Kalidou Niass, ancien maire de Wakhinane Nimzatt : «Aliou Sall veut susciter la fronde à Guediawaye…»

Kalidou Niass, ancien député-maire libéral de la commune d’arrondissement de Wakhinane Nimzatt et trésorier du Mpd/Liggey (Mouvement des patriotes pour le développement/Liggey)
Kalidou Niass, ancien député-maire libéral de la commune d’arrondissement de Wakhinane Nimzatt et trésorier du Mpd/Liggey (Mouvement des patriotes pour le développement/Liggey)
Kalidou Niass, ancien député-maire libéral de la commune d’arrondissement de Wakhinane Nimzatt et trésorier du Mpd/Liggey (Mouvement des patriotes pour le développement/Liggey)

Kalidou Niass, ancien député-maire libéral de la commune d’arrondissement de Wakhinane Nimzatt et trésorier du Mpd/Liggey (Mouvement des patriotes pour le développement/Liggey) dirigé par l’ancien ministre libéral, Aliou Sow, ne partage pas le souhait de Aliou Sall, frère du chef de l’Etat, de diriger la ville de Guédiawaye. Pour M. Niass, Aliou Sall veut susciter une fronde pour revenir en grâce auprès de son grand frère. Sur un autre registre, le responsable du Mpd/Liggey, qui fustige la gestion du pays par le Président Macky Sall, invite le leader de Rewmi, Idrissa Seck, à donner des gages et à ne pas revenir dans l’opposition «pour un calcul politique».

En tant que responsable du Pds pourquoi avez-vous décidé de travailler avec Aliou Sow dans le cadre de son mouvement ?  

A la suite de notre défaite électorale, nous nous sommes retrouvés entre amis et frères de parti pour faire l’évaluation des élections. Parce qu’il faut rappeler : à ce jour, le Pds n’a jamais fait d’évaluation des élections. Et nous, nous avons quand même fait un diagnostic sans complaisance de la situation, qui a débouché sur notre défaite. Et à la suite d’un conclave que nous avons organisé à l’époque à Saly, c’est-à-dire l’année dernière avec beaucoup de responsables surtout des gens de notre génération, nous avions estimé devoir mettre sur pied un mouvement pour prendre en charge les conclusions de cet atelier.

Pour nous, il fallait continuer le combat politique. Aujourd’hui, nous estimons que nous avons été à bonne école. Le Président Abdoulaye Wade nous a bien formés et façonnés. Et très tôt, il nous a responsabilisés. Nous croyons dur comme fer que demain les populations nous le reprocheront si on ne fait rien pour continuer l’œuvre de Abdoulaye Wade.

Au Pds, il y avait des responsables qui avaient pris en otage le parti, les instances. Et pour nous, il fallait prendre notre chemin, reprendre le flambeau et lutter pour que ces héritiers de Abdoulaye Wade puissent demain se retrouver et reprendre les rênes du pouvoir. Et c’est ce qui a conduit à la naissance de ce mouvement (Ndlr : Mpd/Liggey). Et je tiens aussi à dire que nous sommes toujours des Libéraux, des Libéraux sociaux.

Aujourd’hui, Dieu merci nous avons plus de 25 mille militants derrière nous, à l’intérieur du Sénégal comme à l’extérieur. Et beaucoup de nos cellules Uvp (Unités de veille et d’action patriotique) sont partout dans Dakar et sa banlieue, de même que dans les régions (…).

Vous restez toujours des Libéraux. Si aujourd’hui Macky Sall, qui est un pur produit du Pds, tendait la main à votre structure pour travailler au service des populations, quelle serait la position de votre mouvement ?

Chacun est dans son camp. Macky Sall, c’est lui qui a été élu ; il n’a qu’à gouverner. Nous, nous sommes bien ici dans le camp de l’opposition, parce que nous voulons, par des moyens démocratiques conquérir le pouvoir. Lui, il est en train de démontrer de quoi il est capable.

J‘avoue que les Sénégalais sont très en colère et sont très déçus. Et nous par la voie que nous voulons suivre, nous voulons montrer que c’est par des élections que nous voulons accéder au pouvoir. Donc pour nous, c’est clair que nous voulons diriger ce Sénégal. Et nous nous battrons par des voix démocratiques pour prendre le pouvoir, pour montrer aux Sénégalais qu’ils se sont trompés en élisant Macky Sall.

