LA PIÉTÉ AU PAYS DES “TOUBÈNE”

Curieux pays que le Sénégal, un pays certes laïc, mais dont la population est majoritairement musulmane. Oui, vous avez bien lu, nous sommes en majorité musulmans. Le Coran est notre référentiel absolu, nous prions Dieu cinq fois par jour et nous ne nous prosternons que devant Lui, l’unique Dieu, nous sommes généreux avec les pauvres, La Mecque nous connaît bien et nous jeûnons avec ferveur durant le mois de ramadan. Nous sommes donc de bons musulmans puisque nous passons notre vie sous terre à tout sacrifier aux piliers de l’Islam. Qui oserait en douter d’ailleurs ! Nous n’avons pas de prophètes, mais Dieu a été particulièrement généreux avec notre peuple en saints. Prenez le calendrier et comptez donc le nombre de jours fériés dédiés aux communautés religieuses. Ça suffira certainement à vous convaincre de notre degré de piété.

Et pourtant, ce n’est là que le côté pile de notre rapport avec la religion. Une observation attentive de nos comportements durant le ramadan suffit à balayer bien des certitudes et nous révèle l’envers du décor, le côté face de nos pratiques religieuses. Fort nombreux au départ de la compétition (en un sens, ce mois béni est bien un moment de forte émulation religieuse), nous sommes très peu présents à l’arrivée. Entre temps, les maladies imaginaires auront eu raison de la « foi » de nombre de nos compatriotes. Les « ulcérés » de la croyance auront entre temps perdu toute conviction religieuse puisque, soutiennent-ils, « Dieu n’impose à aucune âme ce dont il n’a la charge » ; les lipophiles en manque et les estropiés de la bamboula se seront aussi, de leur côté, rendu compte qu’ils n’étaient pas faits pour une vie de privation. « La vie », défendent-ils, « est faite pour être vécue pleinement ».

Et, au finish, le ramadan est vécu chez nombre de Sénégalais comme une période « anormale », à supporter avec fort renfort d’artifices. Comme ce vieil homme aux cheveux d’une blancheur immaculée qu’un accès de foi nous a incliné à prendre à bord de notre véhicule sous un chaud soleil, et qui nous confiait la main au cœur que « si le Bon Dieu s’était donné la peine de faire un sondage sur la cote de popularité de ses recommandations, le ramadan ne viendrait assurément pas en bonne place ». Le ramadan, il faut en convenir, c’est la fin de l’éclipse de la vie chez les « toubène ».

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