L’adhésion du Maroc à la CEDEAO : une menace plus grave que les APE pour le secteur privé sénégalais ?

Le Sommet d’Abuja, qui s’est tenu ce samedi 16 décembre 2017, a été marqué par le report de l’entrée du Maroc dans la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest.
L’entrée du Maroc était prévue pour ce 16 décembre 2017 mais selon certains observateurs, la pression constante du Conseil national du patronat (Cnp) auprès de Macky Sall a permis de véritablement réfléchir à l’adhésion du Maroc. En quoi l’entrée du Maroc pourrait menacer le tissu économique du pays ?

Le 27 octobre dernier, le nouveau Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration (CISI), qui regroupe organisations patronales et professionnelles, syndicats de travailleurs, ainsi que des éléments de la société civile sénégalaise, avait organisé une conférence pour avertir des “conséquences négatives” d’une adhésion du Maroc à la CEDEAO.
Selon le président du CISI, Diallo Kane, “la CEDEAO manque de compétences pour négocier ses accords alors que le Maroc a les meilleurs experts dans les négociations commerciales et économiques, ce qui n’augure rien de bon pour le secteur privé de la zone”.
Tout en envisageant une coopération renforcée avec le royaume, il estime néanmoins qu’une adhésion du Maroc pourrait générer des “relations déséquilibrées”. Diallo Kane craint de voir le Maroc “étouffer” l’économie des pays de la zone en “détruisant des pans entiers” du secteur productif.

Le directeur exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal est allé dans le même sens, en déclarant que “le Maroc avec la compétitivité de ses marchandises qui n’est pas comparable à celle des pays de la CEDEAO viendra inonder le marché sénégalais avec ses produits et aucun secteur ne sera épargné”.
“L’agriculture au sens large, l’industrie, l’artisanat, le commerce, les services ainsi que les bâtiments et travaux publics” devraient être les secteurs les plus impactés selon le CISI.

Cependant, la CEDEAO, organisme sous régional, est un ensemble. Cette entité regroupe, à bien des égards, des réalités différentes.
L’objectif de la CEDEAO, per se, est d’augmenter le niveau de vie de sa population.
Aujourd’hui, le Nigeria est supérieur au Sénégal en terme économique et industriel. Pourtant, le tissu économique n’a jamais été menacé. De même, l’arrivée du Maroc pourrait nous faire bénéficier de son expertise et renforcer la compétitivité. A notre humble avis, nous risquons plus en signant les APE (accords de partenariat économique) que d’intégrer le Maroc dans l’espace CEDEAO.
Le secteur privé sénégalais et africain devrait plutôt, mettre en garde leurs gouvernants qui ont l’intention de signer les APE.

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