Kenya : Le Président Uhuru Kenyatta en route pour la Cpi

Le Président kényan Uhuru Kenyatta est en route pour la Cour pénale internationale (Cpi) de La Haye. Il s’est envolé ce mardi 7 octobre. Demain, il doit assister à une audience déterminante pour la suite de la procédure lancée à son encontre.

Uhuru Kenyatta est inculpé de crime contre l’humanité pour son rôle présumé dans les violences post-électorales de 2007-2008.

Et la Cour s’est réunie ce matin pour se pencher sur cette affaire. Le bureau du procureur a demandé au Tribunal de reconnaître que le Kenya ne coopère pas dans l’enquête qui doit permettre l’ouverture du procès.

«Nous sommes dans une impasse. Le gouvernement kényan ne veut pas nous donner ce que nous demandons», a déclaré le représentant du procureur au cours de l’audience.

Objectif : faire officiellement reconnaître à la Cour que le Kenya ne respecte pas ses obligations légales, et justifier ainsi sa demande d’un nouveau report, faute de preuves suffisantes.

L’accusation dit réclamer depuis des mois des relevés bancaires et téléphoniques qui permettraient, selon elle, de prouver le rôle de M. Kenyatta dans les violences de fin 2007-2008.

Le Procureur général du Kenya, qui représentait Nairobi à l’audience, assure que son pays coopère. Il dit avoir fait le nécessaire pour obtenir les informations demandées, mais explique que le Kenya doit notamment, et comme d’autres pays, faire face à une «énorme bureaucratie».

«Y a-t-il conflit d’intérêts ?», lui demande un juge en référence à la personnalité de l’accusé, le chef l’Etat lui-même. «Non, il n’y a pas conflit d’intérêts», répond le Procureur général du Kenya.

Si les juges décident de constater la non-coopération, l’affaire pourrait être soumise à l’Assemblée des Etats parties à la Cpi, signataires du traité de Rome, fondateur de la Cour. Ensuite, deux options : soit l’Assemblée se contente d’en «prendre note», soit elle décide de «condamner publiquement» le Kenya. Une sanction politique donc. Mais rien de plus qu’une «petit tape sur les doigts», estime un observateur.

rfi.fr

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