La Russie interviendra-t-elle dans la succession ?

Bouteflikas-1728x800_c-300x139Au moment où les enjeux s’affichent avec férocité et que les démonstrations de force s’enveniment, il faut rester lucide. Les alliances stratégiques des clans dans le système politique algérien avec les puissances pour obtenir leur adoubement se dévoilent ouvertement pour imposer leur poulain à la succession. Les «chiffons» qu’on agite, que ce soit un ancien ministre du sérail, ou des candidats tapis au sein de la présidence, ne disent rien quant aux conséquences sur l’avenir politique du pays. Aucun n’avance de programme politique clair face aux échéances imprévisibles. Le bras de fer va-t-il continuer indéfiniment ?
La mise en garde de l’Etat-major sur les lignes rouges «que personne ne peut franchir face aux conspirations» devient redondante. Chacun trace des lignes rouges mais personne ne dit de quelles lignes rouges il parle alors que l’on s’enfonce dans le marasme. Ceci est le grand mystère du moment. La guerre de succession qui se joue n’a pas fini de planter son décor avec quelques acteurs qui lèvent leurs barricades, ces fameuses lignes rouges.
Mais il manque à ce décor un acteur essentiel qui ne s’est pas manifesté: la Russie. Et pourtant, il est là, observant et attendant son heure. Le drame syrien nous a démontré avec force bombardements et excès de machiavélisme que ceux qui avaient tout misé sur la mise à feu et à sang du pays, la France, les Etats-Unis et leurs satellites dans la région, avaient tout faux lorsque la Russie a décidé d’intervenir et mettre fin à un «spectacle» macabre. La Russie a sifflé une fin de partie et chacun s’est vite pétrifié, comprenant qu’on ne jouait pas aux dominos sur le dos de l’ours. L’engagement occidental avait pourtant tout instrumentalisé pour la chute du régime; sans y parvenir.

Qu’est-ce à dire pour ce qui concerne l’Algérie ? On nous balance depuis quelques temps que les jeux de succession, au-delà des clans, sont aussi l’affaire de la France pour tel segment du pouvoir, ou des Etats-Unis pour tel autre. Si on n’a pas une connaissance précise des intérêts en jeu, on ne peut pas étudier sérieusement les forces politiques en présence.
Les Russes considèrent la position algérienne «proche ou convergente» avec la leur et attendent la mise en œuvre du partenariat stratégique signé en 2001, déclarant accorder «une attention particulière à la mise en œuvre de ce partenariat stratégique». La Russie va-t-elle se contenter du rôle d’observateur dans le cas algérien ? Après avoir brouillé les cartes en Syrie, par l’intervention tonitruante de son armée, Moscou sait qu’elle doit garder un œil vigilant sur la région nord-africaine et du Sahel. L’Algérie y tient une position déterminante. Il est clair qu’elle ne voudra pas être hors jeu. Ceux qui pensent défier l’Etat-major pour mettre en place leur poulain devront garder à l’esprit que dans ce pays rien ne s’est jamais fait sans lui. Et celui-ci est plus proche de la Russie que de la France ou des Etats-Unis, ne serait-ce que du fait de ses équipements.
Le plus important pour l’avenir du pays serait donc de gommer les fractures et envisager un équilibre des pouvoirs prévus par la loi suprême et non plus seulement gérer un consensus improbable en l’état actuel des antagonismes. L’Algérie ne peut être la proie d’une oligarchie restreinte. Dans cette ambiance d’impasse et d’échec, le péril vient d’en haut et non des gens d’en bas. La leçon russe en Syrie est à méditer, car si on peut voir qui sont les marionnettistes, on ignore tout de qui tire les ficelles et siffle la fin du «spectacle».
Omar Benbekhti

http: //www.impact24.info

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