Invectives et sujets de fond: ce qu’il faut retenir du 3e débat Clinton-Trump

donald-trump-hillary-clintonInvectives et sujets de fond: ce qu’il faut retenir du 3e débat Clinton-Trump

Les deux candidats à la présidentielle américaine ont débattu face à face pour la dernière fois, dans la nuit de mercredi à jeudi. Trump n’a pas promis de reconnaître une éventuelle victoire de Clinton le 8 novembre.

Ces deux-là ne devraient pas se revoir de sitôt. Hillary Clinton et Donald Trump ont débattu devant les Américains pour la troisième et dernière fois la nuit passée. Alors que la candidate avait opté pour un tailleur blanc immaculé, son adversaire avait choisi une cravate rouge, la couleur des Républicains, pour accompagner son costume sombre. Leur face-à-face, polaire, a révélé plus que des différences de couleurs.

Trump ne promet pas d’accepter le résultat

Donald Trump n’a cessé ces derniers jours de dénoncer une élection présidentielle « truquée ». Dans la droite ligne de ces sorties, il a refusé pendant le débat de s’engager à reconnaître le résultat du 8 novembre. « Je verrai à ce moment-là, (…) je vous laisse dans le suspense », s’est-il contenté de répondre. Du jamais vu.

La réponse d’Hillary Clinton ne s’est pas fait attendre. « C’est terrifiant, a-t-elle immédiatement riposté. Il dénigre et rabaisse notre démocratie. Je suis atterrée que le candidat de l’un de nos deux grands partis adopte ce genre de position. »

Son colistier Mike Pence et sa fille Ivanka Trump avaient pourtant assuré juste avant le débat que le milliardaire se plierait au verdict des urnes quel qu’il soit. Ses soutiens ont d’ailleurs tout de suite tenté de nuancer sa déclaration, à l’instar de sa directrice de campagne Kellyanne Conway, sur CNN, anticipant les réactions de consternation attendues.

Le débat le plus poussé des trois

En grande partie grâce au modérateur du jour, le journaliste de Fox News Chris Wallace, ce troisième débat a permis des confrontations de fond bien plus poussées que lors des deux précédents. Ont ainsi été abordées quatre thématiques de premier plan de la politique américaine: l’avortement, l’immigration, la Cour suprême et les armes à feu.

Concernant le droit à l’avortement, Donald Trump a promis de nommer à la Cour suprême des juges conservateurs qui s’y opposeraient. Cela permettrait, selon lui, de renvoyer la question de l’avortement au niveau des Etats, autorisés dès lors à l’interdire. Sur la question de la possession d’armes, Hillary Clinton a déclaré qu’il fallait se montrer bien plus sévère. Elle a assuré cependant qu’elle ne comptait pas remettre en cause le célèbre « deuxième amendement », qui garantit le droit des Américains à posséder et porter des armes.

A ce jeu, l’ex-secrétaire d’Etat est à nouveau apparue bien plus professionnelle que son adversaire. Clairement mieux préparée, elle a développé avec plus d’aisance ses idées, quand Donald Trump s’est souvent montré moins précis.

Un débat à couteaux tirés

Moins précis mais aussi moins agressif. Mais pas moins violent. Ce troisième débat, glacial, a donné lieu à des remarques cinglantes, même si elles ont été prononcées sur un ton relativement plus calme que lors des deux premiers.

La passe d’armes était attendue à propos de Vladimir Poutine, avec lequel Donald Trump souhaite établir des « relations normales », constatant qu’il « ne respecte pas » Barack Obama. « C’est parce qu’il préfère avoir une marionnette comme président des Etats-Unis », a taclé la candidate démocrate. Trump répliquant d’un « c’est vous la marionnette ».

Les accusations d’attouchements dont ce dernier fait l’objet depuis quelques jours ont été abordées au milieu du débat. « Elle veulent être célèbres, ou bien c’est [une manoeuvre] de son équipe à elle », a-t-il expliqué en désignant Hillary Clinton. Qui lui a répondu en lisant les commentaires du candidat sur les femmes, ajoutant que « Donald pense qu’il se grandit en rabaissant les femmes ».

« Personne n’a plus de respect pour les femmes que moi », s’est-il défendu. Sans convaincre, comme l’ont prouvé les rires de l’auditoire – normalement prohibées. Ce débat ne devrait pas faire varier la tendance actuelle, qui envoie Hillary Clinton à la Maison Blanche.

L’express

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