent pas».
Ces propos du professeur d’histoire, Mamadou Diouf, ont été tenus hier, dimanche 9 novembre, lors de l’émission politique Objection de la radio Sud Fm. Interrogé sur la pertinence des raisons qui ont poussé les autorités à interdire toute manifestation dans Dakar du 10 novembre au 5 décembre prochain, l’invité de Baye Omar Guèye a soutenu que «non seulement, cet argument n’est pas acceptable, mais aussi c’est un argument qui me semble fallacieux».
Pour cause, indique-t-il, la tradition dans toutes les démocraties du monde est que, lors d’un événement international qui capte l’attention des médias de tous les pays du monde, le peuple puisse exposer son point de vue, ou manifester contre le régime.
A l’en croire, la manifestation de l’opposition ne peut pas induire, dans une certaine mesure, une insécurité qui serait dommageable à l’organisation du Sommet de la Francophonie. Au contraire, selon lui, cette interdiction peut menacer la paix et la sécurité, dans la mesure où «le face-à-face a toujours pour conséquence la remise en cause du dialogue qui est à la base d’un système démocratique». Par conséquent, il a estimé qu’il est beaucoup plus profitable à une démocratie d’ouvrir des espaces pour la contestation, gage de sécurité.
Dans un autre cadre, notamment le rituel de déclaration de politique générale, l’ancien directeur du département de recherche et de documentation du Codesria de 1991 à 1999, a indiqué que c’est un moment important dans la mesure où le gouvernement définit sa feuille de route. Cependant, il a estimé qu’avec ces gouvernements «éphémères», il est difficile pour les décideurs tout comme pour les observateurs de voir concrètement  ce qui va se passer.
Dans la même veine, et en rapport à la désignation du président Macky Sall par la Cedeao comme médiateur dans la crise au Burkina Fasso, le Pr Diouf a soutenu que le Chef de l’Etat sénégalais participe à la transition avec la fin de ces deux générations qui ont incarné la continuité avec la colonisation.
Toutefois, il a estimé que la situation interne du pays, qualifié de «politique politicienne», ne doit pas être utilisée par le président de la République, comme ressource pour jouer dans la médiation. Selon lui, «cette contribution positive sollicite des ressources qui sont des ressources de l’expérience démocratique sénégalaise», qui sont pour lui beaucoup plus adaptées dans la crise au Burkina Faso.

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