Jean-Marie Biagui, président du MFDC : «La médiation de Sant ‘Egidio en Casamance ne relève pas des Etats-Unis»

Jean-Marie Biagui, président du MFDCL’implication de la Communauté Sant ‘Egidio dans les négociations entre l’Etat du Sénégal et la rébellion casamançaise est une initiative personnelle des acteurs locaux, pas des Etats-Unis d’Amérique, précise le président du Mouvement pour le fédéralisme et la démocratie constitutionnels (Mfdc) Jean-Marie François Biagui, dans un communiqué parvenu à l’Aps.

Il réagit à une analyse du chercheur français Jean-Claude Marut, spécialiste du conflit casamançais, qui a déclaré samedi à Dakar que la médiation des Etats-Unis d’Améri­que a permis de «faire bouger les lignes» dans ce dossier. M. Marut, chercheur au Centre national de recherche scientifique (Cnrs), en France, donnait une conférence au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, sur «Le rôle de la diplomatie américaine dans la crise casamançaise».

Attribuer une quelconque avancée des négociations à la diplomatie américaine revient à «se méprendre sur les vrais soubassements de l’implication des Etats-Unis et de Sant’Egidio dans la gestion de la crise casamançaise, leurs motivations réelles et (…) leurs activités respectives», a écrit M. Biagui dans un communiqué parvenu à l’Aps.

Seuls des acteurs sénégalais sont parvenus à convaincre le Président Macky Sall de «la justesse d’une telle donne», à savoir l’implication des médiateurs de Sant ‘Egidio dans ce conflit, selon M. Biagui.

Jean-Marie François Biagui a quitté le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), depuis quelques années. Il a ensuite fondé le Mouvement pour le fédéralisme et la démocratie constitutionnels. En février 2012, il a déclaré que son ambition était d’obtenir du ministère de l’Intérieur un récépissé attribuant à son mouvement le statut de parti politique. 

Dans les négociations menées avec Sant’Egidio depuis 2012, l’Etat du Sénégal a comme interlocuteur privilégié Salif Sadio, qui est considéré par certains observateurs comme le chef de la tendance la plus radicale du mouvement rebelle actuellement divisé. 

Jean-Marie François Biagui affirme par ailleurs que «l’implication des Etats-Unis dans la gestion de la crise casamançaise n’est (…) qu’une opération de renseignement». «Les Américains, dans cette affaire, ne sont mus que par le souci de prévenir ou d’anticiper tous les risques d’accointance entre (…) le Mfdc et (…) les mouvements djihadistes qui sévissent en Afrique», a-t-il ajouté. 

L’Etat du Sénégal a refusé pendant plusieurs années d’impliquer des négociateurs étrangers dans ce conflit vieux d’une trentaine d’années. 
Mais en 2012, les autorités sénégalaises ont accepté la médiation de la Communauté Sant ‘Egidio, qui se trouve en Italie. Elles ont aussi donné leur feu vert à la nomination d’un ambassadeur représentant les Etats-Unis d’Amérique dans les négociations. James Bullington, nommé par Washington à ce poste, a été remplacé par Mark Boulware en janvier 2014.

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