« La république des hors-la- loi » Par Ahmadou Diop

Karim-wReprenons donc du service pour reparler de « la république des hors-la- loi », dont le chef locataire d’un palais aux couleurs alpulaar, en l’occurrence, le maquilleur porte bien son nom, l’homme aux antipodes de nos valeurs démocratiques— par sa richesse rapide, inouïe dans des conditions totalement scandaleuses et ses manières dictatoriales. Bref, c’est l’arbre qui cache bien la forêt, malgré l’apparence d’une respectabilité douteuse. Il est bien « le Tallon d’Achille sénégalais » qui lui colle à la peau. Il est par nature rancunier, impulsif, condescendant, revanchard et hautain. Un tic mal placé.

Mais commençons d’abord par Moustapha Nasse qui nous a bien déçus. Certes, nous avons du respect par rapport à son âge et son parcours, pour autant, lorsqu’il s’agit de la chose publique ; nous sommes obligés de sortir ce qui est dans notre for intérieur en toute conscience et en toute indépendance.

« Article 27 de la constitution stipule : tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin ».

Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse qui étaient tous les deux candidats lors des élections présidentielles de 2012, ont-t-ils exclusivement la nationalité sénégalaise ?

La même question qui a été posée à Macky Sall, aujourd’hui président de la république du Sénégal, n’a jamais reçu de réponse. Allez savoir. ! Quant à Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, le Secrétaire Général de la francophonie, s’est déclaré lui-même comme étant un français du Sénégal. Cela fait froid au dos, mais jusqu’ici, cela n’a suscité aucune indignation du public Sénégalais.

Cheikh Anta Diop avait posé à son temps, la même question à Senghor. Mais ce dernier aussi n’a jamais daigné répondre à cette interrogation fâcheuse.

Quant à Abdoulaye Wade, on sait qu’il a et la nationalité sénégalaise et française. N’Y a-t-il pas un corps de contrôle chargé de veiller scrupuleusement au respect strict de la constitution du Sénégal pour les candidats présidentiels ?

Comme d’habitude, les intéressés ne répondent jamais aux questions qu’on leur pose. L’exceptionnalité d’une certaine classe politique sénégalaise versant dans la grandiloquence suffocante, est très loquace et vorace sur la distribution de postes taillés sur mesure, mais lorsqu’il s’agit de dire la vérité, rien que la vérité, elle reste vague et bascule gravement dans des discours alambiqués, qui témoignent éloquemment sur leur véritable nature. Dans notre beau pays, les exemples foisonnent, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Moustapha Niasse devient de plus en plus loquace, au point qu’il est catalogué comme le cireur des bottes du tyran niché derrière les grilles d’un palais.

Mais de quoi a-t-il donc peur pour se ridiculiser affreusement, face à un écervelé qui ne fait pas le poids politiquement sur l’ensemble de l’échiquier national ?

Comment s’est-il laissé embobiner servilement par le maître provisoire du palais qui fait la pluie et le beau temps, allant jusqu’à avoir le culot de réduire son mandat de 5 à an renouvelable pour celui qui se proclame le présupposé chantre de la rupture ? Etrange chantre imaginaire !

Que vient-il faire alors dans cette galère ? Quelle mouche a-t-elle donc piqué Moustapha Niasse pour qu’il soit étrangement le chef des chiens de garde d’un despote, devenu maître du népotisme par excellence des marchés de gré à gré, qui inverse drôlement les rôles par la ruse manifeste, comme si cette assemblée appartient à un exécutif ragaillardi par une victoire à demi-teinte ?

Macky Sall, cet opposant de circonstance au pouvoir réduit hystériquement le mandat du président de qui passe de 5 à un an renouvelable, s’inscrit dans la trajectoire de son devancier, s’il n’est pas pire que lui, diligente d’une main de fer l’Assemblée Nationale, godillot, la pantalonnade de service et des sinécures, se convertit allégrement en chambre d’enregistrement et de caisse de résonnance pour un sou.

Moustapha Niasse veut-il donc mourir sous les lambris dorés au point qu’il n’accepte pas de céder la place aux plus jeunes ? Manifestement, le ridicule ne tue plus dans ce pays qui ne se reconnaît plus dans ses valeurs d’antan que nous enviait toute l’Afrique.

Une indélicatesse. A moins que la solidarité de classe exceptionnelle l’oblige dans la singerie pour des raisons bassement matérielles, sur fond de prestige et de notoriété, alors que lui-même a commencé sa carrière auprès de Senghor à l’âge de 27 ans, comme son directeur de cabinet.

« L’éternel faiseur de rois » change constamment sa trajectoire et brille dans un entrisme sidérant à chaque magistrature. Son nom figure bien dans la liste des décorations de la soldatesque « makysallienne », le symbole des intellectuels de la tartufferie des manières fortes, peu orthodoxes ; ce qui est une contradiction avec un banditisme d’état —:le clonage de la république des tontons macoutes en grandeur nature.

Dans ce cas précis, peut-on alors parler de tribalisme de toute sorte et de lobbies étranges en bande organisée tout azimut, qui prennent en otage les sénégalais de 60 à nos jours ? La question se pose avec acuité.

