LA CHRONIQUE MEDIA DE NETTALI Guerriers de l’économie

Serigne Mboup
Serigne Mboup
Serigne Mboup

Qu’est-ce qui a poussé Serigne Mboup à une telle offensive médiatique au point d’apparaître deux fois en une semaine sur nos écrans de télévision ? Il n’est d’ailleurs pas le seul puisqu’un autre Farba, Ngom celui-là, s’est invité dans une bonne partie de la presse écrite, pour justifier surtout de sa subite fortune.

Dans un pays où les forces économiques sont concentrées dans les mains de beaucoup de capitaux étrangers, comme les banques, les assurances et autres domaines réservés, il faut se féliciter que des hommes comme Serigne Mboup puissent encore tenir le haut du pavé économique, malgré des handicaps sérieux et des difficultés inhérentes à un contexte économique sénégalais pas des plus solides. Cet homme qui a crevé l’écran lors de l’émission « Champions » de Sen Tv, et avec M. Datt sur Walf Tv, est tout de même atypique.

Voilà un garçon qui a fréquenté l’école coranique et pas l’école dite française, qui arrive à fructifier la fortune laissée par son pater et à dresser une holding à force d’intelligence économique, d’audace qui l’ont fait s’entourer de brillants jeunes, sortis des écoles de formations sénégalaises et étrangères, et qui développe un empire industriel : de l’automobile en passant par l’agro-alimentaire pour aboutir à l’électroménager hifi.

Energique, Serigne Mboup l’est assurément, même si cette énergie est parfois empreinte de boulimie qui lui fait embrasser trop d’affaires au point de souvent mal les étreindre. Ce qui révèle son naturel « baol-baol » et le pousse à s’orienter vers ce qui marche et pas nécessairement vers ce qui peut développer son entreprise.

On dira qu’il fait des coups. Son souci va à l’encontre des enseignements véhiculés dans les écoles de commerce et qui prônent la consolidation de l’existant avant de se lancer dans de nouvelles aventures industrielles. Il n’oublie pas la politique à Kaolack, son implication dans la chambre de commerce de cette ville, s’active dans l’éducation coranique et demeure de par son éducation et par son naturel, très accessible.

L’homme est affable comme tout. Il en arrive même à raconter des contes et anecdotes dans son intimité et aime bien souvent à user des références coraniques, nous dit-on. Il en a vraiment beaucoup des contes et des anecdotes. Et dans ce domaine, nous apprend on, il est inégalable. Normal, c’est un produit de l’école coranique.

Serigne est aussi talibé mouride et la question des « daraas », il ne rate jamais l’occasion de l’évoquer dans les médias. Il s’agenouille devant les marabouts de Touba et se veut humble. Une humilité et une facilité d’approche qui sont de sérieux atouts qui lui permettent de discuter affaires et de créer la connivence avec n’importe quel interlocuteur, de quelque nationalité qu’il soit. Une manière d’être qui va finalement bien à l’encontre de bien de patrons sénégalais qui s’enferment promptement dans des tours d’ivoire.

A l’écouter et à l’entendre discourir sur le développement de ses affaires ainsi que la réalité qu’il en livre, il est étonnant qu’un tel homme, volontaire et patriote, puisse systématiquement être exclu de tous les marchés lancés par notre administration, notamment celui des véhicules, alors que l’expertise est au rendez-vous et que ses offres sont accordées à ses concurrents étrangers. Lui fait-on payer ses accointances avec Wade ?

L’homme semble en effet dire qu’il n’est marié avec « aucun gouvernement », mais bien avec les affaires pour qu’on osât le traiter de partisan ou autre.

En tous cas, voilà un homme qui nous est apparu volontaire, combatif et surtout malin, dans le bon sens du terme, même si il faut y rajouter une petite dose de ruse qui est consubstantielle aux commerçants « baol baol » et à ce qui a fait leur légende.

Il en arrive à donner sa vision du développement du Sénégal et de son économie et ses arguments sont parfois bien plus lucides que ceux des universitaires, puisqu’il a lui aussi une certaine expérience de la marche des affaires publiques et internationales bien moins théorique. Mais comme c’est un bon homme d’affaires ses jugements peuvent être parfois bien orientés. Normal ?

Mais c’est mal connaître l’homme que de le ramener à cette seule face, il est aussi belliqueux. Il ne se laisse pas faire et n’hésite pas à défendre ses intérêts en engageant des batailles médiatiques ou en donnant des coups.

L’on se rappelle en effet de sa chaude empoignade avec le patron d’une agence de pub de la place, ou de ses sorties pour défendre son investissement dans Sénégal Airlines, en s’en prenant ouvertement à Karim Wade, du temps de sa splendeur ; ou encore ses duels par médias interposés avec certains journalistes de renommée…

Serigne Mboup fait en tout cas partie de ces hommes d’affaires imparfaits, mais qui a le mérite de faire partie des plus grands employeurs de ce pays et représente, comme sans doute bien d’autres entrepreneurs sénégalais, une fierté sénégalaise.

Farba, Ngom celui-là, est un autre personnage, récemment projeté sur le devant de la scène, en faveur de l’élection de Macky Sall, étant son chambellan attitré et son député en même temps. Figurez-vous que le bonhomme a rempli les pages de nos journaux, ce weekend, pour justifier de sa soudaine fortune et des activités qui lui auront permis d’atteindre la richesse économique qui ne doit rien à son président de patron.

Farba Ngom a déclaré, pince sans rire, qu’il était « expert » immobilier du fait qu’il avait eu à mener pour son compte, plusieurs opérations immobilières. A un détail près qu’il oublie de préciser. Avec quel argent a-t-il pu mener ces « si lucratives » opérations immobilières qui lui ont servi de diplômes d’expert immobilier ?

Une autre star est née dans l’univers impitoyable de la télévision. C’est le directeur de la SDE qui a donné plusieurs dates voire d’heures de sorties de la pénurie d’eau qui assoiffe les dakarois.

Ce n’est pas un crime comme l’a laissé entendre Oumar Sarr du Pds avec une certaine gourmandise politicienne, mais c’est bien pire. Ce qui est arrivé, n’est que le résultat de nos manquements habituels liés à un culte du WWS, qui veut dire « Waw Waw Souba », en sénégalais « Oui, oui Demain ».

En effet, cette catastrophe qui aurait pu être sanitaire, n’est due qu’à un manque d’entretien de l’une de Keur Momar Sarr, et à un manque de vigilance voire de laxisme. Comme d’hab’ on attend toujours que ça pète. Pour les sanctions d’un manquement qui aura coûté des milliards à la collectivité, on verra plus tard. Pour les sanctions des responsables, vaut mieux ne même pas y penser.

Nettali

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