Jocelerme Privert élu président provisoire d'Haïti

haiti Jocelerme PrivertLe Parlement haïtien a élu Jocelerme Privert président provisoire. Il succède à Michel Martelly dont le mandat a pris fin le 7 février sans qu’un successeur ne soit désigné, en raison du report du second tour de la présidentielle.

C’est la fin d’un vide institutionnel sans précédent en Haïti. Le Parlement a élu Jocelerme Privert, qui était jusqu’ici président du Sénat, président provisoire, au deuxième tour du scrutin après une longue séance dans la nuit de samedi à dimanche retransmise en direct à la télévision.

Il succède ainsi à Michel Martelly qui a fini son mandat le 7 février sans transmettre le pouvoir à un sucesseur, en raison du report sine die du second tour de la présidentielle après des contestations de l’opposition. Dans un accord signé quelques heures avant la fin du mandat de M. Martelly, le Parlement avait reçu pour mission d’élire, pour un mandat limité à 120 jours, un président provisoire.

C’est la première fois depuis 1946 qu’un chef de l’État haïtien est désigné via un scrutin indirect.

Au Parlement haïtien samedi, les deux candidats à la présidence provisoire, Jocelerme Privert d’Edgard Leblanc Fils, un ancien président du Sénat, n’ont pas pu être départagés à l’issue du premier tour. Mais le second vote, tenu après 3 heures du matin, a offert à Jocelerme Privert une large majorité sur son concurrent, avec les votes favorables de 64 députés sur 92 et de 13 des 22 sénateurs présents à la séance marathon.

Achever le processus électoral

Après lecture de sa lettre de démission de son poste de sénateur, Jocelerme Privert a prêté serment sur la Constitution. Il a pour mission d’achever le processus électoral qui a été interrompu en raison des larges contestations de l‘opposition qui dénonçait un “coup d’état électoral” fomenté par Michel Martelly.

Au premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76 % des voix, contre 25,29 % pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de “farce ridicule”.

Si l’élection du chef d’état intérimaire sort Haïti de l’incertitude causée par le vide du pouvoir, la tenue, en moins de quatre mois, des scrutins reportés (le second tour de la présidentielles et des législatives partielles) s’annonce compliquée pour le pays de la Caraïbe.

Le conseil électoral provisoire (CEP), l’administration en charge de l’organisation des scrutins, doit être recomposé car six de ses neuf membres ont démissionné. Et former un CEP a toujours été l’occasion de tensions au sein de la classe politique haïtienne, l’opposition accusant toujours le pouvoir exécutif d’ingérence.

L’argent est l’autre handicap : le processus électoral, encore inachevé, a déjà coûté 100 millions de dollars, majoritairement financés par la communauté internationale.

Avec AFP

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