Jeudi 26 mai, toute la RDC en mode « marche »

1-1Ce jeudi 26 mai n’était pas un jour ordinaire en République Démocratique du Congo (RDC). En cause, tout le pays a été secoué dès les premières heures de la matinée par des mouvements de marche initiée par l’opposition. L’objectif était notamment de protester contre l’arrêt rendu dernièrement par la Cour Constitutionnelle au sujet de l’article 70 de la constitution à propos de la fin constitutionnelle du mandat du président de la République, réclamer l’organisation dans les délais constitutionnels de l’élection présidentielle et enfin exprimer de la compassion aux habitants de Beni victimes d’atroces et incessantes tueries.

Partie de Kinshasa, l’initiative s’est propagée telle une trainée de poudre, dans tout l’arrière pays occasionnant dans certains coins des incidents et des affrontements entre police et manifestants. Quel est le bilan de la journée ?

Le film de la journée.

Comme c’est souvent le cas lors de tels événements, tout est parti de Kinshasa. La capitale habituellement bouillonnante qui pis est dans un jour ouvrable comme celui a affiché pendant presque tout l’avant midi une ambiance morose.

La vie était au ralenti. Magasins, boutiques et autres établissements de commerce étaient restés bizarrement fermés. C’est à peine qu’on voyait des élèves circulaient car plusieurs écoles n’ont pas ouvert leurs portes.

C’est plutôt la marche qui a attiré l’attention. Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel. Tout a commencé dans la célébrée avenue de l’enseignement connue pour abriter le siège de la majorité des partis politiques. En même temps, plusieurs autres rassemblements se sont formés dans d’autres parties de la ville à l’instar de l’avenue de la Démocratie, ex 24 novembre pourtant interdite dans l’itinéraire tracée par l’Hôtel de Ville. C’est justement à cet endroit où était positionné le numéro de la police dans la ville que tout a mal tourné.

Face au débordement, la police a été obligée d’utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Elle a également procédé à quelques interpellations. En tête de peloton se trouvaient quelques figures de l’opposition congolaise regroupées au sein des plateformes, dynamique de l’opposition ou encore le G7. Un d’eux, Martin Fayulu s’est même confié à Œil d’Afrique. « Le bilan est positif. Ce qui s’est passé aujourd’hui est un avertissement. C’est pour dire que le changement arrive. Nous venons de commencer. Maintenant, c’est chaque mois, une activité. Le 19 septembre si l’électorat n’est pas convoqué, nous allons commencer l’opération Kabila dégage. »A-t-il déclaré.

Et en provinces ?

La grande majorité des provinces a évolué dans le même rythme que la capitale Kinshasa.

D’ordinaire excitée lors des mouvements de masse, la ville de Lubumbashi a curieusement fait profil le bas. L’absence de Moise Katumbi, hospitalisé en Afrique du Sud et un leader d’opinion d’envergure dans ce coin a peut être joué impacter sur la faiblesse du mouvement ajouter à cela l’interdiction de toute marche par les autorités provinciales.

Si le grand Sud est un tout petit resté muet, c’est à l’Est que l’on a signalé des grands mouvements de protestation.

Dans le Nord-Kivu, la ville de Goma a vécu une journée très mouvementée. Bravant l’interdiction de marcher, plusieurs personnes sont descendues dans les grandes artères de la ville. Au finish, la police en a appréhendé au moins une vingtaine. C’est également à Goma, où l’on a signalé un bilan conséquent. Selon des témoins, une personne serait morte et plusieurs autres blessées. Plus loin dans la ville de Beni, pour qui cette marche a été également organisée, la manifestation a été réprimée à coup des gaz lacrymogènes. C’est seulement dans le Sud Kivu, dans la ville de Bukavu précisément que tout s’est passé sans problème. La marche a été bien encadrée et aucun incident n’a été déploré. Pour le reste, l’on a assisté au même scénario un peu partout. De Matadi au Sud-ouest à Bunia dans le Nord-est, en passant par Mbandaka, Kananga, Mbuji-Mayi, la marche a été dispersée avec des interpellations. Dans certains endroits, l’initiative a été étouffée avant même de démarrer.

Globalement, on peut dire que l’appel de l’opposition a été bien suivi au vu de sa portée outre Kinshasa. Un signe avant coureur pour le pouvoir en place ?

Freddy Mulumba
Kinshasa – © OEIL D’AFRIQUE

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