Report des élections locales de 2014 : Il s’agit d’un “Décalage”, et non d’un Report, selon Macky Sall

Autrement dit, le report n’est pas un report= “décalage». Pourquoi donc mettre la lettre “d” en majuscule ?

Report ou décalage, les locales républicaines n’auront pas lieu à date échue, c’est-à-dire le 16 mars 2014.

Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng sourireAprès s’être proclamé lui-même en professionnel du journaliste, lors du “ndogou ” (coupure du jeûne )qui tient lieu de corruption masquée pendant le mois béni-le ramadan—« pour coopter » librement des minables de la profession, il en rajoute toujours des couches supplémentaires indues à la seule fin d’exonérer une certaine presse de servitude dévouée et bien vouée aux gémonies d’un tyran, devenu en réalité, un vecteur des contradictions fumantes. Curieusement, le même logiciel de la décadence faisait croire à qui voulait l’entendre, qu’il n’a pas le temps de fermer des entreprises (allusion à la fermeture du groupe walfadjri). Peut-on vouloir quelque chose et son contraire ? Depuis plus de 18 mois qu’il gouverne ce pays par des méthodes staliniennes, plus de 300 (trois cent entreprises ont mis la clef sous le paillasson.

C’est le propre de tout dictateur en Afrique francophone des vassaux et des nègres de service. La sémantique et le verbe ne peuvent se vendre dans ce pays, surtout de la part des cancres de naissance bien parrainés par des lobbies bien distingués. Halte, stop, ça suffit !

Il s’autorise tout et croit savoir plus que l’ensemble de 14 millions d’âmes réunies, alors que lui-même, dans son for intérieur, sait qu’il est très limité. C’est l’attitude surréaliste de tout absolutiste abject scotché dans ses propres vérités qu’il croit éternelles devant l’éternel. Il prouve toujours sa carence dans ses nombreuses déclarations tonitruantes, notamment celle concernant le retrait des troupes françaises dont il disait qu’il relevait d’un nationalisme mal placé. S’il y a quelqu’un qui est mal placé, c’est bien lui. N’est-ce pas lui qui disait que les sénégalais n’aiment ni la transparence, ni la rigueur, ni la vérité. Il rajoutait ceci : « les chapelets ne développent le pays ? ».

Dans tous les cas, les élections républicaines du 16 mars 2014 ne seront guère honorées à date échue, qu’il faille nous servir des inepties à la pelle à longueur de journées. En toute légitimité, nous nous interrogeons sur les présidentielles de 2017. Car derrière un menteur se cache toujours un voleur, dit un adage.

Que dire de l’agence nationale de proximité et d’appartenance politico ethnique sans déontologie au service de l’apr ?

(10,000 militants : un clonage de la république des tontons macoutes en grandeur nature) —en réalité, c’est une milice déguisée qui est menace contre l’unité nationale et la cohésion sociale.

Cette agence de proximité dite “nationale” n’a rien d’une telle. Elle est dangereuses et il est tant de la dénoncer jusqu’à la dernière énergie pour qu’elle soit démantelée publiquement sans compromission d’aucune sorte. C’est un banditisme sous le manteau de l’état qu’on tente de blanchir faussement. Tous les dictateurs ont ce dénominateur commun : la Côte d’ivoire et la république des Duvalier en sont une illustration matérielle. Son existence n’a d’autre fin que de garder le pouvoir. C’est cela la stratégie du machiavélisme. Il suffit de voir les nominations hystériques aux orientations obscures pour décrypter le mécanisme troublant afin de comprendre l’arrière plan des visées expansionnistes de cette nébuleuse agence potentiellement redoutable. Son appellation trompe-l’œil éminemment maléfique est clanique.

La dissolution de cette engeance maléfique doit être une exigence sans condition et de tout suite. Malheureusement, l’entité benno bok yakaar (l’alchimie PS, l’AFP avec la pieuvre APR), le mariage insolite, uni pour le meilleur et le pire, qu’on appelle avec euphémisme la combine de politique politicienne, stérile, se tait complaisamment dans un silence coupable. Un cocktail explosif avec un parti politique, en l’occurrence, l’apr, n’est guère républicain, contrairement aux autres partis politiques.

Macky est donc mal placé pour donner la moindre leçon de déontologie. Il a remarquablement échoué sur toute la ligne, malgré la percussion médiatico-politique, inflationniste. C’est assurément un report manifeste dans une montagne de reniements éternels, indescriptibles, quoiqu’il puisse dire. Nous sommes obligés de nous arrêter sur le bilan provisoire d’un escroc blanchi en maître des ruptures imaginaires, au risque que d’être cardiaques.

Nous sommes toujours obligés de reprendre du service, tant que les indociles ne seront pas tous libérés, pour être blanchis, réhabilités publiquement au plan national et international, tant que ceux qui occupent des postes de haute stature, totalement indus, ne seront pas balayés pour que la république retrouve ses marques d’antan. Nous écrivons ni pour plaire, ni pour le contraire. Tant s’en faut. Nous combattons tout simplement la tyrannie et l’arbitraire.

Le combat continue !

Ahmadou Diop

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