Jugement de deux co-accusés de Habré au Tchad : Deby ferme définitivement la porte aux CAE

Saleh Younous, Mahamat Djibrine seront jugés au Tchad et non à Dakar au grand dam des Chambres africaines extraordinaires. L’annonce a été faite par Human rights Watch, qui a cité le point focal du dossier Habré à Ndjamena, Ousman Souleyman dans un communiqué.

Par ailleurs, l’organisation de défense des droits humains a déclaré que le procès de Hissein Habré aura bien lieu malgré le refus du Tchad de transférer les deux co-accusés de l’ex-chef de l’Etat tchadien.

Les mauvaises nouvelles en provenance de Ndjamena s’accumulent. Mahamat Djibrine et Saleh You­nouss ne peuvent pas être transférés à Dakar, comme le souhaitent les magistrats des Chambres africaines extraordinaires (Cae) selon le point focal du dossier Habré à Ndjamena, Ousman Souleyman.

En effet, écrit Human Rights Watch (Hrw), qui cite le point focal dans un communiqué, les co-accusés de Habré ne peuvent pas faire l’objet d’une deuxième inculpation pour les mêmes faits puisqu’ils ont déjà été inculpés par le juge d’instruction tchadien en charge du dossier des crimes présumés commis sous le régime de Hissein Habré dans le cadre d’une procédure interne en 2013.

«Le 4 septembre 2014, le juge d’instruction du premier cabinet du Tribunal de grande instance de Ndjamena, Amir Ab­doulaye Issa, a rendu une ordonnance de renvoi permettant leur procès, ainsi que ceux de 19 autres agents du régime de Hissein  Habré. Le juge d’instruction a décidé d’un non-lieu pour 9 autres agents», lit-on dans le communiqué.

Cette décision intervient au moment où l’Union africaine tente de convaincre Ndjamena à respecter ses engagements envers les Cae. L’Ua arrivera-t-elle à décanter la situation?

En tout cas pour le moment, vu les relations assez tendues entre les deux parties, Hrw semble couper la poire en deux. Par la voix de son conseiller juridique, Reed Brody, elle demande ainsi aux «autorités tchadiennes d’assurer que les procès de Saleh Younouss, Mahamat Djibrine et tous les autres supposés complices de Hissein Habré soient équitables, transparents et respectent les standards internationaux».

Revenant sur le procès Habré, Hrw a déclaré que le refus du gouvernement tchadien de transférer les deux co-accusés de Hissein Habré à la juridiction spéciale n’empêchera pas la tenue de son procès. Ainsi, souligne Reed Brody, conseiller juridique de cette organisation de défense des droits de l’Homme, les Chambres africaines extraordinaires vont continuer leur travail et si les juges d’instruction considèrent que les éléments de preuves sont suffisants, le procès de Hissein Habré devrait commencer début 2015.

Un point de vue qui recoupe les informations rendues publiques par Le Quotidien dans son édition d’hier.

Une bonne nouvelle pour les victimes qui, en portant plainte à Dakar en 2000, selon Reed Brody, avaient comme unique espoir de traduire en justice Hissein Habré considéré comme étant le  chef de l’Etat et le principal responsable de l’appareil sécuritaire durant son régime. Il a été finalement inculpé pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures.

ndieng@lequotidien.sn

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