D’aucuns disent qu’à travers la traque aux biens mal acquis Macky Sall veut éliminer ses adversaires politiques. Qu’en pensez-vous ?

Ça c’est tout le monde qui le constate. Voyez-vous dans cette traque aux biens mal acquis, moi je ne défends personne. Mais la cible est orientée, justement dans le camp des vaincus. C‘est comme une justice des vainqueurs qui est en train de continuer depuis son avènement à la magistrature suprême. Et un pays ne peut pas être gouverné dans la haine et la persécution.

Nous estimons que s’il y a des fautifs où qu’ils soient, ils doivent aller les débusquer. Ils doivent laisser les magistrats, mais aussi la justice faire son travail. Mais ne pas en faire une épée de Damoclès suspendue sur la tête de ses adversaires pour leur dire : «Taisez-vous sinon je vous jette en prison !» Karim Wade depuis qu’il est incarcéré, je précise que je ne le défends pas, au lieu de donner une suite à sa première mise en demeure, ils ouvrent un autre front pour prolonger son incarcération. Nous disons que c’est injuste.

Mimi Touré a été nommée Premier ministre, pensez-vous qu’elle fera mieux que Abdoul Mbaye ?

C’est le patron qui n’est pas compétent. Son Yonnu Yokkuté pour moi, c’est le «Yonnu Ndarré».  Regardez ce qui se passe actuellement avec l’eau qui manque dans ce pays. Vous vous rendez compte qu’on soit privé de liquide précieux pendant 20 jours. Depuis que moi je suis né, on n’a jamais vu une chose pareille dans ce Sénégal.

Regardez aussi le problème de la drogue dans la police. Le Sénégal est devenu la risée du Monde. Dans les rencontres internationales auxquelles je participe, le Sénégal est respecté. Donc le problème, c’est le chef. Moi, ce n’est pas Mimi qui m’intéresse, c’est la personne qui inspire le programme. Qui lui, malheureusement, n’a pas mené de bonnes actions. Peut-être que c’est sa compétence qui est mise à rude épreuve.

On est en train de se demander s’il a été un bon élève de Abdoulaye Wade.  Il y a un adage qui dit : «On ne peut pas faire du neuf avec du vieux». Macky Sall est entouré de gens qui, aujourd’hui, symbolisent le passé au Sénégal. Les Moustapha Niasse et Abdou Aziz Tall, ces gens-là, pendant leur règne, le règne du Parti socialiste, symbolisaient déjà la médiocrité. Aujourd’hui, c’est avec ces mêmes personnes que Macky Sall, né après les indépendances et entouré de jeunes cadres qu’il n’utilise malheureusement pas, gouverne. C’est normal que notre pays se trouve en queue de peloton. Je crois que c’est la seule explication qu’on peut donner de l’image du Sénégal, qui est aujourd’hui écornée par ce régime-là.

Idrissa Seck a décidé de claquer la porte en quittant la coalition Benno Bokk Yaakaar. Quelle lecture en faites-vous ?

De toute façon il est libre. Il ne nous a pas demandé notre avis en allant avec d’autres forces combattre son ancien mentor. Aujourd’hui, je crois que lui-même doit reconnaître qu’il s’est trompé. Il doit même reconnaître aussi que sa posture actuelle doit être empreinte surtout de prise de conscience par rapport à la situation du pays et non pas par rapport à lui, à son agenda politique.
S’il vient rejoindre ses autres frères de parti dans l’opposition, c’est à lui de donner des gages qu’il ne vient pas dans l’opposition pour un calcul politique. Ce qui doit primer, c’est l’intérêt des Sénégalais. Et non pas l’agenda de Idrissa Seck.

Il est en train de faire son chemin, nous également, nous sommes sur la même lancée. Et nous sommes en compétition avec Idrissa Seck, Omar Sarr ainsi de suite. Qu’est-ce qu’ils ont plus que nous ? Nous avons sacrifié notre tendre enfance pour nous battre aux cotés de Abdoulaye Wade. Lui s’il veut être le 5ème  Président, nous également nous nous positionnons très clairement pour être le 5ème Président du Sénégal.

