Israël: la police abat le Palestinien qui aurait tiré sur Yehuda Glick

Jeudi 30 octobre, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d'Abou Tor et de Silwan à Jérusalem.
Jeudi 30 octobre, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d'Abou Tor et de Silwan à Jérusalem.
Jeudi 30 octobre, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d’Abou Tor et de Silwan à Jérusalem.

Un Palestinien soupçonné d’avoir grièvement blessé le rabbin Yehuda Glick, activiste connu de l’extrême droite israélienne qui milite pour autoriser les juifs à prier sur l’Esplanade des Mosquées, mercredi soir, a été tué par la police israélienne, ce jeudi 30 octobre au lever du jour. Le gouvernement de Benyamin Netanyahu, qui redoute des troubles à l’ordre public, a décidé de fermer l’Esplanade des Mosquées, à la veille de la grande prière hebdomadaire.

Avec notre correspondant à JérusalemNicolas Ropert

Un représentant influent de l’extrême-droite israélienne, Yehuda Glick, rabbin connu pour militer afin d’autoriser les juifs à prier à Jérusalem sur l’Esplanade des Mosquées, a été blessé par balles, mercredi 29 octobre, par un homme à moto. Ce jeudi 30 octobre, la police israélienne a annoncé que « le principal suspect de l’attaque a été éliminé à son domicile dans le quartier d’Abou Tor à Jérusalem par une unité des forces spéciales de la police à la suite d’un échange de tirs ».

Identifié par les médias palestiniens comme Muataz Hijazi, ce Palestinien de 32 ans aurait par le passé effectué un long séjour dans les prisons israéliennes, selon une source proche des services de renseignement. Il serait membre du jihad islamique, un groupe palestinien islamiste.

Pour la famille du défunt, la mort de Muataz Hijazi est incompréhensible. « Où sont les preuves qu’il est le responsable [de la mort de Yehuda Glick] », s’insurge un oncle du jeune homme. « Dans quel pays éxécute-t-on les gens sans jugement ? », s’interroge un ami de la famille.

L’Esplanade des Mosquées interdite à tous les visiteurs

Ces événements soulignent la particularité du statut de l’Esplanade des Mosquées – pour les musulmans – ou du Mont du Temple – pour les juifs, source de tensions permanentes. Les musulmans s’alarment de l’intention prêtée au gouvernement israélien d’autoriser les juifs à y prier et que les Israéliens restreignent ensuite l’accès à la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a démenti ces intentions lundi. Mais invoquant des raisons sécuritaire après l’attaque, la police a interdit l’accès à l’Esplanade des Mosquées « jusqu’à nouvel ordre à tous les visiteurs, mais aussi et de façon exceptionnelle, aux musulmans venus y prier en raison des tensions actuelles ». Et cela, à la veille de la grande prière hebdomadaire du vendredi. La police a également été placée en état d’alerte sur l’ensemble du territoire israélien ainsi qu’à Jérusalem-Est. Depuis plusieurs jours, une unité d’observation aérienne a été déployée dans le ciel de Jérusalem. Des drones et des ballons surveillent tout ce qui se passe dans la ville.

Ainsi, lorsque le député israélien d’extrême-droite Moshe Feiglin s’est présenté jeudi 30 octobre devant l’entrée qui mène au Mont du Temple, accompagné d’une dizaine de partisans, il s’est vu opposer un refus de la part des policiers présents. Le parlementaire a dénoncé la tentative d’assassinat de Yehuda Glick. Il a également demandé au gouvernement de revoir le statu quo actuel qui interdit aux juifs de prier sur le lieu saint.

Une « déclaration de guerre »

A Ramallah, le gouvernement palestinien a assuré que si une telle décision était prise, une explosion de violence était assurée. Le président palestinien Mahmoud Abbas a d’ores et déjà qualifié l’interdiction d’accès à l’Esplanade des Mosquées et les récentes actions israéliennes à Jérusalem-Est de « déclaration de guerre ». « La poursuite de ces agressions et cette dangereuse escalade israélienne constituent une déclaration de guerre au peuple palestinien, à ses lieux sacrés et à la nation arabe et musulmane », a-t-il déclaré selon son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

Ces incidents interviennent alors que des troubles agitent Jérusalem-Est depuis quelques mois et se sont aggravés ces derniers jours au point d’impliquer la communauté internationale. Mercredi, Israël a fait ainsi face à de vives critiques devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour ses nouveaux projets de colonisation à Jérusalem-Est. Jeudi matin, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d’Abou Tor et de Silwan, épicentre des troubles au pied de la vieille ville et de l’Esplanade des Mosquées depuis une semaine.

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