La Corée du Nord se vante d'être le paradis des droits de l'homme

NKOREA-POLITICS-ECONOMYAccusée de «crimes contre l’humanité» par l’ONU, la dictature nord-coréenne a souhaité répondre en démontrant que son système de droits de l’homme était «le plus avantageux au monde».

En février dernier, une commission d’enquête de l’ONU accusait Pyongyang de «multiples crimes contre l’humanité», tels que meurtres, exterminations ou encore avortements forcés. S’appuyant sur des témoignages de témoins et de victimes, le document visait à démontrer que les violations des droits de l’homme en Corée du Nord n’avaient «aucun parallèle dans le monde contemporain», et rappelait que le nombre de prisonniers politiques encore détenus dans des camps se situait entre 80.000 et 120.000 personnes. Les commissaires réclamaient enfin la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). 

La dictature a visiblement peu apprécié cette mise en cause, et a décidé de contrer cette accusation en menant sa propre enquête. En septembre, une dépêche de l’agence de presse officielle du pays a indiqué, sans surprise, que les «Nord-Coréens (étaient) fiers de faire partie du système des droits de l’homme le plus avantageux au monde». 

L’étude de 53.000 mots, l’équivalent d’un roman de 200 pages, s’échine à démonter point par point l’argumentaire des Nations uies. Les victimes entendues par la commission de l’ONU ne seraient selon Pyongyang que des «fanatiques anti nord-coréens» ayant troqué leurs témoignages contre quelques sous. Le rapport précise ensuite avec aplomb que des droits fondamentaux, comme la liberté d’expression ou le droit de manifester, font partie intégrante de la Constitution de la République populaire. On y découvre même les prétendues avancées sociales du régime concernant la fixation du temps de travail, désormais à huit heures par jour. 

La verve des agenciers nords-coréens prend enfin une tournure menaçante au moment de conclure la dépêche: «Tous ceux qui font écho à cette racaille», comprenez les Nations unies, «après avoir lu ce rapport» sont soit des «imbéciles», soit des «escrocs». Afin de convaincre les plus sceptiques, l’Association nord-coréenne pour l’Étude des Droits de l’Homme rappelle enfin que ce qui est dit dans son rapport est «la vérité objective». 

Les conditions de vie du peuple nord-coréen, dévoilées dans des récents réportages vidéos, font toujours l’objet de sérieuses préoccupations par la communauté internationale. La récente condamnation d’un Américain à six ans de camp de travail pour «actes hostiles» au régime n’a fait qu’accentuer ces inquiétudes.

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