Les fils de Wade sont divisés. Ne pensez-vous pas qu’il est venu le temps des retrouvailles afin d’arrondir les angles pour un Pds uni, comme le souhaite Abdoulaye Wade ?

Je crois très sincèrement que les retrouvailles vont se faire. Ça ne sert à rien de vouloir forcer les choses. Parce que le Pds aujourd’hui est divisé, il y a eu des départs. A l’époque, nous nous sommes retrouvés pour élire un leader fort et accepter par tout le monde. Cela n’a pas été le cas, donc nous avons pris notre chemin. Pour ne pas être démagogue, ce sera aux urnes de déterminer la place des uns et des autres. Que ce soit à travers les élections locales ou les élections législatives, quand chacun d’entre nous aura sa part dans l’affectation des résultats ; en ce moment, ce ne sera pas difficile de faire les retrouvailles.

Comment appréciez-vous la coalition Benno Bokk Yaakaar ?

C’est une coalition de partage de «Bouky». Leur seule préoccupation, c’était le partage des postes. J’ai entendu dire de Macky Sall qu’il se plaignait du manque de solidarité gouvernementale en cette période d’épreuve, mais c’est normal ! On n’a jamais entendu le gouvernement sur une question parler d’une seule voix. Moi, je l’ai remarqué à plusieurs reprises. Par exemple avec l’histoire de la médiation pénale, chacun des membres de la coalition a parlé en fonction de ses intérêts.

Aliou Sall, le frère du Président Macky Sall, veut briguer la mairie de la ville de Guediawaye. Que dites-vous de ce souhait ?

Le gars se moque de nous. Pourquoi je le dis, parce que ces gens-là n’ont aucune considération pour nous. Au moment où les populations sont à  la quête de l’eau, lui il profite de cette situation – son heure de récréation – pour dire qu’il veut être maire de Guédiawaye. Aliou Sall, à ce que je sache, c’est le frère cadet de Macky Sall ; ils ne sont pas de Guédiawaye. Ils n’ont aucune racine à Guédiawaye, lui et son frère Macky Sall. Maintenant son problème est tout autre, il est semble-t-il en conflit avec la Première dame. Son problème est qu’il n’est pas dans les grâces de son grand-frère. Il veut susciter ici une fronde pour que simplement demain son frère le récupère.

Par rapport aux Locales qui s’annoncent à l’horizon, êtes vous candidat dans votre commune ?

Ma seule et unique préoccupation, c’est le développement de ma collectivité locale. Pour les élections locales, bien sûr que si demain notre mouvement continue à se développer, à s’étendre dans toute la commune ; si demain notre liste sort victorieuse, je dis très clairement que je ne vais pas me dérobé sous aucun prétexte.
Durant mon mandat à la tête de cette institution, j’ai beaucoup fait pour la commune de Wakhinane Nimzatt. J’ai construit une maternité, j’ai doté les établissements de matériels, de machines etc. La population me connaît et je suis très fier d’habiter toujours dans cette commune et les gens sont reconnaissants envers moi, partout où je passe.
 

Quelle appréciation faîtes-vous de la gestion de votre successeur Alioune Badara Faye ?

Les populations veillent sur ça, parce que depuis son avènement aucune brique n’a été posée par l’actuel maire de la commune de Wakhinane Nimzatt.

Des voix s’élèvent pour réclamer l’audit des collectivités locales, qu’en pensez-vous ?

Les communes ne sont pas fiables. Parce qu’elles n’ont pas les ressources qu’il faut par rapport aux compétences que la loi leur attribue. Il y a énormément d’incompréhension entre la ville et les arrondissements. Et là, il faut que le législateur revoie les relations qui doivent exister entre les élus. Parce que le Code est très mal défini et souvent ce sont des conflits entre deux maires qui se partagent le même territoire. C’est utile que les communes d’arrondissements existent  parce que c’est la proximité.

latifmansaray@lequotiden.sn

Propos recueillis par Abdou Latif MANSARAY

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