Le Brésil face au risque de « l’idiocratie »

In this Tuesday, May 21, 2019 photo, Brazil's President Jair Bolsonaro poses for photos with supporters after attending a Catholic ceremony at which he dedicated his nation to the Immaculate Heart of Mary at Planalto presidential palace in Brasilia, Brazil. During the ceremony, Bolsonaro was gifted an image of Our Lady of Fatima. (AP Photo/Eraldo Peres)

Le niveau intellectuel de Jair Bolsonaro est mis en cause par la presse et une partie de ses concitoyens, mais le chaos qu’il entretient pourrait faire partie de sa stratégie politique.

LETTRE DE SAO PAULO

La question taraude l’intelligentsia brésilienne depuis plusieurs mois. Le 31 mai, elle fut posée abruptement, sans autre précaution sémantique, dans le quotidien Folha de Sao Paulo par l’éditorialiste Hélio Schwartsman : « Bolsonaro est-il intelligent ? »

Les préoccupations qu’il évoque, liées au niveau intellectuel de Jair Bolsonaro, à la tête de l’Etat depuis le 1er janvier, ont à voir avec le chaos qu’entretient le président, alimentant lui-même des polémiques futiles et vulgaires sur les réseaux sociaux, fustigeant la culture, les sciences sociales et humaines, coupant les budgets universitaires et entretenant une obsession marquée pour les sujets phalliques, au détriment de l’avancée de réformes cruciales.

Lire aussi « Au Brésil, les sciences sociales et les humanités ne sont pas un luxe »

Ricanements et perplexité

Jair Bolsonaro s’est ainsi récemment illustré en évoquant devant un fan japonais le fait que, chez lui, « tout est petit » faisant un signe explicite de la main. Peu avant, il avait stupéfié le pays en publiant une vidéo sur Twitter de « golden shower » (douche d’urine) pensant ainsi dénoncer la dépravation du carnaval de rue. Il y a peu, le président brésilien a aussi érigé en problème de santé publique l’hygiène du pénis, afin d’éviter, selon lui, près d’un millier d’amputations de l’organe sexuel masculin.

Enfin, le pays est étourdi par les attaques répétées de ses fils, Flavio, Eduardo ou Carlos, tous politiciens, envers les militaires présents au sein du gouvernement, incluant le vice-président, le général Hamilton Mourao. Face à une opposition inexistante, le président Bolsonaro alimente, de fait, lui-même son opposition, donnant le sentiment de dynamiter son propre mandat.

Le chef d’Etat a-t-il une stratégie réfléchie ou se laisse-t-il guider par les sujets auquel il est confronté au fil de l’eau?

lemonde.fr

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